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Le Canard enchaîné est un hebdomadaire satirique français, paraissant le mercredi. Fondé le
10 septembre 1915 par Maurice et
Jeanne Maréchal, c'est l'un des plus anciens titres de la presse française
actuelle.
Son nom est une référence au journal L'Homme libre, édité par Georges Clemenceau, qui critiquait ouvertement le gouvernement de l'époque. Ce journal dut alors subir la censure, et son nom fut changé en L'Homme enchaîné. Par parodie, Maurice et Jeanne Maréchal décidèrent donc d'appeler leur journal Le Canard enchaîné.
Son slogan est « La liberté de la presse ne s'use que si l'on ne s'en sert pas ». Ceci résume assez bien la ligne éditoriale de cet hebdomadaire : le Canard parle de tous les scandales publics (politiques, économiques, judiciaires, etc.) en France mais aussi dans les autres pays.
Pour conserver sa totale indépendance, il refuse d'accueillir dans ses pages la moindre publicité, ce qui en fait un cas rare dans la presse papier française professionnelle.
On peut prendre comme gage de son sérieux qu'au cours de son histoire, le Canard n'a jamais perdu aucun des procès qui lui ont été intentés pour les faits qu'il avait révélé, souvent plusieurs mois (voire années) avant que le reste du monde des médias n'en parle.
On peut aussi noter une affaire qui a fait scandale à son époque : le soir du 3 décembre 1973, un journaliste et administrateur du journal passe devant les nouveaux locaux et y aperçoit de la lumière. En allant voir ce qui se passait, il a alors surpris deux « plombiers » en pleins travaux... Il s'avère que ces « plombiers » sont en fait des agents de la DST occupés à installer des micros dans les bureaux, afin par exemple d'identifier les personnes communiquant des informations sensibles au Canard. La DST nie les faits ; un procès est alors lancé, qui donnera raison à l'administration française. Cette décision sera pourtant très controversée, et l'affaire sera alors surnommée Watergaffe, en référence au scandale du Watergate qui avait ébranlé les États-Unis quelque temps auparavant.
Depuis cet épisode, l'administration du Canard a laissé une plaque commémorative dans ses locaux à l'endroit où les agents avaient percé un mur pour y installer leurs équipements. Elle serait même devenue un vrai lieu touristique...


