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La disquette est utilisé en informatique comme un moyen de
stockage d'information amovible. Elle a été lancée
par IBM en 1971 (dans sa version 8 pouces) pour stocker
les microprogrammes des systèmes 370 et, accessoirement, envoyer pour
un faible coût des mises à jour à leurs possesseurs. Cette première disquette pouvait stocker 80 000 caractères, soit environ une
journée de frappe d'une opératrice de saisie. Pour cette raison, des matériels de saisie sur disquette commencèrent à remplacer
les encombrantes et bruyantes perforatrices de cartes utilisées
jusque là.
| Sommaire |
En 1967 le centre de développement des dispositifs de stockage d'IBM à San Jose en Californie reçut une nouvelle tâche : développer un système simple et peu coûteux pour charger du microcode dans les mainframes System/370. Les 370 étaient les premières machines d'IBM à utiliser de la mémoire à semiconducteurs. Cette mémoire étant volatile, tout le microcode devait être rechargé à chaque fois que l'alimentation était coupée. Normalement cette tâche incombait à divers lecteurs de bande magnétique qui étaient fournis presque systématiquements avec les 370. Cependant, les bandes étaient longues, et donc leur chargement était lent. IBM désirait mettre en place un système plus rapide et adapté, et qui de surcroît pourrait également permettre d'envoyer des mises à jour aux clients pour un coût modique (de l'ordre de 5 dollars).
David Noble, qui travaillait sous la direction d'Alan Shugart, étudia les solutions existantes à base de bandes magnétiques, dans l'espoir d'améliorer ce type de systèmes. En fin de compte, il abandonna cette voie et repartit sur de nouvelles bases. Son resultat fut un disque souple en lecture seule de 8 pouces (20 centimètres) qu'il appela le « memory disk » (disque-mémoire), qui pouvait contenir 80 kilo-octets de données. Au départ, il s'agissait tout simplement d'un disque. Cependant, le disque se salissait rapidement, ce qui posait des problèmes de lecture. C'est pourquoi il fut enfermé dans une enveloppe en plastique dont l'intérieur était revêtu d'un tissu pour capturer les pouissières. Ce nouveau dispositif équipa en standard les 370 à partir de 1971.
En 1973, IBM sortit une nouvelle version du disque souple, cette fois sur le système de saisie de données 3740. Le nouveau système utilisait un format d'enregistrement différent qui pouvait stocker jusqu'à 256 Ko sur les mêmes disques, et disposait en outre d'un mode lecture/écriture. Ces lecteurs se répandirent, et furent finalement utilisés pour transporter des données, remplaçant presque totalement les bandes magnétiques.
Quand les premiers micro-ordinateurs furent développés dans les années 1970, le disque souple de 8 pouces fut utilisé sur quelques-uns d'entre eux comme dispositif de stockage à « haute vitesse ». Ce dispositif était très onéreux. Le premier système d'exploitation pour micro-ordinateurs, CP/M, était distribué à l'origine sur des disques 8 pouces. Toutefois, les lecteurs étaient toujours très chers, pratiquement plus chers que l'ordinateur auxquels ils etaient connecté... C'est pourquoi la plupart des machines de cette époque utilisaient plutôt des enregistreurs à cassettes.
À cette époque, Alan Shugart quitta IBM et fit un bref séjour chez Mémorex. Ensuite, il fonda Shugart Associates en 1973. La société commença à travailler aux améliorations du format 8 pouces existant, et créa même un nouveau formatage de 800 Ko. Cependant, comme les bénéfices n'étaient pas au rendez-vous, Shurgart fut congédié en 1974 par l'entreprise qu'il avait créée.
En 1976 un des associés de Shugart, Jim Adkisson, fut approché par An Wang des laboratoires Wang, qui sentait que le format 8 pouces était simplement trop grand pour les machines de traitement de texte de bureau qu'il développait. Après s'être réuni dans un bar à Boston, Adkisson demanda à Wang de quelle taille il pensait que les disques devraient être, et Wang montra une serviette et dit « a peu près cette taille ». Adkisson ramena la serviette en Californie, il trouva qu'elle fesais 5¼ pouces (13 centimètres) de large, et développa un nouveau lecteur de cette taille stockant 110 Ko.
Le lecteur de 5¼ pouces était considérablement moins chers que les lecteurs 8 pouces d'IBM, et il commenca bientôt à apparaître sur des machines CP/M. À un moment Shugart Assoc. produisait 4000 lecteurs par jour. En 1978 il y avait plus de 10 fabricants produisant des lecteurs de disquette 5¼ pouces, et le format remplaca rapidement le 8 pouces pour la diffusion de la plupart des applications.
Tandon présenta un lecteur double face en 1978, doublant la capacité, et un nouveau format « double densité » de 360 Ko.
Pendant les années 70 et les années 80 le lecteur de disque souple était le dispositif de stockage primaire des micro-ordinateurs. Puisque ces micros n'avaient aucun diques durs, le système d'exploitation devait être chargé à partir d'une disquette, qui était alors enlevée et remplacée par une autre contenant les programmes. Quelques machines utilisant deux unités de disques (ou un lecteur double) ont permettait à l'utilisateur de laisser la disquette du système d'exploitation en place et de changer simplement les disquettes de programme si nécessaire. Au début des années 80, des lecteurs de 96 pistes-par-pouces sont apparues, augmentant la capacité de 360 à 720 Ko. Celles-ci ne furent pas largement répandu. En 1984, avec le PC/AT d'IBM, un disque de densité de quadruple est apparu, qui utilisait 96 pistes par pouce combiné avec une densité plus élevée sur chaque piste pour fournir 1.2 méga-octet (mo) de stockage. Au moment où le disque dur moyen contenait 10 à 20 méga-octets, ceci était considéré comme assez spacieux.
Vers la fin des années 80, les disquettes 5¼ pouces furent remplacées par les disquettes 3½ pouces. La popularité des premières baissa au début des années 90, bien que des disquettes et des lecteurs de 5¼ pouces soient encore disponibles. Sur la plupart des nouveaux ordinateurs les lecteurs 5¼ pouces étaient des dispositifs facultatifs. Au milieu des années 90 ces lecteurs avaient pratiquement disparu pendant que le disque 3½ pouces devenait le disque prépondérant.
Au début des années 1980, les limitations du format 5 pouces ¼ se firent de plus en plus sentir au fil de la montée en puissance des machines. Un certain nombre de solutions furent développées : on vit apparaître des lecteurs de 2 pouces, 2 pouces ½, 3 pouces et 3 pouces ½ (50, 60, 75 et 90 mm), développé par diverses entreprises. Ces solutions partageaient un certain nombre d'avantages par rapport aux formats plus ancien : un format plus petit, une boîte rigide de protection, et une glissière de protection contre l'écriture. Amstrad choisit le lecteur 3 pouces à simple face de 160 Ko pour la gamme de CPC et PCW. Ce format, ainsi que son mécanisme d'entraînement, furent portés sur l'ordinateur ZX Spectrum +3 après qu'Amstrad ait racheté Sinclair Research. Cependant, les disquettes 3 pouces demeurèrent onéreuses, et en conséquence le format ne se propagea jamais réellement.
Les choses changèrent nettement en 1984 lorsque la société Apple Computer sélectionna le format de Sony 90.0 mm × 94.0 mm pour la gamme d'ordinateurs Macintosh, poussant ainsi ce format à devenir le standard aux États-Unis. On peut d'ailleurs noter qu'il s'agit d'un passage « silencieux » du système impérial (8 pouces) au système métrique (94 mm). Cependant, le produit fut lancé sous le nom de « disquelle 3 pouces ½ », pour bien souligner le fait qu'il était plus petit que le 5 pouces ¼ existant. En 1989 les ventes de disquettes 3 pouces ½ dépassèrent celles du 5 pouces ¼.
Les disquettes 3 pouces ½ ont, grâce à leur boîte rigide et leur volet de protection en métal, l'avantage majeur de très bien protéger les faces du disque contre les contacts physiques avec l'utilisateur. Ce volet referme le boîtier plastique de la disquette à chaque fois qu'elle est manipulée en dehors du lecteur. Quand elle est insérée, le volet est ouvert par le mécanisme du lecteur, ce qui permet à la tête de lecture/écriture d'accèder aux surfaces magnétiques. La forme rectangulaire de la disquette est un autre avantage : elle rend impossible d'insérer la disquette dans le mauvais sens dans le lecteur, ce qui était possible avec les disquettes 5 pouces ¼.
Comme la disquette 5 pouces ¼, la disquette 3 pouces ½ évolua au cours de son existence. À l'origine, deux formats étaient disponibles : double densité à double face de 720 Ko et à simple face en 360 Ko (en utilisant le même format que les disquettes de 5 pouces ¼). Un nouveau format appelé « haute-densité » (« HD »), permettant le stockage 1,44 Mo de données, fut présenté au milieu des années 1980. IBM l'utilisa sur la série des PS/2 présentée en 1987. Apple utilisa le « HD » en 1988, sur les Macintosh IIx. Une autre avancée dans les enduits d'oxyde a permis de créer un nouveau format dit « extended density » (« ED ») de 2,88 Mo. Ce format fut présenté sur les NeXT de deuxième génération en 1991. Cependant, il était déjà dépassé (car trop petit) au moment de sa sortie, et donc il n'a jamais été utilisé dans des proportions significatives. Les lecteurs 3 pouces ½ sont toujours vendu plus d'une décennie plus tard. Le format est toujours celui qui fut fut normalisé en 1989 sous le nom ISO 9529-1.2.
Les disquette 3 pouces ½ sont toujours largement disponibles. Les lecteurs 3 pouces ½ équipaient encore en standard la plupart des nouveaux ordinateurs il y a quelques mois (en 2004). Mais ces lecteurs sont de plus en plus proposés en option. En effet, avec l'arrivée d'autres systèmes de stockage, tels que les diquettes ZIP, les clés USB, le CD-R et le CD-RW, la disquette 3 pouces ½ devient de plus en plus désuette.
La capacité formatée en FAT des disquettes 3 pouces ½ à haute densité était à l'origine 1440 kibi-octets (KiB), ou 1 474 560 octets, ce qui équivaut à 1,41 MIB (1,47 Mo en décimal). Cependant, les fabricants parlent généralement d'une capacité de 1,44 Mo. Dans d'autre formats, tel que celui du Machintosh, la capacité des disques double densité atteignait 800 Ko, mais au prix d'une incompatiblité avec les modèles PC. En effet, les lecteurs pour PC, conçus à l'économie, ne peuvent pas facilement utiliser un autre formatage que le leur. Sur Amiga, la capacitée d'un disque double densité montait à 880 Ko (1,76 Mo en haute densité), voire à 980 Ko en utilisant un formatage spécifique.
On distingue différents formats :
Le nombre de pouces (1 pouce = exactement 2,54 cm) correspond au diamètre du disque.
La capacité de stockage a progressivement augmenté pour atteindre 1,47 Mo (1,41 Mo) pour les dernières générations de disquette (et le double pour un format propre à IBM). Au-delà, il existe les disques Iomega Zip, Jazz et MO (magnéto-optiques). Syquest a également produit des disquettes grandes capacité de type Zip au milieu des années 1990.
Le périphérique de lecture et d'écriture associé se nommait lecteur de disquette.
Les disquettes ne sont plus guère utilisées aujourd'hui : pour la distribution, le CD-ROM bien moins coûteux, et parfois le DVD-ROM, ont pris la relève. Pour le stockage de données personnelles, les clés USB permettent de stocker plus, mieux, moins cher et plus vite. Et, de surcroit, dans un parfait silence. Les disquettes restent pratiques car universelles pour les petits transfert de fichiers ou livré en tant que support de pilote avec certains périphériques, notamment des cartes d'extensions.


