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Léon-Paul Fargue


Léon-Paul Fargue en 1940
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Léon-Paul Fargue en 1940

Léon-Paul Fargue (4 mars 1876, Paris - 24 novembre 1947, Paris), poète français.

Fils naturel d'un ingénieur issu de l'École Centrale et d'une modeste couturière, Fargue ne sera reconnu par son père que très tardivement. Cette circonstance influera notablement sur son existence, et pourrait être à l'origine de sa mélancolie chronique et de sa sensibilité exacerbée.

Après des études secondaires brillantes, au cours desquelles il aura des professeurs prestigieux (Mallarmé notamment), Fargue entre en khâgne au lycée Henri IV, au même moment qu'Alfred Jarry. Il déçoit les attentes de sa famille, qui le voulait normalien, pour choisir l'oisiveté : sensible à la peinture ou au piano, il est passionné par la poésie.

Il s'introduit rapidement dans les salons littéraires, notamment aux « mardis » de Mallarmé grâce à Régnier, où il rencontre l'élite intellectuelle et artistique du début du siècle, Valéry, Schwob, Claudel mais aussi Debussy ou Gide.

Après quelques poèmes publiés en 1894, Fargue donne Tancrède en 1895 (incipit : Il était plusieurs fois un jeune homme si beau que les femmes voulaient expressément qu'il écrivît), puis Poèmes en 1912 et Pour la musique en 1914.

Fargue s'exprime le plus souvent en vers libre, voire en prose, dans un langage plein de tendresse et de tristesse, sur des sujets simples, parfois cocasses (on l'a parfois comparé au photographe Robert Doisneau), plus rarement absolument onirique (voir Vulturne en 1928 cependant). Parisien amoureux de sa ville (D'après Paris, 1932 ; Le Piéton de Paris, 1939), il écrit aussi la solitude oppressante et noyée de nuit et d'alcool (Haute solitude, 1941). Fargue était également un chroniqueur étincellant de la société parisienne (Refuges, Déjeuners de soleil, 1942, ou encore La lanterne magique 1944). Il est frappé d'hémiplégie en 1943 et meurt en 1947 à Montparnasse, au domicile de sa femme, le peintre Chériane, sans avoir cessé d'écrire cependant.

Sommaire

Un poème

Nocturne

Un long bras timbré d'or glisse du haut des arbres
Et commence à descendre et tinte dans les branches.
Les feuilles et les fleurs se pressent et s'entendent.
J'ai vu l'orvet glisser dans la douceur du soir.
Diane sur l'étang se penche et met son masque.
Un soulier de satin court dans la clairière
Comme un rappel de ciel qui rejoint l'horizon.
Les barques de la nuit sont prêtes à partir.

D'autres viendront s'asseoir sur la chaise de fer.
D'autres verront cela quand je ne serai plus.
La lumière oubliera ceux qui l'ont tant aimée.
Nul appel ne viendra rallumer nos visages.
Nul sanglot ne fera retentir notre amour.
Nos fenêtres seront éteintes.
Un couple d'étrangers longera la rue grise.
Les voix,
D'autres voix chanteront, d'autres yeux pleureront
Dans une maison neuve.
Tout sera consommé, tout sera pardonné,
La peine sera fraîche et la forêt nouvelle,
Et peut-être qu'un jour, pour de nouveaux amis,
Dieu tiendra ce bonheur qu'il nous avait promis.

(Poèmes, NRF, Paris, 1912)

Une citation

Vous faites le ménage de l'univers avec les ustensiles du raisonnement. Bon. Vous arrivez à une saleté bien rangée.

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