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La causalité telle que la conçoit Aristote est sensiblement différente de la conception que nous en avons aujourd'hui ; la cause n'est pas seulement ce qui précède l'effet, mais ce qui fait qu'un objet existe (nous dirions aujourd'hui « la raison pour que... ». Aristote définit aussi l'investigation philosophique comme étant la recherche des causes : il s'agit de comprendre ce que sont les objets naturels ou issus des techniques humaines, le rôle qu'ils remplissent.
Ce raffinement du vocambulaire au fil du temps, qui nous permet d'utiliser plusieurs substantifs là où Aristote recourait à des adjectfs pour différencier les quatre causes, fait partie du raffinement progressif et normal du langage, qui avait d'ailleurs lui-même largement commencé entre le grec d'Homère et celui d'Aristote
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Les disciples d'Héraclite affirmaient qu'il était impossible de connaître quoi que ce soit, du fait que toute chose est en mouvement permanent -ce pourquoi Platon proposera sa théorie des Formes, ou Idées, immuables. Pour Aristote, le mouvement n'est pas chaotique, maix obéit lui aussi à des lois : l'univers accessible au sens est donc connaissable en lui-même.
Le mouvement a, chez Aristote, une acception beaucoup plus large que pour nous : il ne s'agit pas seulement d'un changement de lieu. Des phénomènes comme la génération et la corruption sont aussi, pour Aristote, des formes de mouvement. Ainsi, la croissance d'un oiseau dans son œuf, ou la décomposition du cadavre de ce même oiseau, seront des formes de mouvement.
La forme d'un objet n'est pas que sa forme géométrique : c'est sa définition, ce qui le rend définissable. Par exemple, ce qui différencie un homme d'une statue qui le représenterait, c'est la possession d'une âme. Plus que ses caractéristiques physiques, c'est la possession de cette faculté qui va permettre de définir l'homme ; ainsi, l'âme est la forme du corps. La forme d'une œuvre d'art, c'est l'idée qu'en a l'artiste. Elle est d'une importance capitale dans la théorie de la connaissance d'Aristote.
Elle est souvent difficile à distinguer de la cause formelle. C'est la raison d'être de la chose, ce en vue de quoi elle existe. Comme « La nature ne fait rien en vain ni de superflu » (Parties des Animaux), le rôle qu'un être a à accomplir lui sera rendu possible par les moyens dont il dispose -moyens dont la cause formelle rend compte.
La finalité est un concept capital de la philosophie d'Aristote :"Tout art et toute investigation, et pareillement toute action et tout choix, tendent vers quelque fin." (Ethique à Nicomaque)
Il s'agit de la cause la plus obscure, la moins connaissable, en même temps qu'elle est la plus évidente. La matière et la forme sont fondue dans le sunolon, la substance composée. Et s'il est possible à l'intellect de l'homme de dégager la forme de la matière, ce qui rend la connaissance possible, il ne lui est pas possible d'envisager la matière seule, pure. Elle est le pondérable, le sensible, le corps d'un animal ou d'une œuvre.
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