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Du grec δόγμα (dogma), « opinion », un dogme est une affirmation considérée comme fondamentale, incontestable et intangible par une autorité politique, philosophique ou religieuse qui emploiera dans certains cas la force pour l'imposer.
Le dogme est directement lié à la notion d'autorité, selon le Vocabulaire technique et critique de la philosophie de Lalande (PUF) :
Partticulièrement, l'Église catholique définit ainsi le dogme dans son Catéchisme (1992) :
Par la définition de la « foi droite » (l'orthodoxie) le dogme désigne aussi l'hérétique. Les conciles des premiers siècles statuèrent dans ce cadre sur des questions de christologie.
L'attestation en est donnée dans l'Abrégé de l'histoire des dogmes[1] d'Adolph von Harnack (1851–1930), chez Fishbacher, à Paris, comme par Lucien Jerphagnon qui font les deux remarques suivantes :
[1] Traduit de Grundriss der Dogmengeschichte (1re éd., 1873) en allemand, les traductions française et anglaises sont abrégées.
À partir de la condamnation de l'adoptianisme formulée en 268 par Paul de Samosate lors du Concile de Nicée (formule calquée sur le « si quelqu'un vous évangélise outre ce que vous avez reçu, qu'il soit anathème » de Paul de Tarse, Ga 1:9),
Souligné : l'hérétique, non le croyant,
Italique : l'inverse de la doctrine,
Gras : la sanction.
Il propose les remarques suivantes :
Il en conclut que le dogme, dans sa formulation, ne cherche pas à enseigner le fidèle mais à désigner l'hérétique à la vindicte publique.
Comme l'explique Marie-Émile Boismard o.p., une formulation des divers dogmes destinée au croyant se retrouve alors dans les confessions de foi qui représentent une conception hellénistique de la religion :
Lucien Jerphagnon attire notre attention sur la crise arienne qui change tout. Auparavant, les conciles sont locaux : ce sont des tribunaux où l'on juge les minoritaires, tel celui de Hiérapolis qui avait exclu Montan en 175. Avec la crise arienne au lieu d'être local (assorti de conséquences locales) le concile, par la volonté de l'empereur, devient œcuménique et les conséquences s'étendent à tout l'empire. La seule issue pour l'hérétique condamné est alors l'exil.
(Source : « Arius sème la zizanie », dans Historia-thématique, mars-avril 2003, Les hérétiques)
Dans le tableau qui suit, on utilise la distinction établie par Louis-Auguste Sabatier entre Religions d'autorité et Religion de l'esprit, en fait du libre examen.
| Religions d'autorité | Religions du libre examen |
|---|---|
| Quel est le rôle du dogme ? | |
| Le dogme est un énoncé de la foi qui ne peut être remis en cause. | Un (et non pas le) dogme est une parole provisoire pour exprimer une vérité indicible. |
| Il est défini par un concile, ou par un pape (depuis le XIXe siècle). | Il n'est pas défini, car comment peut-on définir (définitivement i.e. poser des fines, c'est-à-dire des
limites)
Dieu ? Mais il est exprimé par les croyants pour mettre en commun leur expérience de Dieu. |
| Il permet d'énoncer clairement la foi de l'Église sans compromission. | Le « dogme » permet de balbutier une parole hésitante dans la langue d'une époque et la culture d'un lieu. |
| Il clôt une réflexion sur une question donnée, ou sur des hérésies conçues comme erreur de la foi. | Il initie une discussion sur l'expression osée par des humains, ce qui permettra à tous d'approfondir la pensée pour rebondir ultérieurement sur une autre formulation d'une vérité en devenir. |
| Quelle est son « utilité » ? | |
| Il permet d'affirmer une même foi. | Il permet de progresser vers une compréhension commune d'une foi multiple |
Témoin de la fabrication d'hérésie la succession des conciles élaborant la dogmatique catholique, à savoir s'adressant à tous les patriarcats sachant que l'Église chrétienne des premiers siècles s'étendait quasiment sur l'ensemble du monde connu.


