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Les Sentiers de la gloire


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Les Sentiers de la gloire (Path of Glory) est un film étatsunien de Stanley Kubrick, en noir et blanc, sorti en 1957, durée 88 min.
Scénario de Stanley Kubrick, Carter Willingham et Jim Thompson, d'après le roman de Humphrey Cobb paru en 1935
avec Kirk Douglas (le colonel Dax), Adolphe Menjou, Ralph Meeker, George Macready, Timothy Carey, Joseph Turkel

Sommaire

L'histoire

En 1917, tandis que la guerre s'est enlisée depuis longtemps dans les tranchées, l'état-major français décide une offensive quasiment impossible sur la « colline aux fourmis ». Repoussé par le feu ennemi, le 701e régiment, commandé par le colonel Dax, doit se replier.
Le général Mireau, chef de l'offensive, demande alors de traduire en conseil de guerre le régiment pour « lâcheté ». Malgré l'opposition de Dax, trois hommes tirés au sort seront condamnés à mort et exécutés.
Dax avait entre-temps soumis au général Broulard, chef de l'état major, les preuves que le général Mireau avait fait tirer sur sa propre armée pendant l'attaque. Broulard révoque celui-ci et propose son poste à Dax en croyant que celui-ci avait agi par simple ambition. Dax refuse.

Le contexte historique

Ce film s'inspire de faits réels. Pendant la Première Guerre mondiale, près de 2 000 soldats ont été réellement fusillés « pour l'exemple » par l'armée française au motif de « lâcheté devant l'ennemi ». Le général Revilhac a effectivement voulu faire tirer sur son propre régiment bloqué dans les tranchées lors d'un assaut impossible, puis il a fait exécuter quatre soldats en mars 1915, qui seront réhabilités en 1934.
Même l'épisode du soldat sur une civière qu'on ranime pour le fusiller a bien eu lieu.

Le film de guerre n'est pas isolé dans l'œuvre de Kubrick. Fear and Desire (1953), son premier long métrage, était déjà un film de guerre, et de Barry Lyndon (1975) à Full Metal Jacket (1987) en passant par Dr Folamour (1964) ou Spartacus (1960), ses films sont nombreux à mettre en scène des soldats.

C'est un film de guerre mais surtout un film contre l'armée. Il dénonce des rapports sociaux profondément viciés, et la résistance désespérée que leur offrira un individu, le colonel Dax. L'opposition, à la différence du film de guerre classique, ne passe donc pas entre deux camps mais entre les supérieurs et les soldats d'un même camp, les uns jouant leur promotion, les autres leur vie. Ce thème sera repris en 1970 par Francesco Rosi dans Les Hommes contre.

L'accueil

A sa sortie, le film est apprécié aux États-Unis car, au premier degré, la cible explicite est l'armée française. Mais il est chahuté en Belgique, soumis à une forte pression française, et interdit en Suisse. En France, les efforts diplomatiques aboutissent et il ne sera pas même soumis à la commission de censure. Les cinéphiles iront le voir en groupe en Belgique. Le film sortira en France dix-huit ans plus tard, au milieu de l'été 1975.

Base historique

Mars 1915. C'est la guerre des tranchées. Lucien Lechat se trouve à Souain, en Champagne, au sein de la 21e compagnie du 336e Régiment d'infanterie de Saint-Lô. La bataille est rude. Les attaques se succèdent. L'épuisement physique et moral des troupes est extrême. Malgré tout, le soldat Lechat fait preuve de courage. Mais voilà que, lors d'une nouvelle charge, dite du Moulin de Souain, les 9 et 10 mars, les soldats refusent de sortir de la tranchée...

La riposte de la hiérarchie militaire est immédiate. Six caporaux et dix-huit soldats sont désignés pour le conseil de guerre afin d'y répondre du refus d'obéissance en présence de l'ennemi. La justice militaire est devenue une justice d'exception depuis des décrets d'août et septembre 1914 : le sursis, le recours en révision, les circonstances atténuantes et le droit de grâce sont supprimés. Le 16 mars 1915, le conseil de guerre relaxe deux caporaux et les soldats, mais condamne à mort Lucien Lechat, le gars du Ferré ; Théophile Maupas, instituteur au Chefresne, dans la Manche, 41 ans ; Louis Lefoulon, 31 ans, cheminot à Caen ; Louis Girard, 29 ans, de Paris. Les quatre caporaux sont fusillés le lendemain midi. « Pour l'exemple».

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