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Le crime de lèse-majesté est une notion juridique mal définie qui a évoluée dans le temps, recouvrant différentes qualifications juridiques. Pour l'essentiel, il était relié aux atteintes au souverain, quel qu'il soit (le peuple, un monarque, un principe fondateur, etc.), et aux signes de sa majesté (objets, décisions, personnes y compris leurs représentants, etc.).
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Ce crime apparaît à Rome sous la République et selon Tacite (Annales, I, LXXII, 2-4) recouvrait les crimes de « trahison envers l’armée, sédition à l’égard de la plèbe, enfin mauvaise gestion des affaires publiques, nuisible à la majesté du peuple romain ». La maiestas c'est la grandeur du peuple romain dans son ensemble.
Cicéron emploie cette notion dans deux affaires :
Toujours selon Tacite (Annales, I, LXXII, 2-4) : « les actes étaient mis en cause, les paroles restaient impunies ».
Avec l'Empire, l'empereur devient la personnification de la maiestas du peuple romain. Tacite et Suétone démontrent bien l'évolution de la notion de ce crime de lèse-majesté, sous Auguste puis Tibère, pour condamner les propos portant atteinte à la personne impériale - qui depuis que Auguste a reçu la puissance tribunicienne à vie est sacrosanctus.
Certains chercheurs considèrent que, justement sous le règne de Tibère, Ponce Pilate condamna Jésus sous ce chef d'inculpation de lèse-majesté, le titre de « roi des Juifs », portant atteinte à la majesté du peuple romain et à l'empereur.
L'attentat contre le pape avnt le couronnement impérial de 800 fut qualifié de reus majestatis (« accusé de [lèse]-majesté »).
En 1199, avec la décrétale Vergentis in senium, le pape Innocent III, bouleverse le sens du crime de lèse-majesté en y assimilant l'hérésie. Désormais la lèse-majesté comportera une facette religieuse et qualifie l'hérésie, le blasphème, le sacrilège, et toute autre opinion déviante.
En 1313, l'empereur Henri VII, donne une définition moderne de la lèse-majesté au travers du texte Qui sint rebelles.
La notion de lèse-majesté a été très violemment contestée par les Lumières :
Cette contestation s'est avérée efficace, la notion de lèse-majesté a fortement reculé depuis.
La révision du code pénal en 1832 fit disparaître la mention de lèse-majesté en France. Elle s'est maintenue dans d'autres États. Le délit d'offense au chef de l'État sous la Cinquième République fut assimilé à la lèse-majesté.
Indépendamment du lien explicitement fait entre la lèse-majesté et la religion par certains hommes d'État et responsables religieux, les analyses sociologiques modernes font de ce « crime » un cousin des sacrilèges.
Avec le succès de la contestation par les Lumières, la lèse-majesté doit maintenant être invoquée sous un autre nom. Mais elle reste un moyen de satisfaire le besoin de réprimer un comportement portant atteinte à quelque chose de laïc et sacré qui, selon les règles normales, resterait impuni. Or, ce besoin subsiste dans toutes les communautés, ce qui implique que, sous une dénomination différente, la lèse-majesté n'a pas disparu.
De part son flou, la notion échappe constitutivement à une définition précise en termes de faits. Par contre, on peut la caractériser par les situations où elle est invoquée :
Bref, la lèse-majesté est invoquée de façon explicite ou implicite chaque fois qu'on souhaite satisfaire les autorités (la divinité, le souverain) dans un sacrifice en donnant une apparence légale au processus.
Les entarteurs, dont Noël Godin, agissent sur des personnalités qu'ils considérent comme particulièrement infatuées.


