Page d'accueil encyclopedie-enligne.com en page d'accueil
Liste Articles: [0-A] [A-C] [C-F] [F-J] [J-M] [M-P] [P-S] [S-Z] | Liste Catégories | Une page au hasard | Pages liées

Crime de lèse-majesté

40px Note : des auteurs soupçonnent cet article de ne pas respecter la neutralité de point de vue voulue par Wikipédia (désaccord de neutralité). Considérez son contenu avec précaution : voir la page des articles non neutres et la page de discussion du présent article.


Le crime de lèse-majesté est une notion juridique mal définie qui a évoluée dans le temps, recouvrant différentes qualifications juridiques. Pour l'essentiel, il était relié aux atteintes au souverain, quel qu'il soit (le peuple, un monarque, un principe fondateur, etc.), et aux signes de sa majesté (objets, décisions, personnes y compris leurs représentants, etc.).

Sommaire

Historique

La maiestas romaine

Ce crime apparaît à Rome sous la République et selon Tacite (Annales, I, LXXII, 2-4) recouvrait les crimes de « trahison envers l’armée, sédition à l’égard de la plèbe, enfin mauvaise gestion des affaires publiques, nuisible à la majesté du peuple romain ». La maiestas c'est la grandeur du peuple romain dans son ensemble.

Cicéron emploie cette notion dans deux affaires :

Toujours selon Tacite (Annales, I, LXXII, 2-4) : « les actes étaient mis en cause, les paroles restaient impunies ».

La majesté impériale

Avec l'Empire, l'empereur devient la personnification de la maiestas du peuple romain. Tacite et Suétone démontrent bien l'évolution de la notion de ce crime de lèse-majesté, sous Auguste puis Tibère, pour condamner les propos portant atteinte à la personne impériale - qui depuis que Auguste a reçu la puissance tribunicienne à vie est sacrosanctus.

« Auguste le premier se couvrit de cette loi pour engager une instruction sur les libelles scandaleux, indigné par la licence de Cassius Severus qui, s’en prenant à des hommes et à des femmes de rang illustre, les avait diffamés dans des écrits insolents ; puis Tibère, consulté par le préteur Pompeius Macer sur la recevabilité des accusations pour lèse-majesté, répondit que les lois devaient être appliquées. Lui aussi avait été exaspéré par des vers anonymes qui couraient sur sa cruauté, son orgueil et sa mésintelligence avec sa mère. » (Tacite, Annales, I, LXXII, 2-4)
« Vers le même temps, comme un préteur demandait à Tibère s’il voulait faire poursuivre les crimes de lèse-majesté, il répondit « qu’il fallait appliquer les lois », et il les appliqua de la manière la plus atroce. Quelqu’un avait enlevé la tête d’une statue d’Auguste pour lui en substituer une autre ; l’affaire fut débattue au Sénat et, comme il y avait doute, on eut recours à la torture. L’inculpé ayant été condamné, ce genre d’accusation fut insensiblement porté si loin qu’on fit un crime capital même d’avoir battu un esclave ou changé de vêtements près d’une statue d’Auguste, d’avoir été aux latrines ou dans un lieu de débauche avec une pièce de monnaie ou une bague portant son effigie, d’avoir critiqué l’une de ses paroles ou de ses actions. Enfin on alla jusqu’à faire périr un citoyen qui s’était laissé investir d’une magistrature dans sa colonie, le même jour où l’on avait autrefois décerné des charges à Auguste. » (Suétone, Vies des douze Césars, « Tibère », LVIII).

Certains chercheurs considèrent que, justement sous le règne de Tibère, Ponce Pilate condamna Jésus sous ce chef d'inculpation de lèse-majesté, le titre de « roi des Juifs », portant atteinte à la majesté du peuple romain et à l'empereur.


Au Moyen Âge

L'attentat contre le pape avnt le couronnement impérial de 800 fut qualifié de reus majestatis (« accusé de [lèse]-majesté »).

En 1199, avec la décrétale Vergentis in senium, le pape Innocent III, bouleverse le sens du crime de lèse-majesté en y assimilant l'hérésie. Désormais la lèse-majesté comportera une facette religieuse et qualifie l'hérésie, le blasphème, le sacrilège, et toute autre opinion déviante.

En 1313, l'empereur Henri VII, donne une définition moderne de la lèse-majesté au travers du texte Qui sint rebelles.

Contestation par les Lumières

La notion de lèse-majesté a été très violemment contestée par les Lumières :

Cette contestation s'est avérée efficace, la notion de lèse-majesté a fortement reculé depuis.

Époque contemporaine

La révision du code pénal en 1832 fit disparaître la mention de lèse-majesté en France. Elle s'est maintenue dans d'autres États. Le délit d'offense au chef de l'État sous la Cinquième République fut assimilé à la lèse-majesté.

Crimes rattaché à la lèse-majesté

Cas qualifiés de lèse-majesté célèbres

Voir aussi :

Les procès de Majesté
Crime de Lèse-majesté et crucifixion

sociologie

Indépendamment du lien explicitement fait entre la lèse-majesté et la religion par certains hommes d'État et responsables religieux, les analyses sociologiques modernes font de ce « crime » un cousin des sacrilèges.

Avec le succès de la contestation par les Lumières, la lèse-majesté doit maintenant être invoquée sous un autre nom. Mais elle reste un moyen de satisfaire le besoin de réprimer un comportement portant atteinte à quelque chose de laïc et sacré qui, selon les règles normales, resterait impuni. Or, ce besoin subsiste dans toutes les communautés, ce qui implique que, sous une dénomination différente, la lèse-majesté n'a pas disparu.

Caractéristiques de la lèse-majesté

De part son flou, la notion échappe constitutivement à une définition précise en termes de faits. Par contre, on peut la caractériser par les situations où elle est invoquée :

Bref, la lèse-majesté est invoquée de façon explicite ou implicite chaque fois qu'on souhaite satisfaire les autorités (la divinité, le souverain) dans un sacrifice en donnant une apparence légale au processus.

Crimes rattachés à la lèse-majesté

Entartage

Les entarteurs, dont Noël Godin, agissent sur des personnalités qu'ils considérent comme particulièrement infatuées.



This site support the Wikimedia Foundation. This Article originally from Wikipedia. All text is available under the terms of the GNU Free Documentation License Page HistoryOriginal ArticleWikipedia