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Ligne Maginot


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La ligne Maginot était une ligne de fortifications et de défense construite par la France le long de ses frontières avec l'Allemagne et l'Italie, après la Première Guerre mondiale. (Le terme ligne Maginot désigne parfois le système entier, et parfois uniquement les défenses contre l'Allemagne. Les défenses contre l'Italie sont appelées ligne Alpine.)

Origines et construction

Le principe de la ligne Maginot, du nom de son promoteur André Maginot, un vétéran grand mutilé de 14-18, fut débattu en France pendant près de 10 ans au sein du Conseil Supérieur de la Guerre sous la présidence du maréchal Pétain. Les plans définitifs en furent approuvés en 1929 par Paul Painlevé, alors ministre de la Guerre.
La même année, le Parlement vota une première ligne budgétaire de plus de un milliard de FF et les travaux commencèrent en 1930. Les travaux furent réalisés par la STG (Section Technique du Génie), sous la supervision de la CORF (Commission d'Organisation des Régions Fortifiées). Maginot devint ministre de la Guerre en 1929 et fut un ardent avocat de la fortification mais malheureusement mourut d'un empoisonnement alimentaire par des huitres en 1932 et ne vit jamais la réalisation de son grand rêve défensif.

L'essentiel des travaux était achevé en 1936, au moment où la menace hitlérienne semblait lui donner toute sa justification : c'était la plus formidable ligne de défense militaire jamais bâtie dans le monde et elle était d'une grande complexité technologique et militaire. Son coût total fut de 5 milliards de FF(de l'époque). La ligne maginot comprennait 108 ouvrages principaux (forts) à 15 km de distance les uns des autres, plus des ouvrages plus petits et des casemates, et plus de 100km de galeries.

Une erreur stratégique

La ligne n'évita pas l'effondrement de la France au debut de la Seconde Guerre mondiale en 1940, bien au contraire, dans la mesure où les divisions allemandes la contourneront en attaquant dans la région de Sedan, au-delà de son extrémité ouest. Les armées alliées furent ainsi coupées en deux. Une partie de l'armée française, les troupes anglaises et belges ont été encerclées et repoussée vers les plages de Dunkerque où les Anglais parviendront à envoyer des centaines de bateaux pour réembarquer les soldats pris au piège, dans le cadre de l'Opération Dynamo. L'armée de l'Est, troupes d'intervalles et régiments massés derrière la ligne, a été prise en tenailles entre la frontière allemande et les divisions mécanisées allemandes qui avaient atteint la frontière suisse.

Le défaut de la ligne Maginot tient au fait qu'elle ne rejoignait pas la Mer du Nord. Pour de nombreuses raisons dont le manque de temps et de crédits, sa construction s'était arrêtée à 20 km à l'est de Sedan, à Montmédy, faisant face à la frontière allemande, au Grand-Duché de Luxembourg et à une partie de la frontière franco-belge. Le segment Longuyon-Lauterbourg était particulièrement renforcé avec des ouvrages puissamment équipés d'artillerie lourde tandis que les défenses du Rhin et à l'ouest de Longuyon était moins bétonnées. Certains ouvrages n'avaient d'ailleurs pas tous reçu leur équipement à la déclaration de guerre.

Aux lendemains de la Grande Guerre, à cause de l'hécatombe des premiers mois de l'offensive allemande en 1914, de la guerre de position dans les tranchées et des sentiments pacifistes dans la population française, l'état-major français décida pour la « prochaine guerre » contre l'Allemagne qu'il fallait passer d'une stratégie offensive à une stratégie défensive. La ligne Maginot s'arrêtait donc à la lisière des Ardennes que certains experts comme le maréchal Pétain, héros de Verdun, jugeait « impénétrables » (1934) aux troupes mécanisées, au même titre que la Meuse et le canal Albert en Belgique. En outre, la neutralité de la Belgique apportaient des arguments à ceux qui ne croyaient pas à une offensive ennemie à l'ouest de la ligne Maginot.
C'est ainsi que se développa un sentiment de sécurité avec la ligne Maginot, pratiquement chaque Français était persuadé d'être à l'abri de toute agression allemande. Il fallait être naïf ou incompétent pour imaginer que la ligne puisse résister longtemps à une attaque violente et ciblée, soutenue par l'artillerie lourde et l'aviation moderne. Au pire la ligne Maginot pouvait contenir une attaque surprise frontale pendant le temps nécessaire à la France d'organiser une mobilisation générale.

Dans ce contexte, les appels anxieux du général De Gaulle et de Paul Reynaud en 1935 en faveur du développement de divisions blindées pour assurer la défense des territoires non couverts par la ligne prenaient tout leur sens mais tombèrent dans des oreilles sourdes ou faussement rassurées par le gigantisme défensif de la ligne. Le général Maurin, alors ministre de la Guerre, lors d'un débat au Parlement, répondit à Paul Reynaud : « Comment peut-on encore penser en termes d'offensive quand on a dépensé des milliards pour établir une frontière fortifiée? »
Le lendemain de cette brillante déclaration, Hitler déchirait le traité de Versailles et ré-instituait la conscription forcée pour 500 000 hommes. On ne comprend que mieux l'ampleur de l'effondrement de mai-juin 1940.

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