Page d'accueil encyclopedie-enligne.com en page d'accueil
Liste Articles: [0-A] [A-C] [C-F] [F-J] [J-M] [M-P] [P-S] [S-Z] | Liste Catégories | Une page au hasard | Pages liées

Lindre (étang)

L'étang de Lindre se situe au sud-est du département de la Moselle, à proximité de la ville de Dieuze, soit environ à 75 km de Metz, 50 km de Nancy et 35 km de Sarrebourg. A l'est de la vaste région naturelle dite « Plateau Lorrain », le bassin versant de Lindre appartient au « pays des Etangs », pays de collines à pentes faibles, qui totalise 134 étangs ! Façonné au fil des siècles par les activités humaines, qui ont créé étangs, forêts, haies, champs et prairies…, l'étang de Lindre conserve aujourd'hui son caractère naturel. Il a été préservé de l'urbanisation des dernières décennies qui a gagné les abords des autres grands étangs de la Moselle.

Hydrographie

L'étang de Lindre concentre les eaux de ruissellement d'un bassin versant de 103 km². Le réseau hydrographique est très dense; près d'une vingtaine d'étangs de tailles très variables s'organisent en chapelets le long des ruisseaux : ici les étangs de Rorbach, Lansquenet et Zommange le long du ruisseau du Speck. C'est au niveau des « cornées » que débouchent les principaux ruisseaux, ici le Gros Ruisseau se jette dans la cornée de Guermange. Ces cornées donnent à l'étang sa forme caractéristique, elles contribuent à l'allongement de la ligne de rivage (27 km !) La profondeur maximale de l'étang de Lindre n’excède pas 6 mètres avec une profondeur moyenne d’environ 2 mètres.

C'est à la sortie de l'étang de Lindre que la Seille prend sa source.

Histoire

L'homme a occupé cette région dès la période du néolithique, bien avant la création des étangs. Il s'est installé dans cette vaste zone marécageuse, attiré par la présence de sel dans certaines sources et mares salées.

L'origine de l'étang de Lindre n'est pas connue. Sa création remonte probablement au XIe ou XIIe siècle. Le premier texte évoquant l'étang de Lindre date de 1263, le nom de Lindre dériverait de « linter », sorte de bateau à fond plat. La vocation de l'étang est d'abord la pisciculture, pour alimenter les populations en poisson et gibier d'eau, pendant les nombreux jours maigres imposés par l'église (140 jours par an !). On peut penser qu'il y a eu d'abord création de plusieurs petits étangs qui auraient été réunis par la suite pour donner la configuration actuelle de l'étang de Lindre. La retenue d'eau aurait été créé par les Ducs de Lorraine au XVe siècle. L'étang était également envisagé comme un aménagement stratégique pour défendre la place forte de Marsal établie par Vauban. En rompant la digue, il est possible d'inonder la vallée de la Seille et de protéger Marsal, haut lieu de l'industrie du sel, ainsi que Dieuze et éventuelle ment Metz. La Maison de la Tour, véritable forteresse, avec des murs, d'une épaisseur de 2,5 m aurait été construite pour protéger et contrôler l'ouverture des vannes.

L'industrie du sel prend de l'importance dans la région. Les salines, très convoitées, représentent la moitié des revenus des Ducs de Lorraine au XVIe. L'étang de Lindre s'affirme comme un enjeu stratégique. La régulation du cours de la Seille par l'étang permettrait aussi le transport du bois par flottage pour alimenter les salines. L'étang de Lindre a appartenu aux rois de France, à partir du XVIIIe siècle, lorsque la Lorraine a été rattachée à la France.

Sous l'Empire français, en 1807, l'étang de Lindre est vendu à des propriétaires privés. Il deviendra propriété de la famille Masson. L'administration de la guerre maintient toujours l'interdiction d'assécher l'étang pour la défense de la vallée de la Seille. Georges-Timothée Masson, membre de la Société d'Agriculture développe la pisciculture dans l'étang de Lindre. Il publie en 1843 un mémoire concernant la gestion de son domaine. Son fils Antoine-Achille Masson épousa Adélaïde de Montalivet, fille du comte de Montalivet, ministre de Louis-Philippe.

La famille de Montalivet crée en 1908 la « Société des domaines de Lindre », une propriété de 1950 hectares d'étangs, terres cultivables, prés et forêts, dont la gérance est confiée à un régisseur. Pendant la seconde guerre mondiale, les Allemands n'ont jamais laissé l'étang à sec. La digue a été bombardée par les américains, en 1944, pour contraindre les Allemands à lâcher leurs positions, opération sans grand résultat qui inonda la ville de Dieuze. La digue a été reconstruite en 1946.

Le maintien de l'étang de Lindre dans la même famille pendant 150 ans lui a permis d'échapper à l'urbanisation qui a malheureusement défiguré les autres étangs de la région.

Lorsque le domaine est mis en vente, en 1974, ce site est déjà reconnu pour son grand intérêt écologique. Face à la crainte de voir se développer des projets d'aménagement touristique, comme il existe déjà sur les autres grands étangs de la région, un projet de Réserve Naturelle est examiné, en 1975. Jugé trop contraignant, il est abandonné. Le Conseil général de la Moselle, avec une aide financière de l'Etat et de la Région, fait l'acquisition des étangs du domaine, en 1976. Le domaine forestier est racheté par une société d'assurances et les fermes vendues aux exploitants agricoles.

Exploitation

L'exploitation traditionnelle de l'étang suivait un cycle triennal. Il est laissé deux années en eau pour la production de poisson, et une année à sec, que l'on appelait « le terrage » avec une mise en culture. Ces cultures, chanvre, blé, orge…profitaient de la grande fertilité du fond de l'étang. L'étang de Lindre alimentait aussi un moulin à grain et un moulin à huile. La gestion triennale de l'étang a été maintenue jusqu'en 1950. DElle a été pratiquée ensuite sans assec avec une pêche tous les 3 ans. De nos jours, la gestion se fait sur une base annuelle:

Grâce aux précipitations abondantes de cette saison, l’étang profite des arrivées d’eau pour se remplir, les vannes de vidange de l’étang étant fermées. Cet apport est constitué de la pluie mais surtout des eaux de ruissellement du bassin versant. Celles-ci vont entraîner dans leurs sillons des matières, notamment des phosphates et des nitrates. L’étang devra impérativement être rempli avant que la végétation ne reprenne vie, puisque alors elle absorbera la majorité des précipitations. Puisque l’étang se remplit, c’est le moment de remettre des poissons dans l’étang : c’est l’alevinage. La quantité de poissons, les espèces et les âges des poissons alevinés dépendent du type de gestion du pisciculteur.

Les poissons profitent pleinement de la nourriture abondante en cette saison. La saison de reproduction est passée, ainsi toute l’énergie ingurgitée sert à la croissance du poisson. Le pisciculteur, si les charges en cyprinidés sont importantes, peut apporter de la nourriture, blé ou orge concassé. La végétation envahit les pourtours de l’étang et les digues. Les pourtours sont colonisées par les roselières qui si elles ne sont pas régulées atterrissent l’étang. À cette saison les oiseaux qui affectionnent ce type de végétation pour leur reproduction sont partis ; le pisciculteur peut alors couper une partie de ces roseaux au moyen d’un faucardeur. Les digues doivent être entretenues pour que les racines de la végétation ligneuse ne la désolidarise pas et pour que la pêcherie soit accessible à l’automne.

La température de l’eau a chuté. Les poissons ne se nourrissent pratiquement plus. C’est la période idéale pour les pêcher puisqu’ils ne souffrirons pas de la température. Le pisciculteur ouvre la vanne de vidange de l’étang et l’eau s’évacue dans le fossé aval. La vidange d’un étang varie en fonction de sa surface mais aussi en fonction de l’arrivée d’eau à l’amont de l’étang. À la fin de la vidange l’eau se retrouve dans le chenal central de l’étang. Les poissons sont rassemblés dans ce fossé .Le pisciculteur referme alors l’étang afin de garder un niveau minimum dans ce fossé. Il pourra alors au moyen d’un filet appelé senne (nappe avec une poche) pêcher le poisson.

Les vannes de l’étang sont ouvertes. L’étang est vide. Tous les poissons ont été pêchés par le pisciculteur. Si la couche de vase qui recouvre le fond de l’étang et le fond du fossé n’est pas trop importante le gel suffira à minéraliser une partie de cette matière organique. Sinon, cette vase serra retirée mécaniquement (pelles, bull…) profitant du gel du sol pour pouvoir intervenir dans l’étang : c’est le curage. De façon générale les travaux dans l 8217;étang sont réalisées à cette période. Au début du printemps, les vannes seront refermées afin de remplir l’étang. Cet assec peut être prolongé tout une année, les vannes seront alors fermées à l’automne suivant. Cette durée peut être nécessaire pour des travaux de grande ampleur ou afin de permettre la mise en culture de l’étang. En effet, la vase regorge de phosphates et de nitrates favorables à la pousse des végétaux terrestres. Ceux-ci minéralisent la vase et lors de leur récolte de la matière organique sera exportée. C’est une méthode très efficace pour diminuer la couche de vase d’un étang.



This site support the Wikimedia Foundation. This Article originally from Wikipedia. All text is available under the terms of the GNU Free Documentation License Page HistoryOriginal ArticleWikipedia