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Littérature en espéranto


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Espéranto > Littérature en espéranto


« L'espéranto est en mesure d'exprimer les nuances les plus subtiles de la pensée et du sentiment, il est propre à permettre, par conséquent, l'expression la plus juste, la plus littéraire, la plus esthétique et de nature à satisfaire les esprits les plus ombrageux et les plus particularistes, et il ne peut pas porter ombrage aux fidèles des langues nationales. »
Maurice Genevoix (1890-1980).
Écrivain et essayiste, membre et secrétaire perpétuel de l'Académie française, lors d'un entretien sur la RTF (ancêtre de Radio France / France Inter), le 18 février 1954.

L'espéranto est la seule langue internationale par nature et par vocation qui soit passée de l'état de langue écrite à l'état de langue parlée. Les contacts oraux ont en effet été très limités durant la période qui s'étend de la parution du premier manuel de Langue Internationale, le 26 juillet 1887, jusqu'au premier congrès universel d'espéranto qui se tint en 1905 à Boulogne-sur-Mer en présence de 688 participants de vingt pays. C'est justement à cette occasion que la grammaire fondamentale, ou Fundamento de Esperanto, fut adoptée. Ce document intangible, sur lequel repose la stabilité de cette langue, se révéla nécessaire pour en définir les bases et fixer les lignes de son évolution, alors que diverses propositions de réforme, chaotiques, contradictoires, menaçaient de perturber sa croissance à une époque où elle affrontait la vie pratique, au moment où elle s'implantait sur les autres continents, donc pour éviter la formation de dialectes ou de variantes.

C'est d'abord par la traduction, la création d'œuvres originales et les échanges épistolaires, que l'espéranto s'est enrichi et adapté aux besoins. Il n'est donc pas l'œuvre élaborée une fois pour toutes par un seul homme. Le Dr Zamenhof eut à la fois l'intelligence et l'intuition de ne donner à cette langue que les éléments et structures indispensables. Il s'est toujours considéré comme l'initiateur de l'espéranto et non comme son créateur. Il s'attaqua à des traductions aussitôt après avoir établi les principes de base de cette langue : Hamlet, Iphigénie en Tauride, Le Revizor, Les Brigands, Georges Dandin, les Contes d'Andersen, Marta, l'Ancien Testament et quelques œuvres moins connues. Cette confrontation d'une langue aux problèmes de traduction fut extrêmement bénéfique pour celle-ci.

Zamenhof fonda la Bibliothèque de la Langue Internationale en 1894 et fut ensuite très vite rejoint par des hommes de grand talent, parmi lesquels Antoni Grabowski, Kazimierz Bein (Kabe), Jozef Wasniewski, dont la créativité et l'apport se révélèrent considérables. Ingénieur, Grabowski était aussi un amoureux de la poésie et un grand polyglotte (il connaissait une trentaine de langues). À part son épouse, c'est avec lui que le Dr Zamenhof eut sa première conversation en espéranto. Kabe fut le premier styliste espérantiste et sans doute l'un des plus brillants. Un an seulement après avoir commencé l'étude de l'espéranto, il effectua la traduction d'une œuvre de la littérature polonaise : Le fin-fond de la misère, de Sieroszewski qui parut en 1904. Il traduisit d'autres œuvres parmi lesquelles Le Pharaon, de Boleslaw Prus - la plus marquante - ainsi que Pères et fils de Tourgueniev.

C'est ainsi qu'au fil de l'histoire de cette jeune langue apparurent des traductions dont certaines dépassent, par leur précision et leur fidélité, bien des traductions en langues nationales : Virgile, Homère, Molière, Voltaire, Shakespeare, Goethe, Dante, Tolstoï, Ibsen, Tagore, Omar Khayyam, Sartre, Camus et bien d'autres. À cela se sont ajoutées des anthologies de la littérature polonaise, slovaque, bulgare, estonienne, danoise, belge, suisse, chinoise, australienne, française (3 volumes), ainsi que des textes philosophiques (Nuna stato de l'evoluismo, Tio, kion mi kredas de Jean Rostand), religieux (Bible, Coran), ou politiques (Le petit livre rouge de Mao), etc.

A côté des traductions, les œuvres originales de Gyula Baghy, Kálmán Kalocsay, Ferenc Szilágyi, Sándor Szathmári, Jan Fethke, Edmond Privat, Raymond Schwartz sont entrées dans le domaine du classique en espéranto. L'influence de l'École hongroise est déjà perceptible : les quatre premiers sont hongrois. On remarque ainsi que les grands noms de la littérature n'appartiennent pas forcément à des grands pays. Le talent existe certes partout, et l'adoption d'une langue nationale dans le rôle de langue internationale pousse à faire croire qu'il se trouve avant tout dans le où les pays dont elle est la langue de tous les jours.

Les genres se diversifient avec Marjorie Boulton, John Francis, William Auld, Ivo Lapenna (rhétorique), Tibor Sekelj (récits d'exploration), de même que la situation géographique des auteurs : Miyamoto Masao (Japon), Edwin de Koch (Afrique du Sud), Sylla Chaves (Brésil), Brendon Clarck et Bertram Potts (Nouvelle-Zélande). Le travail accompli par Gaston Waringhien (essais, grammaire complète, lexicographie, traductions ) est prodigieux. Durant ces dernières années, de nouveaux noms se sont imposés : István Nemere (écrivain hongrois qui a commencé à écrire aussi en espéranto), Johan Valano

La première revue en espéranto, La Revuo, fut éditée par Hachette, à Paris. Elle parut de 1906 jusqu'à la Première Guerre mondiale. Le vide créé par sa disparition se combla grâce à d'autres publications comme Literatura Mondo (Budapest), Norda Prismo (Stockholm), Nica Revuo (Nice), et de nos jours par Fonto (Chapeco, Brésil) et Literatura Foiro (Milan).

La présence de la poésie a toujours été très importante en espéranto. Zamenhof fut d'ailleurs le premier poète, puisqu'il s'exerça à cette forme d'expression à l'aide d'une langue encore embryonnaire, rudimentaire, qu'il lui fallait éprouver avant de la proposer à l'humanité.

De nos jours, l'ouvrage le plus représentatif est l'Antologio de Esperantaj poemoj qui, sur les 888 pages de sa seconde édition (1887-1981) présente 706 œuvres de 163 poètes de 35 pays.

L'adoption de cette langue dans la bande dessinée est récente. Si Astérix le Gaulois et Tintin existent dans des dizaines de langues dont l'espéranto, Nudpieda Gen (Gen le va-nu-pieds) n'existe en revanche qu'en japonais et en traductions allemande, anglaise et espéranto. On trouve aussi une adaptation BD du Pharaon de Boleslaw Prus.

La contribution de SAT, organisation socio-culturelle à vocation émancipatrice, fut importante surtout entre les deux guerres dans le domaine de l'édition : œuvres traduites de Jack London, Voltaire, œuvres originales de Lanti (Eugène Adam), Barthelmess, Sándor Szathmári; biographies (Rosa Luxembourg), lettres de Zamenhof, ouvrages de vulgarisation scientifique, etc. Après la Seconde Guerre mondiale, les efforts de cette organisation se sont portés essentiellement sur l'édition de dictionnaires d'espéranto, notamment le Plena Ilustrita Vortaro de Esperanto (PIV) qui fait autorité dans le monde entier et de la revue annuelle Sennacieca Revuo.

Il convient de souligner le rôle des femmes dans le fait que l'espéranto est la seule langue qui soit passée de l'état de projet à celui de langue vivante La plus jeune des filles du Dr Zamenhof, Lydia, qui mourut avec sa sœur Sofia dans le camp nazi de Treblinka, traduisit Quo vadis ? de Sienkiewicz. Maria Hankel fut la première femme poète. Simple télégraphiste, l'Estonienne Hilda Dresen devint un grand talent de la poésie par sa description de la nature nordique, alors que l'Anglaise Marjorie Boulton, professeur de littérature anglaise diplômée d'Oxford, excelle tant dans l'histoire de l'espéranto que dans une poésie et une prose non dépourvues d'originalité et d'humour. On peut certes regretter que l'activité et la sensibilité féminines soient encore sous-représentées au sein de l'Académie d'Espéranto.

Lorsque mourut le Dr Zamenhof, le 14 avril 1917, l'espéranto était déjà suffisamment enraciné pour survivre non seulement à sa disparition, mais aussi à cette longue période de haine dévastatrice dans laquelle l'Europe fut plongée. Depuis, il n'a cessé de s'enrichir. La littérature en espéranto représente aujourd'hui plus de 30 000 ouvrages dont environ un tiers de traductions. Plusieurs nouveaux titres paraissent chaque semaine.

Après une enquête particulièrement sévère et pointilleuse, l'Esperanta PEN-Centro a été admis en 1993 au sein du PEN-Club International (Poètes, Ecrivains, Nouvellistes), la seule organisation d'écrivains admise au sein de l'UNESCO. En août 1998, plusieurs grands quotidiens ont repris une information de la BBC selon laquelle l'écrivain écossais Bill William Auld serait proposé pour le prix Nobel.

« Ce n'est qu'après avoir réuni les opinions de personnes susceptibles de mettre en lumière les différentes faces de la question et compulsé les documents les plus sûrs que je me suis formé une conviction. Les pages qui suivent constituent l'exposé des motifs de cette conviction qui est en faveur de l'espéranto. Elles tentent d'expliquer pourquoi, dans le peu de temps où je suis passé, à l'égard de cette langue, de l'ignorance à la connaissance, je suis aussi passé de l'indifférence à l'enthousiasme. Ce fut une révélation ! Et ce phénomène ne m'est pas personnel. Il est général à tous ceux qui ont pris contact avec l'espéranto. »
Raymond Julliard, extrait de Babel est-elle encore maudite ?
« L'espéranto joue, à mon avis, un rôle toujours plus grand dans la traduction des œuvres littéraires dans les langues asiatiques. J'ai moi-même traduit de l'espéranto en mongol, entre autres, les Contes d'Andersen. Après achèvement des travaux de traduction de Pan Tadeusz (Monsieur Thaddée), pour lesquels la traduction en espéranto de cette œuvre m'aide beaucoup, je m'efforcerai, par l'intermédiaire de l'espéranto, de faire avoir au lecteur mongol encore d'autres œuvres de la littérature polonaise éditées en Langue internationale. »
Yöngsiyebu Rintchen (1905-1977).
Linguiste, membre de plusieurs académies scientifiques, éminent spécialiste des langues finno-ougriennes, traducteur (russe, français, allemand, polonais, tchèque et espéranto vers le mongol), il fut l'une des personnalités mongoles les plus connues hors de son pays.

NOTE : Ce texte a été initialement rédigé par l'association Sat-Amikaro qui les intègre donc ici sous la Licence de documentation libre GNU.


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