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La littérature prolétarienne est, avec la littérature populiste et le réalisme socialiste, l'un des principaux courants littéraires qui, à partir des années 20, entreprit d'envisager la littérature sous l'angle d'une sorte de défense et d'illustration du monde ouvrier.
Ce courant apparaît avec Pierre
Hamp qui, en une trentaine de livres, évoque très largement les métiers les plus difficiles. Force est de constater que ses
ouvrages relèvent au moins tout autant de l'ethnologie que de la littérature. À partir de 1913, Marcel Martinet alors directeur
littéraire de l'Humanité (il l'est de 1921 à 1934) rejoint les positions
de Jean-Richard Bloch
à la tête de l'Effort libre. Tous deux se montrent très favorables à la notion d'art prolétarien. Ensemble, ils
soutiennent Henry Poulaille
alors manoeuvre et Tristan
Rémy, employé des chemins de fer.
La question est de permettre à l'expression ouvrière d'échapper à la domination des intellectuels et aux ouvriers de se regrouper au sein d'un nouveau groupe. À ce sujet, Tristan Rémy parle en 1932 de "vie du prolétariat racontée par des auteurs qui sortent de ses rangs" ce à quoi Paul Nizan répondra que la littérature "écrite par des prolétaires, sur des prolétaires, et que lisent les prolétaires, n'est pas nécaissairement révolutionnaire [...]. Il faut que Poulaille saisisse enfin que l'appartenance au prolétariat n'est pas un titre de noblesse"
À partir des années 30, ce mouvement fut en très nette perte de vitesse : Eugène Dabit, après avoir reçu le prix populiste pour Hôtel du Nord, se démarqua d'eux et Tristan Rémy s'éloigna de Poulaille en 1933 pour se rapprocher du cercle de la revue Commune versant plus volontiers dans le réalisme socialiste.


