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Littérature russe


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Littérature vieux-russe

La littérature vieux-russe se constitue de rares ouvrages écrits en vieux-russe (à ne pas confondre avec le slavon d'Église) comme l'anonyme Dit de la campagne d'Igor (Слово о Полку Игореве). Les bylines, épopées orales, ont mélangé les tradition païennes et chrétiennes. L'influence de la littérature byzantine se fait sentir.

La littérature médiévale russe est écrite en slavon avec une très forte thématique religieuse. Le premier ouvrage en russe courant, l'autobiographie de l'archevêque Avvakoum, ne voit le jour que vers le milieu du XVIIème siècle.

Littérature russe moderne

Sous l'influence de Pierre Ier le Grand, le pays s'occidentalise ; l'usage du russe est facilité par la réforme de l'alphabet et s'en voit donc démocratisé. De plus l'idée d'utiliser une langue profane pour la littérature se trouve plus grandement accéptée. Des auteurs comme Dmitri Kantemir, Vasily Trediakovski, et Mikhaïl Lomonossov au début du XVIIIème siècle forment la première vague littéraire russe. En poésie Derjavine, en prose Karamzine et Radichtchev, au théâtre Soumarokov et Fonvizine défrichent des genres littéraires pour l'instant inexistants.

Le romantisme, au début du XIXe siècle voit l'eclosion d'une génération talentueuse avec Vasili Joukovski mais surtout Alexandre Pouchkine et Mikhaïl Lermontov.

Ce siècle sera le siècle d'or de la littérature russe et plus particulièrement du roman avec Dostoïevski, Gogol, Goncharov, Leskov, Saltykov-Chtchédrine, Tolstoï, Tourguéniev. Parallèlement les autres domaines littéraires se développent aussi avec le fabuliste Ivan Krylov, les poètes Evguéni Baratynski, Konstantin Batyouchkov, Alexandre Nekrasov, Alexeï Konstantinovich Tolstoï, Fédor Tyoutchev et Afanasi Fet, le collectif satirique Kosma Prutkov. Anton Tchekhov développe à la fois une œuvre théâtrale essentielle mais aussi tout un registre d'histoires très courtes qui en fait un des auteurs russophone les plus marquants.

Le début du XXe siècle voit une vive activité dans le champ poétique avec l'éclosion de beaucoup de tendances telles le symbolisme puis l'acméisme et le futurisme. De nombreux poètes participent à ce nouvel âge d'or : Anna Akhmatova, Innocent Annenski, Andreï Bély, Alexandre Blok, Valéry Bryousov, Marina Tsvétaéva, Sergeï Essenine ,Nikolaï Goumiliev, Daniil Kharms, Vélimir Khlebnikov ,Ossip Mandelstam, Vladimir Maïakovski, Boris Pasternak, Fédor Sologoub ou Maximilien Voloshine.

Littérature soviétique russophone

La mise en place de l'URSS et de son régime socialiste va pousser en avant la tendance du socialisme réél dans la littérature nationale. Cette doctrine littéraire est simple, il s'agit d'utiliser le talent des écrivains pour vanter les mérites et les réussites du régime ainsi qu'à expliquer la propagande officielle. Le régime s'occupe d'organiser la vie littéraire et l'orientation des thèmes via l'Union des Ecrivains qui relève directement du commissaire politique Jdanov. Très rapidement les écrivains réfractaires seront contraints à l'exil, à la prison au camp ou tout simplement exécutés comme Nikolaï Goumiliev ou Ossip Mandelstam. Le poète futuriste Vladimir Maïakovski, Marina Tsvétaéva choisiront le suicide. Malgré la politique littéraire officielle, certains auteurs comme Mikhaïl Boulgakov, Boris Pasternak, Andreï Platonov, Ossip Mandelstam, Isaak Babel ou Vassili Grossman continuent leur travail de romancier de manière clandestine en espérant être publiés de manière posthume ou à travers le régime des samizdat (publications artisanales clandéstines). Les frères Serapion insistent sur leur droit de créér une littérature apolitique sans ingérence du gouvernement mais cela leur est refusé. L'art expérimental des Oberiouts est aussi interdit.

Les auteurs en exil comme le prix Nobel Ivan Bounine, Alexandre Kouprine, Andreï Bély, ou Vladimir Nabokov réussissent à vivre de leur travail, gardent leur liberté créatrice mais ne peuvent atteindre leur public, le public russophone que par samizdat.

Dans l'URSS d'après Staline, le socialisme réél reste le seul style littéraire autorisé mais les auteurs publiant sous samizdat ont plus de libertés. Surtout les auteurs peuvent vivre de leur travail et craignent moins la répression et l'internement. Le prix Nobel Alexandre Soljenitsine peut même (par samizdat) parler des goulag. Nikolaï Boulgakov et Varlam Chalamov sont publiés officiellement sous Khrouchtchev. Vénédict Erofeiev continue son travail de publication par samizdat.

Dans la période de déclin de l'empire soviétique, les russes émigrés reçoivent en Occident une reconnaissance assez forte tels le prix Nobel Joseph Brodsky ou le nouveliste Dovlatov. Leur œuvre n'est alors connue en URSS que par samizdat.


Littérature russe contemporaine

À la fin du vingtième siècle, la littérature russe doit passer une phase délicate : celle de la renaissance, par-delà le sel semé par des décennies de communisme. Les besoins de cette période sont de deux types : former et découvrir de nouveaux talents et créér une économie de l'édition en Russie. Les maisons d'édition trouvent de l'argent pour se développer en vendant des romans de piètre qualité littéraire. Peu d'écrivains, comme Victor Pelevine ou Vladimir Sorokine sortent du lot. Les maisons d'édition publient peu des œuvres éouffées sous la période communiste ou connues par samizdat.

La poule aux œufs d'or de l'édition russe est, comme partout ailleurs, la littérature policière. Les polars empreints d'ironie de Daria Dontsova connaissent un grand succès. Les 50 romans policiers qu'elle a pour l'instant écrits se sont vendus à des millions d'exemplaires et sont traduits dans plusieurs pays européens.

Au début du vingt-et-unième siècle la demande du public russe s'est fortement accrue, en qualité comme en quantité. En conséquence, l'économie de l'édition russe est obligée de fournir ses clients en cherchant et rémunérant de nouveaux talents littéraires. Le nombre de maisons d'édition et les tirages augmentent.

Certains critiques littéraires ont vu dans le roman « Une Saga moscovite » (en russe Moskovskaya saga )de Vassili Axionov un nouveau Docteur Jivago, une épopée russe racontant la survie pénible de la famille Gradov sous le stalinisme.

Un certain nombre d'écrivains russes sont désormais populaires en Europe occidentale et en Amérique du Nord, telles Tatiana Tolstaïa ou Lïoudmila Oulitskaïa. Les polars de Boris Akounine avec son personnage fétiche Eraste Fandorine sont publiés en Europe et en Amérique du Nord. Alexandra Marinina, la plus grande écrivain de roman policiers en Russie a réussi à exporter ses livres en Europe et a bénéficié d'un grand succès en Allemagne.

La littérature plus traditionnelle trouve aussi un nouvel essor avec des auteurs venus de régions éloignées comme Nina Gorlanova de Perm avec ses histoires sur les difficultés quotidiennes et les joies de l'intelligentsia provinciale ou encore Youri Rytkhéou de Tchoukotka qui raconte les problèmes identidaires des Tchouktches.

Sources

Liens

Quelques ressources en ligne (dont bibliothèques russes virtuelles)

Voir aussi



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