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Un logogramme (du grec λόγος, « parole », ici « mot »,
et γράμμα, « caractère, lettre ») est un unique graphème notant un
lemme entier et non seulement une partie de ses
phonèmes. Dans la majorité des cas, rien n'indique, dans un logogramme, son
signifiant (comment il doit être prononcé). En d'autres termes, c'est un signe
unique écrit qui représente un mot complet, indépendamment de la langue.
Un logogramme notant un élément abstrait de la réalité (comme une notion, un morphème ou un lemme) est un idéogramme. Celui qui représente directement, en le dessinant, un élément concret de la réalité est un pictogramme. Logogramme ne doit pas être confondu avec logotype.
Les langues occidentales à alphabet latin ont une très faible part de logogrammes dans leur écriture. Pourtant, parmi les quelques logogrammes utilisés, certains sont d'un emploi très courant.
C'est le cas des chiffres dits « arabes », par exemple. En effet, si l'on prend le logogramme 1, celui-ci correspond dans chaque langue à un signifiant différent. Ces chiffres étant, de plus, utilisés maintenant presque partout dans le monde, le nombre de signifiants que 1 peut représenter est très important :
De plus, dans une suite de logogrammes comme 10, 1 ne se lit plus un, one, etc. mais l'ensemble se dit, dans le même ordre, dix, ten, diez, عَشْرَة ʿašraʰ, jū, etc.
Outre les chiffres, d'autres logogrammes sont célèbres :
Les logogrammes ont cette caractéristique qu'ils permettent une grande intercompréhension écrite : un prix écrit par un Polonais restera compréhensible à un Basque sans qu'il puisse forcément le prononcer en polonais.
En outre, les sinogrammes (donc, aussi, kanji et hanja) reposent principalement sur le système logographique : l'intercompréhension écrite reste donc possible, à divers degrés, entre locuteurs de langues très différentes, comme le japonais ou le mandarin. Un Chinois lira, par exemple, le caractère 貓 māo tandis qu'il représentera neko pour un Japonais. Tous deux comprendront « chat ». On conçoit qu'une écriture logographique implique un grand nombre de graphèmes différents pour représenter tous les lemmes du lexique (dans les faits, il est faux de penser qu'à chaque lemme corresponde un caractère unique ; l'article sur les sinogrammes explique pourquoi).
La principale difficulté de ces écritures, du reste, est que face à un caractère inconnu, un lecteur n'est capable d'en deviner ni le sens ni la prononciation, alors qu'avec un alphabet il est possible, au moyen d'un nombre limité de signes, de déchiffrer tous les mots, de relier leur graphie à un signifiant lequel appellera un signifié. Il n'y a pas besoin d'apprendre spécifiquement à lire et écrire le mot chat ; l'inverse est faux avec 貓 : jusqu'à ce qu'il ait été appris, il reste illisible.


