Page d'accueil encyclopedie-enligne.com en page d'accueil
Liste Articles: [0-A] [A-C] [C-F] [F-J] [J-M] [M-P] [P-S] [S-Z] | Liste Catégories | Une page au hasard | Pages liées

Lutte contre l'incendie


La lutte contre l'incendie est du domaine des sapeurs-pompiers. Toutefois, en présence d'un feu naissant, toute personne devrait savoir prendre des mesures afin d'éviter l'extension du sinistre : s'il suffit d'un dé à coudre d'eau pour éteindre une allumette, il faut plusieurs milliers de litres pour éteindre l'incendie de maison que déclenche l'allumette.

La lutte contre l'incendie consiste dans un premier temps à priver le feu d'un des deux éléments suivant du triangle du feu :

Une fois le feu éteint, il convient de supprimer le troisième côté du triangle pour éviter une reprise : la chaleur, en procédant au refroidissement de la partie ayant brûlée et des objets alentours.

Sommaire

Moyens d'extinction

La première méthode pour éteindre un feu consiste à supprimer le combustible, par exemple couper l'arrivée de gaz pour un feu de gaz, éloigner les objets inflammables d'une source de chaleur.

Sur la flamme elle-même, le moyen d'extinction le plus connu est l'eau : au contact de la chaleur, l'eau se vaporise, et la vapeur d'eau ainsi crée chasse l'air (la vapeur occupe 1 700 plus de place que le volume d'eau qui a servi à sa génération), privant le feu de comburant.

Une fois le feu éteint, l'eau participe au refroidissement (la vaporisation absorbe la chaleur) : la montée en température de l'eau (passage d'une eau à 15 °C à une eau à 100 °C) consomme beaucoup d'énergie. Mais le passage d'un état à l'autre (vaporisation) consomme encore plus d'énergie (plus de 6 fois plus que la montée en température). On empêche ainsi le feu de reprendre.

L'extinction est donc une combinaison de l'« étouffement » par la vapeur et du refroidissement.

Une méthode, visant à générer de la vapeur pour « repousser » le comburant, était utilisée dans les années 1960/70 par le biais de l'attaque dite « indirecte », visant à arroser les murs, chauds. Cette méthode est désormais abandonnée car elle provoquait une surpression importante dans le local, un effet de piston dangereux pour les intervenants et une propagation du sinistre aux locaux adjacents.

Actuellement, c'est directement le foyer qui est arrosé : l'effet de refroidissement suit immédiatement l'effet « étouffement » dela vapeur, ce qui réduit la quantité d'eau consommée, donc la vapeur générée, donc le risque évoque ci-dessus.

Une idée très répandue est que c'est le refroidissement qui éteint en priorité le feu. On peut se convaincre du contraire en craquant un allumette et en la mettant au-dessus d'une casserole d'eau bouillante : l'allumette brûle dans l'air froid mais s'éteit dans la vapeur chaude.

Certains produits réagissent violemment avec l'eau (comme les acides ou le sodium), et d'autres produits flottent sur l'eau comme l'huile ou l'essence ; sur de tels feux, l'eau a un effet néfaste. Il faut donc soit utiliser des produits chimiques pour neutraliser la combustion (qui n'est après tout qu'une réaction chimique), soit étouffer les flammes :

Si les vêtements d'une personne prennent feu, celle-ci va en général paniquer et se mettre à courir ; or, le vent ainsi réé va attiser les flammes. Il faut donc arrêter la personne, la mettre à terre et la rouler sur le sol (les anglais utilisent l'expression stop, drop and roll), et si possible la rouler dans une couverture. L'utilisation d'un extincteur est à proscrire en raison des risque chimiques pour la victime.

S'il n'est pas possible d'éteindre le feu, il faut :

Lors de l'évacuation, il convient :

Procédure des sapeurs-pompiers français

L'équipage d'un véhicule d'incendie (FPT ou FPTL) est décomposé en binômes (avant 2000, il était décomposé en trinômes chef/sous-chef/servant). Certains binômes sont affectés à l'exploration des lieux et à l'attaque du feu, ce sont les « binômes d'attaque » (BAT). Certains sont là pour s'assurer que les lances sont toujours alimentées en eau, et sont prêts à intervenir en renfort des binômes d'attaque, ce sont les binômes d'alimentation (BAL). L'équipage comporte également un chef d'agrés, chargé d'évaluer le sinistre, de définir la stratégie d'intervention et de coordonner les binômes, ainsi que le chauffeur, qui doit s'assurer que la citerne du camion est en permanence alimentée.

La première priorité, dans un incendie, est la protection des personnes et leur mise en sécurité (évacuation d'un bâtiment, dégagement d'urgence d'un véhicule). La deuxième est l'évaluation du sinistre : où se trouve le foyer — ce n'est pas forcément évident dans un local clos envahi par la fumée, il faut dans certains cas utiliser une caméra thermique (qui détecte les rayonnements infrarouges) —, quels sont les risques spécifiques (produits chimiques, risques électriques...), quels sont les risques de propagation (ouvertures, gaines traversant les murs et les plafonds).

La première étape est donc l'exploration des lieux, ou « reconnaissance », faite par le chef d'agrés et un (ou deux) binôme(s) avec l'utilisation de leur appareil respiratoire isolant (ARI). Lors de cette exploration, les sapeurs-pompiers assurent l'évacuation des fumées chaudes soit en actionnant les trappes prévues à cet effet, soit en pratiquant des ouvertures hautes (par exemple briser les vitres du dernier étage), ceci afin d'éviter un surincendie ou une explosion lié à la chaleur des fumées ; une ventilation forcée (ventilateur) peut être mise en place. La police participe à l'évacuation des bâtiments.

L'extinction d'un feu se fait typiquement avec de l'eau. En effet, l'eau se vaporise avec la chaleur du feu, la vapeur d'eau chasse alors l'air qui ne peut plus alimenter la combustion. L'eau refroidit par ailleurs le combustible. Ces deux phénomènes rompent le triangle du feu.

Il y a cependant des exceptions :

Dans ces cas-là, on utilise de la mousse : on recouvre le produit enflammé de mousse, qui empêche l'air d'arriver. La mousse se fabrique en introduisant un émulseur dans l'eau. Sur les camions citerne transportant des matières dangereuses (TMD), l'identification du produit transporté se fait grâce aux codes inscrits sur les plaques orange fixées à l'avant et à l'arrière du véhicule.

Après établissement des lances (déroulement des tuyaux assurant l'alimentation en eau depuis le camion, raccordement des divisions permettant de brancher plusieurs tuyaux, raccordement des lances sur les tuyaux), les binômes d'attaque procèdent à l'arrosage de la base des flammes.

Les lances permettent d'avoir deux types de débit, le jet diffus et le jet bâton. Le jet diffus forme un nuage de gouttelettes qui fait un écran contre la chaleur et contre les émanations toxiques ; il est utilisé pour la progression (le binôme s'avance vers le foyer en se protégeant), et comme protection (en cas d'explosion ou pour éviter le diffusion d'un nuage toxique vers des personnes). Le jet bâton est un jet quasi cylindrique, qui sert à l'extinction des feux.

Feu en lieu clos

Les accident les plus redoutés pour les lieux clos sont l'embrasement généralisé éclair (flash-over) et l'explosion de fumées (backdraft). Pour éviter ces phénomènes, les sapeurs-pompiers respectent le TOOTEM :

Feu de véhicule

Pour les feux de véhicule, l'accident le plus redouté est l'ébullition-explosion (bleve) d'un réservoir de GPL (gaz de pétrole liquéfié).

Jusqu'en 1998, les sapeurs-pompiers français pouvaient vous le jurer, une voiture en feu n'avait jamais explosé (contrairement à ce que l'on voyait dans les films). L'extinction se faisait d'ailleurs en s'approchant à quelques mètres à peine. Cet excès de confiance à causé un accident grave : l'ébullition-explosion d'un réservoir de GPL qui n'était pas muni d'une soupape de sécurité (ancien modèle) ou bien d'une soupape défectueuse.

Pour les véhicules de moins de 3,5 t (voitures de tourisme), le réservoir de GPL fait 150 L (le remplissage est limité à 80 %). La résistance du réservoir est de 80 bars, la soupape de sécurité s'ouvre vers 25 bars. Dans ces conditions, l'incendie de la voiture peut créer une ébullition-explosion avec :

Désormais, lors de l'intervention, les sapeurs-pompiers doivent créer un périmètre de sécurité de 50 m, le véhicule d'intervention devant être stationné à 80 m ; l'extinction se fera en se protégeant derrière un obstacle (par exemple un coin de mur, un autre véhicule), puis une fois le feu éteint, il faut pratiquer un refroidissement long de la tôle sans viser directement le réservoir pour éviter une rupture par choc thermique ; l'approche se fera par l'avant du véhicule (pour être protégé du réservoir). (Note de la Direction des défense et sécurité civiles française du 5 février 1999).

Liens externes

Voir aussi



This site support the Wikimedia Foundation. This Article originally from Wikipedia. All text is available under the terms of the GNU Free Documentation License Page HistoryOriginal ArticleWikipedia