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Mahmûd de Ghaznî


Mahmûd de Ghaznî - Yamîn ul-Daulâ Abd ul-Qasim Mahmûd Ibn Subuktigîn - (2 octobre 971 - 30 avril 1030) fut le dirigeant de l'Empire ghaznévide de 997 jusqu'à sa mort.

En 994, Mahmûd est fait gouverneur de Khorâsan, avec le titre de Saïf ud-Daulâ - épée de l'état. Deux ans plus tard, son père Subuktigîn meurt dans la région de Balkh, ayant déclaré son deuxième fils, Ismail, comme son successeur. Dès qu'Ismail est intrônisé à Balkh, Mahmûd, qui est alors à Nishapur, prend contactavec lui en termes amicaux et lui propose une division des territoires possédés par leur père à sa mort. Ismail qui rejette sa proposition est aussitôt attaqué par son frère et défait. Il est alors ramené à Ghaznî où il est emprisonné et Mahmûd règne maintenant sans partage sur Khorâsan et de Ghaznî (997).

Durant les deux premières années de son règne, Mahmûd consolide sa position dans Ghaznî. Bien que dirigeant d'un état indépendant, Mahmûd fait une allégeance de forme au calife abbasside de Bagdad qui, en retour, l'encourage dans ses conquêtes et le légitime comme gouverneur des terres conquises. La tradition dit que Mahmûd avait fait le vœu de piller l'Inde une fois l'an et de réciter un verset du Coran après chaque destruction de temple. De fait, il y mène dix-sept campagnes de pillage, la première importante en 1001, la dernière en 1026. Ces premières expéditions ciblent le Penjab et l'Inde du nord-est, tandis que la dernière atteint Somnâth sur la côte sud du Kâthiâwar dans le Goujerat.

Son principal ennemi est Jaipâl - ou Jayapâla Shâhî - râja de Lâhore et de Kaboul, chassé par le père de Mahmûd de cette dernière ville et qui règne alors sur le Penjab. En 1001, Mahmûd marche sur l'Inde à la tête de 15 000 cavaliers, Jaipâl le rencontre avec 12 000 cavaliers, 30 000 fantassins et 300 éléphants de guerre. Lors de la bataille, près de Peshâwar, les Indiens, bien que supérieurs en nombre et équipement, tombent sous les coups de la cavalerie arabe, laissant 15 000 victimes sur le champ de bataille. Jaipâl et 15 de ses proches ou officiers sont capturés puis libérés, mais le râja, qui ne supporte pas la défaite, abdique en faveur de son fils Ânandapâla et monte sur son bûcher funéraire qu'il aurait lui-même allumé.

Ânandapâla lance alors un appel à l'aide aux autres râjas indiens, et en 1008, une grande armée est levée. Les deux combattants se retrouvent entre Und et Peshâwar et se font face durant 40 jours. Mahmûd réussit finalement à forcer Ânandapâla à l'attaquer. La bataille un moment incertaine, tourne à son désavantage, lorsque l'éléphant d'Ânandapâla, soudainement affolé, fait demi-tour et échappe à tout contrôle. Les troupes indiennes, croyant leur chef en fuite, se débandent, abandonnant un champ de bataille couvert de leurs morts. Rien ne résistera plus à Mahmûd dans ses campagnes de pillage.

De retour avec un immense butin et le Penjab annexé, Mahmûd transforme Ghaznî en un grand centre d'art et de culture qui accueille un grand nombre d'artistes, parmi lesquels Fîrdûsî, Farabî et al-Bîrûnî. Il fonde une université, trace des jardins et construit mosquées et palais.

En 1018, il pille Kanauj et Mathurâ et ramène plus de cinquante mille captifs, ce qui cause l'effondrement des cours sur le marché aux esclaves de Ghaznî. En 1021-1022, il abat la puissance des Chandelâ. Mahmûd effectue sa dernière expédition en 1024-1026, un expédition restée célèbre par l'ampleur de ses destructions. Il détruit les temples d'Ajmer, puis prend la direction du riche Goujerat qu'il n'a pas encore mis à sac. Il redescend sur la côte méridionale du Kâthiâwar le long de la mer d'Oman, attaque la ville sainte de Somnâth qui se défend chèrement, et la rase ainsi que son temple dédié à Shiva, un des plus importants de l'Inde où officie un millier de brahmanes et qui entretient trois cents musiciens et danseurs.

Mahmûd passent les dernières années de sa vie à combattre des tribus venant de l'Asie centrale qui menacent son empire. Jamais, il ne considéra l'Inde comme une terre de conquête, il n'y voyait qu'une réserve de pillage. À la fin de sa vie, il ne reste plus guère de temples debouts dans les villes de Vârânasî, Mathurâ, Ujjain, Maheshwar, Jwalamukhi, et Dvârakâ. À sa mort, causée par la malaria, les Ghaznévides entrent dans une lente décadence.



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Chronologie

Citation

D'après l'historien Edmund Bosworth : « Mahmud manipule la religion de sang-froid. Son sunnisme cautionne l'agression et justifie les pillages. Mais ce n'est pas un fanatique. »

Voir aussi

Source

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