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Pendant la période mérovingienne, le maire du palais (du latin major : le plus important, le principal, étant sous-entendu qu'on parle de serviteurs) était l'intendant principal du roi (son « majordome »). Cette fonction était souvent transmise de père en fils.
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Tout au long de cette période, on vit l'avènement de la famille des Pépinides (descendants de Pépin de Herstal), qui donna naissance à la dynastie carolingienne.
Leur pouvoir de maires du palais alla en s'accroissant continuellement. Peu à peu, ils dirigèrent le royaume à la place du souverain.
Dagobert Ier, conscient de la menace qu'ils représentaient, se sépara du maire Pépin de Landen afin de reprendre personnellement le pouvoir. Mais à sa mort, le royaume retomba définitivement aux mains des maires pépinnides : les souverains descendants de Dagobert Ier, souvent très jeunes et d'une espérance de vie très courte, ne pouvaient régner sans l'aide des maires du palais. Ceux-ci profitèrent de la situation pour accroître encore leur puissance et diriger le pays à la place des souverains : ils nommaient les évêques, les comtes et les ducs, signaient les accords avec les pays voisins, décidaient et menaient les campagnes militaires...
En fin de compte, le souverain n'avait plus aucune fonction, d'où le nom de « rois fainéants » (fait néant) que l'on attribue aux souverains descendants de Dagobert Ier.
Finalement, le dernier roi mérovingien, Childéric III, sera enfermé dans un monastère par Pépin le Bref (751). Pépin demandera alors au pape Zacharie de le reconnaître comme souverain du royaume franc. Il sera proclamé roi en 751, puis sacré à Saint-Denis en 754. Ainsi naissait la dynastie carolingienne.
La charge de maire du palais d'Austrasie fut surtout occupée par les Pépinides.
De nombreux cas similaires de dévolution du pouvoir de la dynastie « légitime » à une dynastie de serviteurs sont observés dans l'histoire. Les plus connus, parce que s'étant étalés sur une longue période de temps, outre le cas des Péppinides, sont les Peshwa des Marathes et les shoguns au Japon.
On observe ainsi que c'est d'abord le pouvoir effectif que ces serviteurs obtiennent, pouvoir qu'ils exercent officiellement pour le compte du titulaire. Celui-ci ne conserve que les fonctions de représentation, une fiction de pouvoir. Ces serviteurs ne manipulent pas leur roi, ne l'asservissent pas non plus en le forçant à signer ce qu'ils veulent : c'est (presque) légalement qu'ils ont obtenu le droit de décider à la place du roi en lui ôtant jusqu'au pouvoir de les désigner. Ils font écran entre le roi et le peuple, comme un prêtre s'interpose entre le dieu et les fidèles. Puis, finalement, ils peuvent totalement évincer la dynastie précédente, soit par un coup de force, soit en utilisant et détournant les mécanismes « légaux » (notamment par une stratégie matrimoniale : le mariage forcé des filles de la dynastie originale avec leurs fils et l'extinction des autres branches).


