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Le paludisme (du latin palus, paludis, marais), appelé aussi malaria (de l'italien mal'aria, mauvais air), est une parasitose due à un protozoaire transmise par la piqûre d'un moustique, provoquant des fièvres intermittentes. Il est la cause d'environ deux millions de décès chaque année dans le monde, principalement dans les régions tropicales et en Afrique sub-saharienne (voir les pays à risques).
La cause de la maladie a été découverte le 6 novembre 1880 à l'hôpital militaire de Constantine (Algérie) par un médecin de l'armée française, Alphonse Laveran, qui reçut le prix Nobel de médecine et de physiologie en 1907. C'est en 1897 que le médecin anglais Ronald Ross prouva que les moustiques étaient les vecteurs de la malaria.
Le parasite Plasmodium (surtout P. falciparum et P. vivax, plus rarement P. ovale et P. malariae) est transmis par la piqûre de la femelle d'un moustique appelé anophèle (genre Anopheles), qui se reproduit dans les zones marécageuses. Le parasite sévit, à l'état endémique et infecte les cellules hépatiques de la victime puis circule dans le sang.
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Lors d’un repas de sang, le moustique injecte le parasite à l'homme. Le parasite est alors sous la forme d'un sporozoïte. Il circule dans le sang pour pénétrer dans le foie une heure après. Dans le foie, le parasite se multiplie par divisions cellulaires pendant 10 à 15 jours. Cette phase va aussi permettre au parasite de survivre longtemps dans l'organisme, alors qu'il aura disparu du sang. C'est ce qui explique les rechutes à longue échéance pour deux Plasmodium : P. vivax et P. malariae.
Quand ils se libèrent du foie, ils ont changé de forme et deviennent des mérozoïtes. Ceux-ci circulent dans le sang et vont infecter les globules rouges. Ils se nourrissent de l'hémoglobine et se multiplient. Puis ils se libèrent en faisant éclater les hématies. Ce sont ces éclatements brutaux et synchrones qui sont à l'origine des accès de fièvre. Le temps qui s'est écoulé entre la pénétration d'un parasite dans un globule rouge et l'éclatement de celui-ci lors de la sortie des parasites est de 72 heures pour Plasmodium vivax et P. falciparum (fièvre tierce) et de 96 heures pour P. malariae (fièvre quarte). La destruction de ces cellules provoque une anémie et dans le cas du paludisme cérébral, la mort intervient à la suite d'une obstruction des vaisseaux sanguins du cerveau par les globules rouges infectées.
Les mérozoïtes libérés vont parasiter d'autres globules rouges et le cycle asexué continue.
Après quelques cycles asexués apparaissent des parasites de forme spéciale, les gamétocytes qui restent dans le sang périphérique, ce sont des formes sexuées produites par le Plasmodium.
Les parasites lors de cette phase n'ont aucune chance de survie dans l'homme. Ils restent vivants jusqu'à 20 jours puis disparaissent. Ils ne pourront poursuivre leur évolution que chez le moustique. A ce moment si une anophèle pique une personne malade, elle absorbe des gamétocytes contenu dans le sang.
Après une quinzaine de jours, suite à un séjour dans une zone à risques : fatigue générale, tremblements, perte d'appétit, vertiges, frissons, spasmes.
La crise de paludisme est caractérisée par des accès fébriles, avec une fièvre à plus de 40°C avec frissons suivis d'une chute de température accompagnée de sueurs abondantes et d'une sensation de froid. La crise correspond au réveil des parasites et peut se manifester tous les trois à quatre jours.
Lorsque les crises se répètent pendant plusieurs années, elles peuvent dégénérer, entraînant une grande fatigue permanente, une anémie, une jaunisse, un grossissement puis un éclatement de la rate.
Le diagnostic de certitude repose sur la mise en évidence du parasite dans le sang, par frottis sanguin ou goutte épaisse.
Trois espèces de plasmodium sont pathogènes pour l'homme, mais différenciées par leur répartition géographique et par leur effet pathologique :
La maladie se traduit essentiellement par une fièvre intermittente. Le traitement et la prophylaxie individuelle font appel aux dérivés de la quinine.
Il n'existe aucun vaccin contre le paludisme, l'unique moyen de lutter est une bonne prévention (prophylaxie), passant par un schéma thérapeutique à respecter. La prévention passe aussi par la lutte contre les anophèles : insecticides, assainissement des zones marécageuses, lutte biologique.
Si la malaria est diagnostiquée rapidement, elle peut être traitée par la quinine (depuis le XVIIe siècle). On utilise maintenant quinacrine, chloroquine et primaquine, réduisant ainsi le besoin de quinine.
Certaines formes du Plasmodium ont développé des résistances à ces médicaments, ce qui complique le traitement. En Afrique de l'Ouest, où les vagues de malaria sont particulièrement virulentes, le Lariam est maintenant recommandé malgré ses effets secondaires.
Des recherches portant sur l'Artemisia ont abouti à la synthèse d'une molécule bon marché à laquelle aucune résistance n'est connue : l'OZ 277. Un traitement à grande échelle devient envisageable.
La prise de médicaments antipaludéens, même en respectant un schéma thérapeutique correct, ne suffit pas à protéger à 100 % contre le risque de paludisme. Il faut aussi se protéger des moustiques, les empêcher de rentrer en contact avec leurs victimes, afin d'éviter la piqûre de l'insecte.
L'utilisation de produits anti-insectes (tel le DEET) et de moustiquaires réduit les risques d'infection, mais la chimio-prophylaxie reste indispensable (Nivaquine, Savarine, Lariam, Malarone).
Selon un rapport français du Centre national de référence pour l'épidémiologie du paludisme d'importation et autochtone, à partir d'une étude portant sur les 8 000 Français ayant contracté la maladie en l'an 2000, près de la moitié n'avait eu recours à aucune prophylaxie.
En 2002, seuls 10 % des voyageurs français, en déplacement dans une zone à risque, ont suivi un schéma thérapeutique correct. En 1990, ce pourcentage était à un tiers, cela explique, en partie, la forte recrudescence des cas de paludisme en France, cas atypique en Europe, où dans les autres pays, la progression est stable ou en régression.
En Inde, les Veda font état des fièvres paludiques et les médecins Charaka et Sushruta en font une description et lui associent la piqûre de moustique.
La malaria n'a disparu que relativement récemment de France métropolitaine. Elle était encore présente en 1931, dans le marais poitevin, le golfe du Morbihan et en Camargue.
Elle a été éradiquée de Corse, où elle était présente dans la plaine orientale, en 1944 lorsque les troupes états-uniennes la firent disparaître en traitant massivement la zone au DDT. Elle n'y était pas présente cependant de toute éternité, inconnue du temps de la présence romaine, elle y fait son apparition accompagnant les Vandales lors de leur raids sur l'île qui connaîtra ses deux épidémies à Plasmodium vivax en 1970 (31 cas) et 1971 (19 cas). Depuis, tous les cas observés en France (1 025 cas en 1986) sont des paludismes d’importation.
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