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Henri Philippe Pétain, habituellement désigné sous la dénomination de « Maréchal Pétain » voire (pendant la Seconde Guerre mondiale) « le Maréchal », fut un militaire et homme d'État français de la première moitié du XXe siècle.
Né le 24 avril 1856 à Cauchy-à-la-Tour dans le Pas-de-Calais, il meurt le 24 juillet 1951 durant son internement sur l'île d'Yeu en Vendée, où il demeure inhumé.
Dans les années 1970 eut lieu un épisode rocambolesque : sa dépouille fut enlevée par des personnes se réclamant de sa mémoire, et désireuses d'obtenir le transfert de ses cendres au Fort de Douaumont (Verdun), près des centaines de milliers de soldats français qui y sont tombés, conformément à ses dernières volontés.
Marié sur le tard (le 14 septembre 1920) avec Eugénie Hardon, il n'a pas de descendance. Il est à noter qu'il l'avait demandée en mariage en 1901, mais que la famille avait incité la jeune femme à décliner l'offre en raison de la différence d'âge (20 ans).
En tant que chef militaire, le Maréchal Pétain reste dans les mémoires comme le vainqueur de Verdun, mais en tant que chef de l'État, son nom est associé à l'armistice de juin 1940 et au régime de Vichy qui a collaboré avec l'Allemagne nazie.
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À 58 ans, en 1914, le colonel Philippe Pétain s'apprête à prendre sa retraite après une carrière militaire un peu terne. Ses origines paysannes sont modestes et son passage à Saint-Cyr, à partir de 1876, sans éclat. Quelques garnisons secondaires, aucune des campagnes coloniales et, en 1904, un modeste poste de professeur adjoint à l'École de Guerre où il se distingue cependant par des idées tactiques originales qui déplaisent d'ailleurs à Foch.
Humiliés par la défaite de 1870, déshonorés par l'affaire Dreyfus, les états-majors se montrent volontiers bravaches et revanchards. On y prône la guerre à outrance. Pétain, lui, préconise la prudence, la défensive et la guerre de positions.
Dès le début de la guerre, à la tête d'une brigade d'infanterie, il se distingue en Belgique. Nommé général de corps d'armée, il accumule les actions d'éclat tout en se montrant soucieux d'épargner la vie de ses hommes dont il gagne le cœur. En février 1916, c'est lui qui commande les troupes françaises à Verdun et son charisme n'est pas étranger à l'issue glorieuse du combat. Désormais, aux yeux de tous il est le vainqueur de Verdun.
En 1917, le général Nivelle succède à Joffre à la tête des armées françaises. Sa négligence du sang de ses hommes et son entêtement conduisirent au désastre du Chemin des Dames le 16 avril. Sous les drapeaux, la révolte gronde. Nivelle est renvoyé et Pétain se trouve être l'homme providentiel pour lui succéder et ramener la confiance des troupes, non sans faire fusiller pour l'exemple, des soldats mutinés dans chaque division.
Après la victoire, son prestige est immense et, le 19 novembre 1918, il est élevé à la dignité de Maréchal de France, et reçoit son bâton de Maréchal le 8 décembre 1918.
En 1919, le Maréchal Pétain est élu membre de l'Académie des Sciences morales et politiques .
Le 20 juin 1929, il est élu à l'unanimité membre de l'Académie française, au 18e fauteuil, où il succède au Maréchal Foch. Le 22 janvier 1931, il est reçu par Paul Valéry, dont le discours de réception - qui retrace sa biographie - se trouve dans Variété. Le discours rappelle et développe une phrase sur laquelle insistait Pétain : le feu tue, et comporte des considérations importantes sur la façon dont la mitrailleuse a modifié durablement les conditions du combat à terre et les règles de la stratégie. Le discours rappelle aussi les désaccords de vue, dans le respect mutuel, entre Pétain et Joffre.
Le 9 février 1934, il fut nommé ministre de la Guerre dans le gouvernement Doumergue, fonction qu'il occupa jusqu'au renversement du cabinet le 8 décembre 1934.
Le 2 mars 1939, le Maréchal Pétain est nommé ambassadeur de France en Espagne. Le 20 mars 1939, il présente ses lettres de créances au général Franco, chef de l'État espagnol, résidant alors à Burgos.
Le 17 mai 1940, le Maréchal Pétain accepte sa nomination comme vice-président du Conseil dans le gouvernement Paul Reynaud, ce en quoi il ne tient pas compte des avertissements du général Franco, qui lui a déconseillé d'accepter (Franco avait refusé aussi d'engager l'Espagne aux côtés d'Hitler dans la guerre, privant Hitler du troisième front en France que souhaitait celui-ci).
Le 14 juin 1940, Paris est occupé par l'armée allemande. Le gouvernement, le Président de la République et les Assemblées sont réfugiés à Bordeaux.
Le 16 juin 1940, Paul Reynaud présente la démission du gouvernement et suggère, suivi en cela par les présidents du Sénat et de la Chambre des députés, de confier la présidence du Conseil au Maréchal Pétain, choix aussitôt approuvé par le Président de la République Albert Lebrun.
Le 17 juin 1940, suivant en cela le conseil énoncé le 12 juin par le général Weygand, chef d'état-major des Armées, le Maréchal Pétain annonce son intention de demander l'armistice, qui sera signé le 22 juin 1940 à Rethondes et approuvé par le Conseil des ministres et le Président de la République.
Le 29 juin 1940, le Gouvernement se réfugie à Vichy, en zone non occupée par l'armée allemande.
Le 10 juillet 1940, une loi constitutionnelle votée par les deux assemblées (569 voix pour, 80 contre) donne tous pouvoirs au Maréchal Pétain, et la charge de chef de l'État français, avec pour mission la promulgation d'une nouvelle Constitution qui ne verra jamais le jour, l'État français restant durant toute sa durée un État provisoire. Les 80 députés opposants estiment ce vote anticonstitutionnel et démissionnent aussitôt après celui-ci par mesure de protestation.
Du 10 juillet 1940 au 20 août 1944.
Dans l'effondrement moral où se trouve une France abasourdie, sidérée par sa défaite totale et déshonorée, elle cherche désespérément en quoi, en qui retrouver cet honneur perdu et ne trouve qu'un vieillard qu'elle va à son tour conduire au déshonneur. Dans la pire misère morale, l'espoir donné par cet homme providentiel permet de survivre. Et c'est cet espoir qui a poussé les foules à soutenir le régime du vainqueur de Verdun, et à chanter Maréchal nous voilà !
La Troisième République rendue responsable de la défaite de Juin 1940 par l'extrême-droite parlementaire et les activistes anti-républicains, leur chef de file Pierre Laval fait voter par le Parlement, le 10 juillet, les pleins pouvoirs à Philippe Pétain, qui devient chef de l'État français et en profite pour supprimer les libertés publiques, les partis politiques et les syndicats dans un régime inspiré du fascisme italien. Dès octobre 1940 et sans demande des Allemands, il exclut les juifs français de nombreuses fonctions et emplois civils.
Sur le plan de la politique extérieure, il choisit la neutralité dans la lutte contre la Grande-Bretagne mais propose une politique de collaboration avec l'Allemagne nazie. C'est l'entrevue de Montoire, le 24 octobre 1940. Hitler, qui a fait mettre en place les caméras du Reich, tend tout à trac la main à Pétain. Celui-ci, qui vient de demander la libération des prisonniers français, ne peut sur le moment que l'accepter. Cette poignée de mains de Monthoire est largement diffusée aux actualités cinématographiques et exploitée par la propagande allemande (« Êtes-vous plus Français que lui ? »). Elle lui sera reprochée fortement lors de son procès à la Libération (« Qu'aurais-je donc du faire de cette main ? Cracher dedans ? », dira-t-il ensuite à son avocat et biographe Jacques Isorni).
L'armistice permit dans un premier temps de limiter l'occupation allemande à la moitié nord et ouest du territoire. Cependant son régime entraîne la France dans une collaboration de plus en plus étroite avec l'Allemagne.
Le 2 juin 1941, il signe un décret créant un statut spécial pour les juifs. Dès le mois de juillet, Vichy livre des Français juifs, ainsi que des étrangers, à l'Allemagne. Toutefois, tant que subsista la zone non-occupée, le port de l'étoile jaune n'y a pas eu cours.
Pétain reste au pouvoir quand, à la fin de 1942, les Allemands envahissent la zone sud pour répondre au débarquement américain en Afrique du nord ce qui conduit la flotte française à se saborder à Toulon, où elle est ancrée (à l'exception de quelques bâtiments qui prennent la mer pour rejoindre les forces de la France libre). Pétain y perd beaucoup de la popularité dont il jouissait depuis 1940 et la Résistance s'intensifie malgré l'organisation de la milice de Vichy qui collabore étroitement avec les nazis.
À la fin de la guerre, le Maréchal fut emmené contre son gré en Allemagne, où s'étaient réfugiés les dignitaires de son régime.
Commencé le 23 juillet 1945, le procès du maréchal Pétain devant la Haute Cour de justice s'achève le 15 août 1945. La cour le déclare notamment coupable d'intelligence avec l'ennemi et de haute trahison, et le condamne à mort, à l'indignité nationale et à la confiscation de ses biens, assortissant toutefois cette condamnation du vœu de non-exécution de la sentence de mort, en raison de son grand âge.
Eu égard au vœu de la Haute Cour de justice et peut-être également en raison des mérites passés du Maréchal, le général de Gaulle, chef du Gouvernement provisoire de la République, commua la sentence de mort en peine en réclusion à perpétuité.
Le Maréchal Pétain fut brièvement interné au Fort du Portalet, dans les Pyrénées, du 15 août au 16 novembre 1945, date à laquelle il fut transféré au Fort de la Citadelle, sur l'île d'Yeu (Vendée). Son épouse, installée à son tour dans l'île, bénéficia d'un droit de visite quotidien.
La santé du Maréchal Pétain déclina à partir du début de l'année 1951, les moments de lucidité devenant de plus en plus rares. Eu égard à cette situation, le Conseil supérieur de la magistrature, présidé par Vincent Auriol, président de la République, en vue d'adoucir une fin prévisible, autorisa le 8 juin 1951 l'« élargissement » et la résidence « dans un établissement hospitalier ou tout autre lieu pouvant avoir ce caractère ». Le transfert dans une maison privée de Port-Joinville eut lieu le 29 juin 1951, et le Maréchal mourut paisiblement le 23 juillet 1951 et fut inhumé le surlendemain dans le cimetière marin de l'île d'Yeu.
Il est évident que sa stature de héros a cautionné un régime scélérat. A-t-il mesuré la portée de son geste, était-il encore en mesure de le faire à plus de quatre-vingts ans ? Quel était le contrôle qu'il pouvait exercer sur son gouvernement, quelle résistance pouvait-il opposer aux nazis ? A-t-il délibérément choisi la voie d'un sacrifice qui permettrait à la France de relever la tête un jour en tranchant la sienne ? Une petite phrase semble corroborer cette idée… : « C'est moi seul que l'Histoire jugera. » (Vichy, discours radiodiffusé du 30 octobre 1940).
Les personnages de Pétain et De Gaulle s'opposent à la manière d'une tragédie où ils ne peuvent aller que là où un destin implacable les mène. Chacun selon son devoir vers une rencontre mortelle. Héros de lumière au milieu de sa vie, le Maréchal se perdra dans la nuit de l'opprobre. Que retient-on de celui qui veillait avec soin sur la vie des soldats que l'état-major envoyait au casse-pipes avec tant de désinvolture. Lui rendra-t-on justice ; y a-t-il une justice à lui rendre ?
Voici la version donnée par De Gaulle lui-même lors d'un de ses discours :
| Prédécesseur | Page courante | Successeur |
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| Paul Reynaud (22 mars 1940-16 juin 1940) (Président du Conseil) |
Philippe Pétain (16 juin 1940-10 juillet 1940) (Président du Conseil) |
Pierre Laval (16 juillet 1940-13 décembre 1940) (titre ?) |
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Napoléon III |
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Jacques |
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