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Martine Aubry


Martine Aubry, née le 8 août 1950 à Paris (XVIIe arrondissement), est une femme politique française, membre du Parti socialiste (PS) et actuelle maire de Lille.

Son nom de jeune fille est Martine Delors. Martine Aubry est le nom de famille de son premier époux, qu'elle conserve pour ses activités d'élue et de femme politique. Du fait de son remariage son nom de famille actuel est Martine Brochen.

Biographie

Elle est la fille de Jacques Delors, ancien ministre de François Mitterrand et ancien président de la Commission européenne. Après avoir été scolarisée au couvent des oiseaux, elle est diplômé en 1972 de l'Institut d'études politiques. De 1973 à 1975, elle suit les cours de l'École nationale d'administration pour en sortir dans la promotion Léon Blum. Pendant la même période elle milite à la CFDT ; elle entre au Parti socialiste en 1974. Après l'ENA (où elle enseigne à partir de 1978), elle occupe divers postes au ministère des Affaires sociales (elle y rédige les lois Auroux) avant d'entrer à Pechiney, de 1989 à 1991, et de devenir la directrice adjointe de Jean Gandois.

En 1991, elle est nommée ministre du Travail, de l'Emploi et de la Formation professionnelle par Edith Cresson ; Pierre Bérégovoy la maintient en place. Après la victoire de la droite, elle crée la Fondation Agir contre l'exclusion (FACE) puis, en 1995, Pierre Mauroy la nomme Première adjointe de la mairie de Lille.

Pour certains, le désistement de son père pour les présidentielles est partiellement motivé par la volonté de ne pas gêner la carrière de sa fille. Lionel Jospin, qui est désigné comme candidat à sa place, la choisit comme porte-parole de sa campagne. Après sa défaite, il est élu premier secrétaire du parti et veut faire de Martine Aubry son numéro deux. Elle refuse.

Féministe, radicalement à gauche, elle voit sa réputation de femme dure et intransigeante se répandre : beaucoup des dirigeants socialistes la détestent en raisons de ses jugements impitoyables. Quand on la décrit ainsi, elle explique : « Je dis les choses en face, je ne suis pas faux cul. Mais je crois être bien moins dure que beaucoup de gens en politique. Je suis même peut-être trop sensible. » Ayant de bonnes relations avec une partie du patronat (en particulier Jean Gandois, désormais président du CNPF) tout comme au Parti communiste, elle s'entend assez mal avec les syndicats, en particulier avec Nicole Notat (elles ont un profond désaccord sur le plan Juppé).

Après la victoire de la gauche plurielle (elle est élue député du Nord), Lionel Jospin fait d'elle le ministre de l'Emploi et de la Solidarité, numéro deux du gouvernement. Elle met en place la principale promesse du Premier ministre : les 35 heures. Cette mesure, décriée par la droite et le patronat, devient très débattue. Les uns affirment que des emplois sont créés et montrent les changements induits dans la société (réduction du temps de travail), tandis que les autres affirment que la mesure mine la compétitivité de la France tout en ruinant un grand nombre de PME. Martine Aubry se voit alors reprocher d'être « passée en force » sans s'être concertée suffisamment avec les partenaires sociaux : on l'appelle parfois « la dame de fer ». Elle doit revoir ses espérances à la baisse sur le second volet de la réforme. Martine Aubry met aussi en place les emplois-jeunes et la couverture maladie universelle (CMU).

En 2001, elle quitte son ministère pour se consacrer aux élections municipales : Pierre Mauroy ne se représente pas et fait d'elle son successeur. Mise en difficulté dans des élections marquée par la chute de personnalités du PS (Jack Lang, Marylise Lebranchu, Élisabeth Guigou), elle est élue. En mars 2002, la publication d'un portrait au vitriol, La Dame des 35 heures, la fait pleurer en public. Bien placée dans les sondages, tout le monde la voit Premier ministre en cas de victoire de Lionel Jospin aux présidentielles, ce qui ne se produit pas. Depuis, elle reste relativement discrète au plan national, se consacrant à la mairie de Lille.

Elle a gardé depuis son entrée en politique le nom de son premier mari, Xavier Aubry, dont elle a divorcé. Le 20 mars 2004, elle a épousé en secondes noces l'avocat Lillois Jean-Louis Brochen.

Parcours

Réalisations



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