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En mathématiques, une matrice est un tableau rectangulaire de nombres appelés coefficients
Les matrices sont utiles pour représenter les coefficients des systèmes d'équations linéaires ou pour représenter les applications linéaires ; et dans ce dernier cas les matrices jouent le même rôle que les coordonnées d'un vecteur pour les applications linéaires.
Les lignes horizontales d'une matrice sont appelées lignes et les lignes verticales sont appelées colonnes. Une matrice qui a m lignes et n colonnes est appelée matrice de type (m, n) (ou plus brièvement une (m, n)-matrice). Par exemple la matrice suivante est une matrice de type (4, 3):

Si m = n alors la matrice est dite carrée d'ordre n.
L'ensemble des matrices à coefficients dans un corps (ou anneau) K de type (m, n) se note en
général
. L'ensemble des
matrices carrées d'ordre n se note
.
Si une matrice est à coefficients réels (resp. complexes) alors la matrice est dite réelle (resp. complexe).
Considérons une matrice A,
La matrice se note aussi de manière plus condensée A=(aij). Le coefficient de la matrice A qui se trouve à l' intersection de la ième ligne et jème colonne est appelé le coefficient d' indice i, j de la matrice A. Celui-ci s' écrit donc aij. Pour notre premier exemple, A2,3=7.
Si deux (m,n)-matrices A=(aij) et B=(bij) sont données, alors nous pouvons définir leur somme A + B comme la (m,n)-matrice (cij) obtenue en additionnant les coefficients termes à termes, i.e.,
Par exemple
Si une matrice A=(aij) et un nombre λ sont donnés, alors nous pouvons définir le produit (externe) par un scalaire λA=(cij) par
Par exemple
Ces deux opérations munissent l'ensemble
de toutes les matrices de type (m, n) à coefficients réels d'une structure
d'espace vectoriel de dimension mn.
Nous pouvons définir le produit de deux matrices à condition que le nombre de colonnes de la première matrice soit égal au nombre de lignes de la seconde matrice. Les matrices sont dites dans ce cas de types compatibles. Si A=(aij) est une (m, n)-matrice (m lignes, n colonnes) et B=(bij) est une (n, p)-matrice (n lignes, p colonnes), alors leur produit AB=(cij) est une (m, p) matrice (m lignes, p colonnes) définie par
.Par exemple
Cette multiplication a les propriétés suivantes:
Pour les autres propriétés moins courantes de la multiplication des matrices, voir multiplication des matrices.
Les matrices peuvent complètement représenter les applications linéaires en dimension finie, ... Pour toute application linéaire f : Rn → Rm il existe une unique (m,n)-matrice A telle que
Nous disons que la matrice A « représente » l'application linéaire f et est l'application canoniquement associée à f. Ici et dans la suite, nous identifierons Rn avec l'ensemble des matrices colonnes ou (n, 1)-matrices. Maintenant si la (k, m)-matrice B représente une autre application linéaire g : Rm → Rk, alors l'application linéaire g o f est représentée par la matrice BA.
Le rang d'une matrice A est la dimension de l'image de l'application linéaire canoniquement associée à A.
La transposée d'une (m,n)-matrice A=(aij) est la (n, m)-matrice tA=(a'ij) (aussi parfois notée AT ou trA) obtenue en échangeant les lignes et les colonnes, i.e.
Si A représente une application linéaire par rapport à deux bases, alors la matrice transposée tA
représente la matrice de la transposée de l'application par rapport aux bases duales, voir espace dual.
Nous avons t (A + B)= t A + t B et t (AB) = t B tA.
Une matrice carrée est une matrice dont les nombres de lignes et de colonnes sont égaux. L'ensemble de toutes les (n, n)-matrices carrées, muni de l' addition et du produit des matrices a une structure d'anneau. À moins que n = 1, cet anneau n'est pas commutatif.
l'anneau des matrices
carrées réelles, est une algèbre unitaire associative,
de même
l'anneau des
matrices carrées complexes, est une algèbre associative.
La matrice unité ou matrice identité In, avec des éléments diagonaux tous égaux à 1 et tous les autres éléments nuls, satisfait aux relations MIn=M et InN=N pour toutes (m,n)-matrices M et (n, k)-matrice N.
Par exemple, si n = 3:

La matrice unité est l'élément neutre de l'anneau des matrices carrées.
Les éléments symétrisables dans cet anneau sont appelés les matrices inversibles (ou les matrices non singulières)
Par définition une matrice d'ordre n, A est inversible si et seulement s’il existe une matrice B telle que
Dans ce cas, B est unique puisque la loi est associative et s'appelle la matrice inverse de A.
Pour calculer l'inverse d'une matrice, vous pouvez utiliser la méthode d'élimination de Gauss-Jordan.
Dans un certain sens, le rang d'une matrice mesure à quel point une matrice est proche d'être inversible.
Une valeur propre d'une matrice carrée A est un nombre γ tel que A-γIn ne soit pas inversible. Toute matrice carrée complexe possède n valeurs propres éventuellement répétées. Ce résultat n'est pas valable pour les matrices carrées réelles, celles-ci n'admettent pas toujours des valeurs propres toutes réelles; mais une matrice réelle peut être considérée comme une matrice complexe et admet n valeurs propres réelles ou complexes.
Le déterminant d'une matrice carrée A est défini la formule de Leibniz et est égal au produit des valeurs propres de la matrice.
Les matrices inversibles sont précisément celles qui ont un déterminant non nul.
L'ensemble de toutes les matrices d'ordre n inversibles forme un groupe (en particulier un groupe de Lie) pour la multiplication des matrices, appelé le groupe linéaire.
La trace d'une matrice carrée est la somme de ses éléments diagonaux, et est aussi égale à la somme de ses n valeurs propres.
Voyez le théorème des matrices inversibles, pour une liste de propriétés des matrices inversibles.
Une matrice par bloc est une matrice de matrices. Par exemple, considérons une matrice P:
Nous pouvons la découper en des sous-matrices d'ordre 2 de la manière suivante:

Cette technique de découpage des matrices est utilisée pour les calculs en développant par ligne ou colonne, a beaucoup d'applications en informatique, en particulier dans les circuits à très haute intégration (VLSI).
Certaines matrices particulières sont si importantes qu'elles portent un nom; En voici quelques exemples :

Si nous disposons d'un anneau A
alors nous pouvons considérer l'ensemble
de toutes les (m, n)-matrices à coefficients dans A. L'addition et la
multiplication de ces matrices peut être définie comme précédemment, et ont les mêmes propriétés. L'ensemble
de toutes les matrices carrées d'ordre
n sur l'anneau A, est isomorphe à l'anneau des endomorphismes du A-module Rn.
Si A est commutatif, alors
est une algèbre associative unitaire sur A. Il est alors aussi possible de définir le déterminant de matrices carrées en
utilisant la formule
de Leibniz; une matrice est inversible si et seulement si son déterminant est inversible sur A.
Les matrices sur un anneau de polynôme sont importantes dans l'étude de la théorie du contrôle.
Le polynôme caractéristique d'une matrice carré M est le determinant de M - x*Id. Les racines de ce polynôme sont les valeurs propres.
Dans la théorie des graphes, on appelle matrice d'un graphe la matrice indiquant dans la ligne i et la colonne j le nombre d'arêtes reliant le sommet i au sommet j. Dans un graphe non orienté, la matrice est symétrique. La somme des éléments d'une colonne permet de déterminer le degré d'un sommet. La matrice indique dans la ligne i et la colonne j le nombre de chemins à n arêtes joignant le sommet i au sommet j
Associée à un graphe probabiliste, on trouve aussi une matrice des probabilités.
Toute matrice carrée M d'ordre n est décomposable en une somme d'une matrice diagonalisable D et d'une matrice nilpotente N d'ordre n c-à-d dont il existe une puissance niéme dont le produit est nul.
M = D + N


