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Maurice Richard (hockey)

Joseph Henri Maurice Richard (4 août 1921 - 27 mai 2000), surnommé Maurice « Le Rocket » Richard, était un joueur de hockey professionnel.

Il est né à Montréal, Québec, Canada et a joué pour les Canadiens de Montréal de 1942 à 1960.

Maurice Richard fut le premier joueur à marquer 50 buts en une saison en 1944-45, à une époque où la Ligue nationale de hockey était constituée de six équipes disputant un calendrier de 50 parties. Il faudra attendre la saison 1960-61 pour voir un second joueur atteindre ce plateau (Bernard Geoffrion en 62 parties). Ce n'est qu'en 1980-81 que Mike Bossy deviendra le second marqueur de 50 buts en 50 parties. Il fut également le premier joueur à marquer 500 buts en carrière le 19 octobre 1957 en déjouant Glenn Hall des Blackhawks de Chicago.

Il prit part à huit conquêtes de la Coupe Stanley avec le Canadien et fut sélectionné huit fois sur la première équipe d'étoiles et six fois sur la seconde. Au cours de sa carrière il compta 544 buts, amassa 421 aides, pour 965 points en 978 parties en saison régulière. Il y ajouta 82 buts et 44 aides pour 126 points en 133 parties en séries éliminatoires. De 1943 à 1948 il fut l'ailier droit de la célèbre « Punch Line » avec Elmer Lach au centre et Hector « Toe » Blake à l'aile gauche.

Sommaire

Un héros pour ses compatriotes

Quelques faits saillants

Une multitude d'exploits sportifs allaient faire de Maurice Richard un héros plus grand que nature. Il connut une soirée de cinq buts et trois passes, alors un record de la LNH, en décembre 1944 après avoir passé la journée à déménager. Il marqua le but gagnant durant la septième partie de la demi-finale de 1952 contre les Bruins de Boston aveuglé par le sang et étourdi, suite à une perte de conscience résultant d'une collision avec un adversaire plus tôt dans le match. Il enregistra son premier but dans la LNH le 8 novembre 1942 et il marqua son 325e le 8 novembre 1952, en 10 ans jour pour jour il dépassait la marque de 324 buts, alors le record dans la Ligue Nationale, établie par Nels Stewart avant sa retraite en 1940.

Un symbole pour les francophones

Pour les Canadiens français, qui ne s'appelaient pas encore Québécois, Maurice Richard était un symbole qui dépassait le monde du sport. Phénomène de société, il représentait l'image du francophone dominant dans un monde anglophone. Malgré lui, ses exploits sportifs avaient pour plusieurs un aspect politique. Dans une société québécoise alors dominée politiquement et économiquement par des intérêts anglophones et à une époque aujourd'hui appelée La grande noirceur, il apparaissait aux yeux de beaucoup comme une sorte de revanche. Discret et timide en dehors de la patinoire, il a toujours affirmé n'être qu'un joueur de hockey qui s'efforçait de faire de son mieux à chaque match et qui ne jouait au hockey que pour l'amour de ce sport. Fougueux et têtu sur la patinoire, quelques-uns de ses gestes lui ont valu des amendes de la part de la direction de la ligue et dont ses partisans s'empressaient de payer pour lui au moyen de collectes.

L'émeute Maurice Richard

Le 13 mars 1955 à Boston, Maurice Richard en vint aux coups avec Hal Laycoe des Bruins. Un juge de ligne tenta à trois reprises de maîtriser Richard tandis que son adversaire le frappait. À la troisième tentative le Rocket se retourna et frappa l'officiel. Il reçut une punition de match pour son geste. Il s'ensuivit une enquête disciplinaire au terme de laquelle le président Clarence Campbell suspendit Maurice Richard pour le reste de la saison, soit trois parties, et pour toute la durée des séries éliminatoires. Plusieurs insinuèrent alors qu'il avait été jugé et condamné d'avance. Les Canadiens se battaient alors pour la première place au classement et Maurice Richard pour le championnat des marqueurs. Les partisans montréalais furent outragés par ce qu'ils considéraient comme une injustice commise par un président anglophone envers leur héros et leur équipe francophones. Le 17 mars, journée de la Saint-Patrick, les Canadiens se mesuraient aux Red Wings de Detroit, l'équipe qui bataillait avec eux pour la première place. Le président Campbell fut bombardé d'oeufs, de tomates et de pièces de monnaie par la foule survoltée quand il vint pour prendre possession de son siège au Forum de Montréal. Au moment où un inconnu tenta de le frapper une bombe lacrymogène explosa dans l'enceinte du bâtiment, forçant son évacuation. Aux cris de Richard le persécuté! et Insulte à la race canadienne française! les gens se mirent à fracasser les vitrines et à saccager autos et commerces sur la rue Sainte-Catherine et celles environnantes, causant pour plus de 100 000 dollars de dommage. L'émeute Maurice Richard, comme on l'a appelée, est entrée dans la mémoire collective et est perçue par plusieurs comme étant l'événement qui a mené à la Révolution tranquille. Le match fut concédé aux Red Wings par la marque de 4 à 1 après une période de jeu.

Cinq Coupes Stanley consécutives

À l'automne 1955, il eut la joie de voir son jeune frère Henri « Pocket Rocket » Richard se joindre aux Canadiens. Un an plus tard il devint capitaine de l'équipe suite à la retraite de son coéquipier Émile « Butch » Bouchard. Ses trois dernières saisons furent marquées par des blessures. Le 15 septembre 1960, après avoir marqué quatre buts et récolté trois passes lors d'un match du camp d'entraînement l'après-midi même, Maurice « Rocket » Richard annonçait sa retraite de la compétition après avoir aidé son équipe à remporter cinq Coupes Stanley consécutives, un record toujours inégalé. Il dominait alors son équipe pour les buts, les passes, les points et les minutes de punition.

Les honneurs reçus

Le 6 octobre 1960, les Canadiens retiraient son chandail, le numéro 9. En 1961, il fut intronisé au Temple de la renommée du hockey sans avoir à attendre les trois ans réglementaires après la retraite d'un joueur. Il fut fait officier de l'Ordre du Canada en 1967. En 1998, il fut fait compagnon de l'Ordre du Canada. En 1999, le Club de Hockey Canadien fit don du Trophée Maurice Richard à la Ligue nationale de hockey. Ce trophée récompense chaque année le joueur qui accumule le plus de buts en saison régulière.

Le 27 mai 2000, Maurice Richard mourait des suites d'une longue maladie. Des funérailles nationales ont eu lieu en la Basilique Notre-Dame de Montréal le 31 mai 2000 présidées par le Cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal.

Statistiques

Carrière professionnelle

    Saison Régulière   Éliminatoires
Saison Équipe Ligue Pj B A Pts PUN PJ B A Pts PUN
1942-43 Canadiens de Montréal LNH 16 5 6 11 4 - - - - -
1943-44 Canadiens de Montréal LNH 46 32 22 54 45 9 12 5 17 10
1944-45 Canadiens de Montréal LNH 50 50 23 73 46 6 6 2 8 10
1945-46 Canadiens de Montréal LNH 50 27 21 48 50 9 7 4 11 15
1946-47 Canadiens de Montréal LNH 60 45 26 71 69 10 6 5 11 44
1947-48 Canadiens de Montréal LNH 53 28 25 53 89 - - - - -
1948-49 Canadiens de Montréal LNH 59 20 18 38 110 7 2 1 3 14
1949-50 Canadiens de Montréal LNH 70 43 22 65 114 5 1 1 2 6
1950-51 Canadiens de Montréal LNH 65 42 24 66 97 11 9 4 13 13
1951-52 Canadiens de Montréal LNH 48 27 17 44 44 11 4 2 6 6
1952-53 Canadiens de Montréal LNH 70 28 33 61 112 12 7 1 8 2
1953-54 Canadiens de Montréal LNH 70 37 30 67 112 11 3 0 3 22
1954-55 Canadiens de Montréal LNH 67 38 36 74 125 - - - - -
1955-56 Canadiens de Montréal LNH 70 38 33 71 89 10 5 9 14 24
1956-57 Canadiens de Montréal LNH 63 33 29 62 74 10 8 3 11 8
1957-58 Canadiens de Montréal LNH 28 15 19 34 28 10 11 4 15 10
1958-59 Canadiens de Montréal LNH 42 17 21 38 27 4 0 0 0 2
1959-60 Canadiens de Montréal LNH 51 19 16 35 50 8 1 3 4 2
18 Saisons Total LNH 978 544 421 965 1285 133 82 44 126 188


Carrière d'entraîneur

    Saison Régulière
Saison Équipe Ligue Pj G P N P(OT) Pct Résultat
1972-73 Nordiques de Québec WHA 78 33 40 5 0 0.455 Pas fait les séries


Palmarès






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