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Dans la philosophie spéculative védique, la Mâyâ est l'illusion d'un monde physique que notre conscience considère comme la réalité. De nombreuses philosophies ou recherches spirituelles cherchent à « percer le voile » afin d'apercevoir la vérité transcendante, d'où s'écoule l'illusion d'une réalité physique.
Dans l'hindouisme, on pense que la Mâyâ est l'un des trois liens qui doivent être dénoués afin de réaliser la moksha (libération du cycle des réincarnations ou saṃsāra), les deux autres étant l'anava, l'ego ou conscience de soi, et le karma, la « loi des actes ». Le concept de Mâyâ est central dans le vedanta où il désigne l'illusion cosmique, le pouvoir de création qui engendre le monde manifesté. Le concept devient négatif dans le Bouddhisme mahâyâna, qui désigne comme Mâyâ l'absence de nature propre des phénomènes, la vacuité.
Dans le sikhisme, la Mâyâ - le monde tel qu'on le perçoit normalement - n'est pas plus tangible qu'un rêve. Comme l'affirme le gourou Granth Sahib, le livre saint du sikhisme le monde est comme un rêve, et il n'y a rien en lui qui est à vous. La Mâyâ est une tentative de réponse à certaines questions existentielles telles que : lorsque nous nous réveillons le matin d'un rêve si prégnant qu'il nous paraissait réel, quelle certitude avons-nous de n'être pas entré dans un autre rêve ? Comment peut-on envisager que ce que nous appelons « moi » corresponde seulement à l'existence provisoire d'une vie enjambant trois-quarts d'un siècle ?
On trouve une illustration moderne de la Mâyâ dans la trilogie de films de science-fiction Matrix. Tout ce que montre la matrice est considéré comme vrai, jusqu'à ce que le personnage de Néo - ou son illusion Thomas A. Anderson - se réveille et réalise que le monde où il vivait n'était qu'un songe, une fausse réalité engendrée par les machines intelligentes.
Quelques dialogues de Platon contiennent également des idées proches du concept de Mâyâ, particulièrement L'allégorie de la caverne. De même, les gnostiques de l'Antiquité concevaient un Univers illusoire et négatif, créé par un démiurge démoniaque, duquel il fallait s'extraire. Enfin, Descartes trouve une solution à l'aporie à laquelle le menait le doute concernant la réalité de ce que ses sens lui montrent du monde par le célèbre cogito.


