Médecine en Égypte antique
La médecine en Égypte antique est le fait d'un système de soins particulier, avec des médecins
spécifiquement formés et aux pratiques contrôlées, exerçant en clientèle ou dans des lieux
réservés, établissant des conclusions diagnostiques, usant de moyens thérapeutiques multiples, et toujours
en relation avec le divin.
Les connaissances sur la médecine en Égypte antique proviennent de papyrus, de
récits de savants grecs et romains, de bas reliefs, d'ostraca.
Le concept de maladie est différent :
- en Égypte antique, on ne meurt pas en bonne santé,
- la maladie est la manifestation corporelle de la prise de possession du corps du patient, œuvre d'agents surnaturels
(ennemi disposant d'une puissance magique, défunt mécontent, divinité fâchée...), .
- l'enveloppe corporelle est un élément nécessaire pour accéder à la vie éternelle, et sa destruction interdirait de l'espérer.
La pire situation dramatique pour un ancien égyptien est la noyade, car le corps est perdu.
N.B. Il existe une hypothèse sur l'origine des connaissances médicales égyptienne antique, qui voudrait que ce soit une
« copie » de la médecine mésopotamienne, ce à quoi il est fait réponse que le développement de la civilisation
mésopotamienne est postérieur à celui de l'Égypte. Cette polémique est hors sujet et ne peut pas participer à l'objet de cet
article encyclopédique.
Le système de soins
La vision du monde du XXe siècle entraîne à évoquer la médecine en Égypte antique en comparaison des
services que nous connaissons. Il semble plus légitime, sans que cela soit péjoratif pour les anciens égyptiens, de présenter ce
que nous en connaissons comme un système de soins dépendant de l'institution du temple.
- Le système de soins des anciens égyptiens est un service public :
- gratuit, c'est-à-dire accessible à tous, quelle que soit la situation de fortune;
- disponible dans tout le pays;
- disponible à tout moment.
- Il fait partie d'un service public plus général qui gère les canaux d'irrigation, l'éducation, la justice et les réserves de
grains, tout cela pour la population de l'Égypte antique.
- Il est sous l'autorité du l'institution du temple. Dans la maison de vie, l'institution du temple gère, entre autre, l'école des scribes, ouverte à tous,
qui forme les futurs scribes, mais ne conserve que les meilleurs. La maison de vie assure la formation des futurs médecins et des futurs prêtres. Cette
institution gère également les lieux de soins, à l'intérieur du temple, et plus particulièrement un espace de soins, nommé
« sanatorium » à posteriori :
- ce ne sont pas des maisons de santé « climatologiques » avec balnéothérapie,
- ce sont des espaces sacerdotaux, contenant des cuves et des baignoires remplies d'eau sacrée, et la partie malade est
immergée dans un but d'espérance de guérison divine.
- N.B. Dans certains temple, des bâtiments portent le nom de « mammisi », quelque fois hâtivement traduit en
« maternité ». Cette dérive est abusive : le « mammisi » est l'endroit où s'effectue la naissance divine
et mythique du futur pharaon, issu de l'union de la grande épouse royale avec le dieu au cours de la théogamie. D'autre part, en Égypte antique l'accouchement s'effectue à domicile et appartient à la vie
quotidienne.
La formation des médecins
Les lieux et modes d'exercice
Les conclusions diagnostiques
Les moyens thérapeutiques
Les moyens thérapeutiques utilisés par les anciens égyptiens sont simples, multiples et variés, surprenant pour notre regard
d'européen du XXe siècle. Ils appartiennent à différentes catégories :
Des substances à action thérapeutique supposée
Tirées des trois règnes : minéral, végétal et animal.
-
- Minéraux : sel du Nord (natron), parcelles de cuivre, pierre de Memphis en poudre (anesthésique local ?), ocre
jaune sur les brûlures,
- Végétaux : la pharmacopée apparaît comme très riche, et ce d'autant plus qu'elle a conservé un caractère secret
du fait des difficultés à reconnaître les plantes utilisées à l'époque dans celles de la flore actuelle (l'évolution climatique
vers le réchauffement depuis -3000 ans avant notre ère a modifiée la faune et la flore de la région et la traduction des noms
reste incertaine).
- => Certaines substances ne sont pas identifiées, et alors que d'autres sont sources de polémique (nicotine en Égypte
antique alors que le tabac sera ramené des Amériques par Nicot ?).
- Sont identifiés, par exemple, la coriandre, la caroube, le pavot, l'ail, l'oignon, la résine d'acacia, l'orge grillée...
- Produits animaux : la viande (cicatrisation des plaies), le miel (antiseptique local), la cire, les toiles d'araignées
(désinfectant car contiendraient naturellement une substance à action de type antibiotique faible), la graisse de bœuf, le lait
d'ânesse, les viscères de porc...
- La préparation du médicament est le fait du prescripteur, selon des protocoles rigoureux.
- L'utilisation se fait sous forme d'emplâtres, pommades et onguents, préparations locales, préparations à absorber macérées
dans la bière, fumigations.
Les remèdes repoussants
- Il s'agit de moyens mixtes, faisant appel à des remèdes excrémentiels et à la magie, pour fournir une
alimentation répugnante à l'esprit qui a envahi le corps, et ainsi le chasser.
- Ces excréments sont empruntés à l'âne, au crocodile, à l'hippopotame, au lézard, au pélican, au petit bétail, aux mouches et
même à l'homme.
La chirurgie
Quelques interventions sont attestées, et l'usage des antalgiques et des anesthésiques vraisemblable.
-
- L'extraction des épines, soins des morsures (chien, crocodile, lion, hippopotame...)
- La suture des plaies, les réductions de luxation d'épaule, de fractures des membres (pose d'attelles)
- Le parage des blessures de guerre,
- L'opérations de la cataracte, la trépanation, la circoncision,
- L'opération de la cataracte est attestée sous les Ptolémées. Les
instruments utilisés sont représentés sur un mur arrière du temple de Kom
Ombo.
- La trépanation est anatomiquement visible sur certains crânes, mais le but de cette intervention n'est pas connu.
- La circoncision est représentée sur certains bas reliefs, mais n'est pas argumentée (technique, indications ?).
- Les amputations :
- post traumatiques.
- punitives : nez, langue, oreilles, main...
Les soins dentaires
Ils ne sont pas attestés, le mauvais état dentaire est connu et expliqué par la présence de grains minuscules de sable dans
les farines (sable provenant des meules en grès) et responsables d'une usure dentaire importante. Il existe un exemple de
prothèse dentaire (deux molaires réunies par un fil d'or) qui ressemble plus à un travail d'embaumeur solutionnant un
souci esthétique.
La relation permanente avec le divin
Médecine et magie sont intimement liées en Égypte antique, la maladie résultant de l'intervention de mauvais génies, d'humains
mal intentionnés ou de divinités. Ce sont principalement les émissaires de Sekhmet,
déesse à tète de lionne, qui propagent la maladie et la mort. Cependant, ayant également le pouvoir d'apporter la guérison, cette
divinité est la patronne des médecins, qui sont souvent ses prêtres.
La magie et les incantations divines
La magie a une résonance particulière du fait du mythe d'Osiris : Isis « la grande magicienne », après avoir reconstitué le cadavre de son divin époux,
sera fécondée « magiquement » et donnera naissance à Horus.
- Les incantations
Souvent associée aux autres moyens; il s'agit le plus souvent d'une incantation qu'un dieu du panthéon avait prononcée dans
des conditions (mythiques) analogue, récitée pour assurer l'efficacité du remède. A chaque affection correspond une formule à
réciter. Régulièrement utilisées dans les soins contre les piqûres de scorpion, reconnues comme redoutables.
- Les actions prophylactiques
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- Les amulettes.
- Les stèles prophylactiques : les stéles représentant Horus sur un crocodile sont
censées protèger contre les morsures et les piqures d'animaux venimeux.
- Les statues guérisseuses.
- Les sanctuaires des dieux guérisseurs
A la Basse Epoque de nombreux
malades visitent les sanctuaires des dieux guérisseurs tels qu'Imhotep et Amenhotep fils de
Hapou ( tous deux des mortels divinisée ) dans l'espoir d'obtenir la guérison. D'autres tentent de l'obtenir dans les
sanatoria, attestés dans le temple d'Hathor à Dendera et dans le temple d'Hatshepsout.
Les dieux
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- Isis déesse de la santé, inventrice des remèdes,
- Horus souvent invoqué dans les cas de morsures d'animaux,
- Hathor déesse de l'amour, protectrice des femmes,
- Thot dieu des scribes et patron des oculistes,
- Sekhmet déesse guérisseuse,
- Bès protége le sommeil des dormeurs et est le bon génie des femmes enceintes,
- Les hommes élevés au rang des dieux:
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- Imhotep, vizir et grand architecte du pharaon Djoser - IIIe dynastie
- Amenhotep
fils de Hapou
Imhotep - Asclépios - Esculape : une filiation ?
Quelques sources
Sources archéologiques :
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- Documents médicaux écrits :
- Les papyrus médicaux : Papyrus Ebers, Papyrus Edwin Smith, Papyrus Hearth...
- Les ostraca médicaux.
- Les stèles (votives ou funéraires) et les représentations figurées (parois de tombe, murs ou colonne de temple).
- L'étude des restes squelettiques et des momies.
Pour en savoir plus :
-
- La Médecine Égyptienne au temps des Pharaons - P.A. Leca - ISBN 2-851-28-029-5
- La médecine au temps des Pharaons - B.Halioua - ISBN 2-867-46-306-8

