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Forme francisée Mélèce, forme latinisée Meletius
Deux personnages de l'histoire religieuse du IVe siècle après J.-C. portent ce nom, mais on réserve normalement la forme Mélèce au second.
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Évêque de Lycopolis (aujourd'hui Assiout), Mélitios fut l'initiateur d'un schisme interne à l'Église d'Égypte qui semble avoir commencé en 304, au cours des persécutions de la Tétrarchie et qui semble avoir duré au moins jusqu'au début du Ve siècle, comme en témoigne Socrate et sans doute même dans certains monastères jusqu'au VIIIe siècle. Les Mélitiens revendiquaient l'autonomie des Églises de Moyenne-Égypte et de Haute-Égypte par rapport à Alexandrie. Ils se sont plaint en particulier d'avoir été persécutés par Athanase et les partisans de celui-ci les ont accusés en retour d'être des ariens, malgré leurs vives dénégations (Athanase d'Alexandrie prétend en outre que Mélitios aurait procédé à des sacrifices à des idoles, ce qui est peu vraisemblable).
Il existe deux versions de l'origine du différend qui opposa Mélitios à l'évêque Pierre d'Alexandrie :
La thèse selon laquelle Arius aurait été l'élève de Mélitios — ou du moins un proche — est très douteuse et provient sans doute d'accusations lancées par le parti d'Athanase afin de noircir les Mélétiens (ou Arius ?).
Après avoir été brièvement évêque de Sébaste d'Arménie, Mélèce fut élu au siège d'Antioche en 360, comme compromis, semble-t-il, entre les tendances arianisantes et nicéennes, soit qu'il ait fait des promesses aux deux partis, soit que les ariens se soient trompés sur son compte, soit encore qu'on ait vu en lui un personnage faible et indécis qu'il serait facile de manipuler. En tout cas, il se révéla un partisan déclaré du credo de Nicée dès l'année de son élection en prononçant un discours en présence de l'empereur Constance II, qui le bannit aussitôt et le remplaça par l'arien Euzoios. Julien ayant aboli toutes les mesures d'exil prises par son prédécesseur, c'est sans doute dès 361 que Mélèce revint à Antioche. Mais il y trouva en place une Église arienne, avec laquelle il dut lutter pendant la majeure partie de son épiscopat. La faveur accordée aux ariens par l'empereur Valens entraîna un nouvel exil de l'évêque en 365-367.
Au concile de Constantinople de 380, Mélèce reçut de Théodose la présidence des débats, mais il mourut avant la fin de cette réunion.


