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Le terme de mémoire de l'eau concerne une controverse médiatico-scientifique causée par la parution d'un article du médecin et biologiste Jacques Benveniste dans le numéro de juin 1988 de la revue Nature. Intitulé Human Basophil Triggered by
very dilute antiserum against IgE (Dégranulation de basophiles humains provoquée par
de hautes dilutions d'antisérum anti-IgE), l'article décrivait la réaction de globules blancs en contact d'un anticorps et concluait que
les globules blancs continuaient de présenter des réactions même quand l'anticorps était dilué au point d'éliminer statistiquement toute molécule
d'anti-IdE dans la solution.
Le résultat fut aussitôt perçu comme une confirmation du caractère plausible du principe de dilution de l'homéopathie.
Cette étude eut un retentissement important dans les médias à grand public mais fut contestée dès le mois suivant. Jacques Benveniste se vit en effet reprocher par ses pairs :
Cette théorie est aujourd'hui considérée comme sans fondement par la quasi-totalité des scientifiques.
Pour certains, la publication de Benveniste constitue un archétype de non-respect de la méthode scientifique, tout comme la théorie de la Fusion froide, elle aussi publiée dans Nature.
D'autres font remarquer que, quelles qu'eussent été les erreurs expérimentales, l'épisode prouva que la méthode d'évaluation scientifique fonctionne correctement. La publication dans une revue scientifique constitue une proposition de nouvelle théorie qui doit être vérifiée ensuite par d'autres équipes de recherche. Dans le cas de la mémoire de l'eau, l'expérience ne put être reproduite et fut donc considérée comme non fondée : Nature désavoua le résultat un mois plus tard.
Il arrive fréquemment qu'une thèse scientifique publiée dans une revue de haut standing soit par la suite réfutée, sans que cela provoque une controverse de cette nature. La passion soulevée par la mémoire de l'eau tient probablement à un emballement médiatique en raison du caractère insolite de la découverte et à une tentative de récupération de la part de défenseurs de l'homéopathie


