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Mercure (élément) : aspects toxicologiques


Le mercure est dangereux pour la santé, il affecte principalement les fonctions cérébrales et rénales et est soupçonné d'être la cause de certains cancers. Cet élément est d'autant plus toxique qu'il s'évapore facilement et que ses vapeurs sont aisément assimilées par l'organisme. De plus, l'absorption simultané de cuivre, de zinc ou de plomb tend à accroître le pouvoir nocif du mercure.

Il est important de distinguer les effets du mercure élémentaire Hg des effets des composés organiques du mercure (méthylmercure CH3Hg notamment) beaucoup plus toxique.

Bien qu'issus de sources fiables, les chiffres donnés ci-dessous le sont à titre indicatif et ne sauraient être considérés comme les plus récents.

L'intoxication au mercure s'appelle hydrargie ou hydrargisme.

Sommaire

Du mercure comme poison

A l'époque romaine, les criminels condamnés à travailler dans les mines de sulfate de mercure (HgS) avaient une courte espérance de vie. Au Ier siècle, Pline l'Ancien décrivait déjà les symptômes de l'empoisonnement au mercure.

Ce problème reste actuel : Aux États-Unis, aujourd'hui, près de 12% des femmes en âge de procréer ont un taux de mercure sanguin supérieur aux recommandations de l'EPA.

Et au cours de l'histoire, on peut dénombrer de nombreux autres cas d'empoisonnement au mercure.

Les maladies professionnelles

On a utilisé des solutions de nitrate de mercure pour préserver et traiter les peaux en vu de la fabrication de chapeaux. Il a même été dit que cela a inspiré Lewis Carroll pour le personnage du chapelier fou dans Alice au pays des merveilles. En France, les maladies liées au mercure ont été parmi les premières reconnues comme maladies professionnelles dès 1919.

Les intoxications aiguës accidentelles

La consommation de semences empoisonnées

On a utilisé dès 1890 des composés à base de mercure pour une meilleure conservation des semences. Cette pratique s'est généralisé à partir de 1915. Cela a donné lieu depuis à de nombreux accidents. Des personnes furent empoisonnées en consommant par erreur des semences traités. Voici les exemples connus :

Il y eut 3 intoxications en 1970 aux États-Unis liées à la consommation de porcs nourris avec des semences traitées.

Le traitement des semences à l'aide de composés mercuriques est interdit depuis 1982 en Europe de l'Ouest.

Les composés utilisés pour le traitement étaient notamment : le chlorophénylmercure, l'acétate de phénylmercure, le chlorure de méthylmercure, le phosphate d'éthylmercure, ...

La consommation de poissons intoxiqués

Citons par exemple la tragédie de la baie de Minamata au Japon.

De manière générale, il convient par précaution d'éviter que les femmes enceintes et les enfants de moins de 2 ans consomment plusieurs fois par mois des gros poissons de haute mer (éviter daurade, espadon, marlin, requin et thon) : un poison contaminé peut contenir 23 mg de mercure par kilo de poids humide soit près de 100 000 fois la concentration de l'eau environnante. Attention, les poissons prédateurs d'eau douce peuvent également être contaminés. Par contre, la consommation de mollusques bivalves ne semble pas poser problème.

Du mercure comme remède ou comme outil médical

Le mercure et la syphilis

En 1527, Paraclèse préconisait déjà le mercure en poudre comme principe actif d'onguent (pommade grise) pour guérir la syphilis. Ce remède a malheureusement été plus ou moins utilisé jusqu'à l'arrivée de la pénicilline.

Le mercure dans les amalgames dentaires

Thermomètre et tensiomètre à mercure

Conservateur mercuriel dans les vaccins

On utilise depuis les années 1930 le thiomersal (ou ((Ethylmercuri)thio)2 benzoate de sodium) comme agent conservateur dans les vaccins. Aucun effet secondaire courant n'a été signalé. Cependant, à titre de précaution, on tend aujourd'hui à limiter au maximum son usage au profit d'autres conservateurs. Les vaccins pour nourrissons sont spécialement concernés.

Le risque lié à ces vaccins est très vraisemblablement négligeable voir nul. Il convient de ne pas arrêter un programme de vaccination pour cette raison.

Le mercurochrome

Le mercurochrome a longtemps été utilisé comme antiseptique. Cependant, des craintes vis à vis de sa toxicité, font qu'on lui préfère des molécules plus récentes. La marque commerciale « Mercurochrome » continue a fabriquer des antiseptiques, mais sans mercure.

Règles et seuils de précaution

Sauf précisions, on parle ici de mercure inorganique. Les valeurs concernant les formes organiques du mercure pouvant être inférieur. Les valeurs ne sont données qu'à titre indicatifs.

L'OMS fixe la dose hebdomadaire maximale de mercure à 5 µg par kg de poids corporel et par semaine. Il convient en milieu industriel de ne pas dépasser une concentration de 0,05 mg/m3 de mercure. Attention cependant, la limite est abaissée à 0,01 mg/m3 pour les formes organiques du mercure.

On ne doit pas dépasser une concentration de 0,3 µg/m3 pendant 24 heures consécutives pour l'air ambiant. Cette valeur limite impose de surveiller attentivement les rejets atmosphériques industriels.

L'eau potable ne doit pas contenir plus de 1 µg/l de mercure.

Pour l'adulte, les premiers effets visibles d'une intoxication au mercure ont lieu pour une concentration minimum de 100 µg/l de sang. La valeur limite pour les travailleurs exposés est généralement fixée à 15 µg/l de sang, 5 µg/l de sang pour la population générale ( soit 5 µg/g de créatine pour l'urine).

L'utilisation de cet élément polluant est aujourd'hui proscrite, son rejet est contrôlé. Malgré cela, son utilisation dans la prospection aurifère pose de graves problèmes de santé publique.


Sources

Citons notamment en français :

En anglais :



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