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Composée pour deux sopranos, un contralto, un ténor, une basse, chœur et orchestre, son écriture s'est étalée sur plus de vingt ans. Celle-ci débute en 1733 (Kyrie et Gloria) et s'achève après 1749. Il semblerait même qu'il s'agisse de la dernière composition à laquelle ait travaillé Johann Sebastian Bach.
La messe est essentiellement composée d'un assemblage de diverses pages puisées dans différents ouvrages antérieurs du compositeur et réécrites par lui selon le procédé dit de la parodie : par exemple la cantate BWV 12 a fourni la matière du Crucifixus, l'Osanna est repris de la cantate BWV 215, l'Agnus Dei provenant quant à lui de l'oratorio de l'Ascension BWV 11. Seul un tiers de l'œuvre environ consiste en compositions « originales ». La parodie est un processus relativement courant chez Bach, comme d'ailleurs chez maint compositeur de l'époque, car c'était souvent la seule manière de donner à entendre de nouveau des pièces que leurs auteurs estimaient particulièrement réussies.
La tonalité de si mineur ne concerne en fait que le début du Kyrie et quelques autres pièces.
Certains musicologues (en particulier Gilles Cantagrel) ont noté le côté œcuménique de l'ouvrage, catholique par sa forme et luthérienne dans son esprit. Le dédicataire initial (Prince électeur de Dresde, qui était protestant) peut en être une explication partielle, la cité comportant les deux chapelles.
La partition n'a été publiée qu'en 1833, bien après la mort du Cantor, qui ne l'a donc jamais entendue dans son intégralité. La création (par conséquent largement posthume) semble avoir eu lieu en 1859 en Allemagne.


