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La métanalyse (ou mécoupure) est une modification phonétique quelconque subie par un mot mal analysé quant à ses morphèmes ou dans un syntagme mal
analysés quant à ses lemmes. D'une manière plus simple,
il s'agit d'une erreur de découpage dans la chaîne de sons entendus conduisant à l'apparition d'un nouveau mot issu de cette
erreur de découpage.
La métanalyse peut être involontaire et sanctionnée par l'usage comme une erreur (erreur parfois voulue) ou lexicalisée et être ensuite comptée au rang de lemme dans le lexique.
Ce type de métanalyse conduisant à une « erreur », celle-ci peut prêter à rire, surtout en cas de jeu de mots équivoques. Un exemple célèbre peut être donné : « [quelqu'un de] pas tibulaire mais presque » (Coluche). Il faut bien sûr comprendre « patibulaire ». L'erreur de découpage se situe dans l'analyse en lemmes : le mot « patibulaire » a été compris comme un groupe de mots composé de « pas » (négation) et « tibulaire », lemme inexistant qui signifierait « sympathique ». Une personne antipathique peut donc être dite « pas tibulaire », ce qui fonctionne pour le sens.
Toute métanalyse est involontaire ; certaines, cependant, acquièrent dans la langue un statut normalisé. On dit qu'elles se sont lexicalisées. Des affixes métanalysés deviennent par exemple productifs (ils permettent de construire de nouveaux mots), voire obtiennent le statut de lemme à part entière.
À partir de omnibus, mot latin composé d'un radical omni- « tout » et d'une désinence -bus (datif pluriel) signifiant « pour tous » (sous-entendu : « véhicule »), la langue a donné naissance à autobus, sur le modèle d'automobile, comme si bus était un radical indiquant l'idée de « véhicule public » (si le morphème choisi avait été omni, c'eût été plus juste pour le sens). Un autobus est donc un « véhicule public [bus] qui se déplace [mobile, disparu lors de la composition du mot] seul [auto] ». À partir d'autobus s'est formé, par aphérèse, le lexème bus. On peut donc parler de la formation d'un substantif à partir d'une désinence : c'est une hypostase par métanalyse.
D'autre part, la langue courante aime à former des termes nouveaux à partir de morphèmes parfois métanalysés : c'est le cas pour le suffixe -rama, d'abord présent dans le mot panorama (apparu en français à la fin du XVIIIe siècle), du grec « vision (-orama) totale (pan) ». L'existence de termes correctement construits comme diorama (en français à partir de la première partie du XIXe siècle) — de di- « à travers » (par élision du a de dia- devant la voyelle suivante) et orama — a permis une métanalyse : on a pris dio- pour une forme du préfixe dia- donc le reste, -rama, pour le radical de la vision. C'est ainsi que sont apparus des termes comme diaporama (de dia- + positive > diapositive apocopé en diapo + -rama) ou encore Télérama (de télé(vision)rama).
La métanalyse lexicalisée est fréquente dans toutes les langues :


