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Mars Exploration Rover


Mars Exploration Rover (MER) est une mission spatiale étasunienne de la NASA sur la planète Mars.

Illustration artistique du robot
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Illustration artistique du robot

Elle a pour but une exploration géologique de la planète Mars à la recherche d'une présence ancienne et prolongée d'eau, qui aurait permis l'apparition de traces de vie, grâce à deux sondes automatiques lancées depuis Cap Canaveral par la fusée Delta II :

Cet article utilise deux conventions de langage :

Sommaire

Communication publique de la NASA sur la mission Mars Exploration Rover

Origine des noms des rovers

La façon de procéder au choix des noms des rovers montre une tentative de la NASA pour attirer l'attention du public américain sur l'exploration spatiale en la rattachant aux mythes fondateurs des USA, et en essayant de cibler en particulier la jeunesse.

Les noms de Spirit et Opportunity ont été retenus à l'issue d'un concours organisé par la société Lego avec la collaboration de la Planetary Society à la demande de la NASA. La lauréate fut une petite fille de 9 ans, Sofi Collis, née en Sibérie, et adoptée par une famille américaine vivant en Arizona. Elle rédigea le poème suivant :

I used to live in an Orphanage.
It was dark and cold and lonely.
At night, I looked up at the sparkly sky and felt better.
I dreamed I could fly there.
In America, I can make all my dreams come true…
Thank-you for the « Spirit » and the « Opportunity »

Ces noms ont été adoptés en référence à la légende de la Conquête de l'Ouest, désignée comme the land of opportunity pour les colons dotés du pioneering spirit.

Opération « Envoyez votre nom sur Mars »

L'opération « Send Your Name to Mars » a permis à la NASA de collecter 4 millions de noms qui ont été inscrits sur un DVD fixé à la surface de chacun des rovers, avec 3 briques Lego. Le DVD porte en son centre un personnage (Astrobot), toujours de la société Lego, destiné à inciter les plus jeunes à suivre le déroulement de la mission par l'intermédiaire d'un journal sur le web. Le bord du DVD porte également un message codé dont le déchiffrage est proposé au public. Ce DVD porte aussi des aimants destinés à collecter de la poussière martienne en vue d'études spectroscopiques.

Astéroïdes baptisés des noms des rovers

En hommage aux rovers explorant la planète Mars, les noms de Spirit et Opportunity ont été attribués respectivement à l'astéroïde 37452 et à l'astéroïde 39382. Ceux-ci ont été découverts le 24 septembre 1960 par Ingrid van Houten-Groeneveld, Cees J. van Houten, et Tom Gehrels, avec les télescopes de l'observatoire Palomar de Caltech.

L'astéroïde Spirit a un diamètre de 4 à 9 kilomètres, et l'astéroïde Opportunity a un diamètre de 3 à 7 kilomètres. Ingrid van Houten-Groeneveld, qui vit aux Pays-Bas, a proposé ces noms récemment après que ces astéroïdes se soient vus assignés un matricule officiel en 2002.

Les deux astéroïdes accomplissent leurs orbites en 7,9 ans autour du soleil entre Mars et Jupiter. Ni l'un, ni l'autre ne suivent un chemin qui croise l'orbite d'autres planètes. Ils appartiennent à un petit groupe d'astéroïdes connus sous le nom de groupe de Hilda, qui ont une résonance d'orbitale de 3:2 avec Jupiter. Ceci signifie que chaque fois que Jupiter accomplit deux orbites autour du soleil, les astéroïdes en accomplissent trois.

Autres opérations de communication

D'autres actions de communication ont été réalisées par la NASA, comme un concours de dessins sur le thème de l'exploration de Mars, ou l'utilisation de personnages de dessins animés pour symboliser les rovers. Mais l'opération la plus significative est un énorme effort de mise à disposition d'informations sur Internet, notamment en diffusant des images brutes filmées par les caméras des rovers.

Lancement

Lancement du rover Spirit vers Mars le 10 juin 2003 par une fusée Delta II.
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Lancement du rover Spirit vers Mars le 10 juin 2003 par une fusée Delta II.

La fusée Delta II de la firme Boeing a été sélectionnée par la NASA pour effectuer le lancement des deux engins spatiaux MER en raison de sa fiabilité et de sa puissance, en rapport avec la masse à propulser. Cette famille de lanceurs a été mise en service plus de 10 ans avant ce lancement, et elle a été employée pour plus de 90 projets.

Elle a déjà été utilisée pour lancer les 5 précédentes missions de la NASA vers Mars :

La mission Spirit a utilisé un fusée Delta II 7925 standard, qui a décollé le 10 juin 2003 à 17 h 58 mn 47 s UTC. Par contre, la mission Opportunity, qui a été lancée plus tardivement le 7 juillet 2003 à 03 h 18 mn 15 s UTC, a nécessité plus d'énergie pour atteindre Mars. Elle a donc été lancée par une fusée Delta II 7925 H, où « H » signifie « Heavy » (lourde).

Le 1er lancement avec la fusée Delta II 7925 a eu lieu dans le complexe spatial 17A (SLC-17A) de la station Cap Canaveral de l'Air Force Station en Floride. Le 2ème lancement avec la fusée Delta II 7925H a été effectué depuis le même site dans le pas de tir SLC-17B.

Au décollage, la fusée Delta II pèse au total 285 228 kg, dont seulement 1 070 kg pour l'engin spatial.

Fusée Delta II employée pour le lancement vers Mars des rovers Spirit et Opportunity. Le schéma montre les moteurs fusées à carburant solide, les étages I, II et III, la coiffe et la sonde spatiale MER (cercle, grossi 4 X).
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Fusée Delta II employée pour le lancement vers Mars des rovers Spirit et Opportunity. Le schéma montre les moteurs fusées à carburant solide, les étages I, II et III, la coiffe et la sonde spatiale MER (cercle, grossi 4 X).

Les principaux éléments constituant la fusée Delta II sont les suivants :

Lancement du rover Spirit vers Mars par un lanceur Delta II. Une fusée d'appoint à carburant solide vient de se décrocher du 1er étage, à la suite de deux autres.
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Lancement du rover Spirit vers Mars par un lanceur Delta II. Une fusée d'appoint à carburant solide vient de se décrocher du 1er étage, à la suite de deux autres.

À la suite du décollage, les principales phases du vol sont les suivantes :

Trajectoire et navigation spatiale

Les sondes effectuent un voyage d'environ six mois et parcourent la distance relativement courte de cinquante-six millions de kilomètres, dû au rapprochement exceptionnel de Mars et de la Terre à la fin de l'année 2003.

Les planètes ne seront plus aussi proches avant l'an 2287. Cependant Mars et la Terre se trouvent relativement proches l'une de l'autre, en moyenne tous les seize ans lorsque les deux planètes sont en opposition périhélique. C'est alors une période propice pour l'envoi de sondes vers Mars.

Le guidage des sondes a nécessité des mesures de très haute précision, prenant en compte un grand nombre de facteurs influençant la trajectoire. Par exemple :

Antenne du réseau Deep Space Network à Goldstone en Californie, employée pour les communications avec les sondes spatiales de la NASA.
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Antenne du réseau Deep Space Network à Goldstone en Californie, employée pour les communications avec les sondes spatiales de la NASA.

La navigation spatiale a employé la technique du DDOR (Delta Differential One-way Range ou variation différentielle directe de la distance), prononcée Delta Door (porte delta). Celle-ci fait appel au Deep Space Network, qui est un réseau de trois grandes stations de suivi radio des sondes interplanétaires, situées à Goldstone dans le désert Mojave en Californie, près de Madrid en Espagne, et près de Canberra en Australie. Chaque station de suivi comporte au moins 4 antennes qui se caractérisent par leurs très grandes dimensions, de 34 m à 70 m de diamètre.

Deux de ces stations, distantes de 120° à la surface de la terre, ont été utilisées pour suivre simultanément :

La technique DDOR permet de déterminer très précisément la position du vaisseau par parallaxe d'après :

Structure de l'engin spatial

Structure de l'engin spatial MER : étage de navigation, bouclier de protection supérieur, rover et module d'atterrissage, bouclier de protection thermique.
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Structure de l'engin spatial MER : étage de navigation, bouclier de protection supérieur, rover et module d'atterrissage, bouclier de protection thermique.

Chacun des engins spatiaux jumeaux qui composent la mission MER comporte :

L'ensemble de l'engin spatial est stabilisé grâce à une rotation de deux tours par minute.

Les composants de chacun des engins spatiaux ont le poids suivant :

Le poids total est de 1 063 kg.

Structure des rovers

Vue globale d'un rover MER sur Mars.
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Vue globale d'un rover MER sur Mars.

Jumeaux, les deux rovers ont une hauteur de 1,5 m, une largeur de 2,3 m, une longueur de 1,6 m et un poids de 185 kg. Chaque rover comporte :

Vue du bras robotisé porteur d'instruments d'observation scientifique d'un rover sur Mars.
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Vue du bras robotisé porteur d'instruments d'observation scientifique d'un rover sur Mars.

Equipements de communication d'un rover

Vue sur les antennes haut gain (high gain), faible gain (low gain) et UHF d'un rover MER sur Mars
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Vue sur les antennes haut gain (high gain), faible gain (low gain) et UHF d'un rover MER sur Mars

La mission Mars Pathfinder employait un petit robot, Sojourner, qui restait dépendant de son module d'atterrissage, car celui-ci était le support des équipements de communication avec la terre.

Dans la mission MER, au contraire, les rovers sont indépendants de l'atterrisseur qui est abandonné lorsque le robot se met en route. En effet, chaque rover est équipé avec 3 antennes pour communiquer avec la Terre :

Caméras de navigation et d'observation scientifique

Angles de vue des caméras : caméra panoramique (Pancam), caméra de navigation à grand angle (Navcam), caméra de détection d'obstacle avant (Front Hazcam) et arrière (Rear Hazcam).
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Angles de vue des caméras : caméra panoramique (Pancam), caméra de navigation à grand angle (Navcam), caméra de détection d'obstacle avant (Front Hazcam) et arrière (Rear Hazcam).

Les rovers comportent 9 caméras destinées d'une part à la navigation et d'autre part aux études scientifiques :

Caméras panoramique et de navigation, et spectromètre Mini-TES des rovers de la mission MER sur Mars.
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Caméras panoramique et de navigation, et spectromètre Mini-TES des rovers de la mission MER sur Mars.

Spectromètres et autres instruments d'observation

Chaque robot transporte également 3 spectromètres :

Spectromètre APXS des rovers de la mission MER sur Mars.
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Spectromètre APXS des rovers de la mission MER sur Mars.
Vue en gros plan d'une zone abrasée du rocher Mazatzal par l'outil RAT du robot Spirit.
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Vue en gros plan d'une zone abrasée du rocher Mazatzal par l'outil RAT du robot Spirit.

A noter également :

Equipement informatique et système d'exploitation

L'équipement informatique des deux rovers est le suivant :

Mémorial

Mémorial au dos de l'antenne à grand gain du rover Spirit.
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Mémorial au dos de l'antenne à grand gain du rover Spirit.

Le site d'atterrissage du rover Spirit a été nommé la Columbia Memorial Station, en mémoire des 7 astronautes qui ont péri lors de l'explosion de la navette spatiale Columbia, lors de la phase de traversée de l'atmosphère de la mission STS-107, le 1er février 2003.

Une plaque commémorative en aluminium d'un peu plus de 15 centimètres de diamètre, a été fixée au dos de l'antenne à grand gain qui permet à Spirit de communiquer directement avec la Terre.

Cette plaque porte le texte In memoriam to the crew of the space shuttle Columbia STS-107, february 1, 2003, suivi par les noms des 7 astronautes décédés.

Par ailleurs, la NASA a honoré la mémoire de l'équipage d'Apollo 1 en nommant les collines entourant le site d'atterrissage du rover Spirit des noms des astronautes décédés dans l'incendie survenu lors d'un essai du vaisseau Apollo sur le pas de tir du centre spatial Kennedy en 1967 :

Objectifs de durée et de distance

Les objectifs fixés aux constructeurs des rovers étaient les suivants :

Ces objectifs ont été atteints par le robot Spirit le 5 avril 2004, correspondant au jour Sol 91, depuis son atterrissage sur Mars. Malgré une immobilisation initiale de 2 semaines causée par un problème informatique, le faible taux de problèmes techniques observés laisse espérer que le rover sera actif jusqu'au mois de septembre.

Atterrissage sur Mars

La phase de l'atterrissage sur Mars a duré 6 minutes, après 6 mois passés dans le vide de l'espace.

Les principales étapes sont les suivantes :

Airbags des rovers Spirit et Opportunity.
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Airbags des rovers Spirit et Opportunity.
Marques au sol des airbags d'Opportunity faites lors de l'atterrissage sur Mars.
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Marques au sol des airbags d'Opportunity faites lors de l'atterrissage sur Mars.

Programme du robot Spirit

Le module d'atterrissage du robot Spirit s'est posé le 3 janvier 2004 dans le cratère Gusev, une cavité de 145 km de diamètre, située à 15° au sud de l'équateur. Le nom de ce cratère vient de Matvel Gusev, un astronome russe du 19e siècle. La température à la surface du cratère Gusev varie entre 0° et -100°.

Vue à 360 degrés du site d'atterrissage sur Mars du robot Spirit prise le 12 janvier 2004.
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Vue à 360 degrés du site d'atterrissage sur Mars du robot Spirit prise le 12 janvier 2004.

Ce site a été choisi en raison du caractère plat du terrain, mais surtout parce qu'il a pu abriter un ancien lac, relié par la vallée Ma'adim à un lac de vastes dimensions situé plus au sud. Après l'impact d'une météorite de grande taille, il y a plusieurs milliards d'années, le cratère ainsi formé a pu être inondé par de l'eau apportée par la vallée Ma'adim. Les sédiments et les minéraux qui ont pu se former, se seraient accumulés au fond du cratère, avant que l'eau ne s'échappe du cratère ou ne s'évapore.

L'espoir d'étudier d'abondantes traces d'une sédimentation lacustre a été déçu, car Spirit a détecté essentiellement du basalte. Les sédiments lacustres qui existeraient éventuellement dans ce cratère ont apparemment été enterrés sous des laves.

Trajet du rover Spirit sur Mars à la date de Sol 46, depuis son site d'atterrissage jusqu'à la dépression Laguna Hollow, en direction du cratère d'impact Bonneville.
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Trajet du rover Spirit sur Mars à la date de Sol 46, depuis son site d'atterrissage jusqu'à la dépression Laguna Hollow, en direction du cratère d'impact Bonneville.

Contrairement au site d'atterrissage d' Opportunity, celui de Spirit ne montrait pas d'affleurement rocheux permettant de conduire des études sur la nature du sous-sol. L'observation a surtout montré des rochers d'origine volcanique et du sable apporté par le vent.

Le rover Spirit a donc été dirigé vers le cratère d'impact Bonneville, de 192 m de diamètre, dans l'espoir que celui-ci serait suffisamment profond pour mettre à jour des affleurements de roches.

En cours de route, Spirit a été stoppé au milieu de la dépression Laguna Hollow afin de creuser le sable avec l'une de ses roues en rotation alors que les autres roues étaient bloquées. L'objectif de la manœuvre était de déterrer une hypothétique croûte dont la présence aurait été l'indice d'une eau stagnante dans le passé. Malheureusement, cet espoir a été déçu.

L'examen du cratère d'impact Bonneville a montré que celui-ci n'était pas assez profond pour laisser apparaître des affleurements rocheux. L'impact n'a pas été suffisant pour que les éjectats proviennent d'une sous couche volcanique. Le rover Spirit a donc été dirigé vers les collines Columbia, à 2,3 km de distance, toujours dans l'espoir de trouver des affleurements rocheux.

Airbag dégonflé et couvert de poussière martienne, sous la base du robot Spirit, et derrière son antenne à haut gain.
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Airbag dégonflé et couvert de poussière martienne, sous la base du robot Spirit, et derrière son antenne à haut gain.


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Le robot Spirit s'éloigne de sa base martienne.

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Le robot Spirit se déplace à la surface de Mars en faisant des zigzags pour éviter les rochers.

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Paysage de Mars avec l'ombre du mat porteur des caméras panoramiques et de navigation. La petite ombre verticale est celle de l'antenne à faible gain.

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Vue de Mars depuis le robot Spirit le jour Sol 30 de sa mission.

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Le rover Spirit sur Mars, à la date de Sol 50, tente de creuser le sable de la dépression Laguna Hollow pour mettre à jour sans succès une hypothétique croûte dont la présence aurait été l'indice d'une eau stagnante dans le passé.


Programme du robot Opportunity

L'engin spatial transportant le rover Opportunity s'est posé le 24 janvier 2004 sur Meridiani Planum. Le nom de Meridiani vient de la proximité de cette zone avec le méridien « zéro » de Mars, alors que Planum signifie « plaine ». Ce plateau a été retenu comme site d'atterrissage, en raison de la platitude du terrain, mais aussi parce qu'il avait été repéré comme un des trois secteurs de Mars riches en un minerai appelé l'hématite grise. Or, sur Terre, ce minerai peut se former en présence d'eau liquide, bien qu'il existe d'autres mécanismes de formation. L'objectif de la mission est de chercher des indices d'une formation de l'hématite par voie sédimentaire, ou par des dépôts formés à la suite d'une activité hydrothermale.

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Vue à 360 degrés du site d'atterrissage sur Mars du robot Opportunity prise le 2 février 2004.

La zone d'atterrissage ciblée pour Opportunity était une ellipse de 81,5 km de long et de 11,5 km de large.

Par un coup de chance extraordinaire, l'atterrissage a eu lieu au centre d'un cratère d'impact de 22 m de diamètre, nommé par la suite Eagle, dont les bords présentent des affleurements de roches. Cette disposition des lieux a permis de conduire rapidement des études sur la nature et l'histoire du sous-sol rocheux, et de démontrer l'existence dans le passé d'une mer salée sur ce site.

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Vue panoramique du cratère Eagle depuis le rover Opportunity sur Mars. Le module d'atterrissage est au centre de la photo, avec les traces de roues du rover sont visibles en dessous. Les affleurements rocheux, de couleur claire, sont sur les bords droit et gauche du cratère, d'un diamètre de 22 m. L'image a été composée à partir des photos prises les jours Sol 33, 35 et 36 de la mission Opportunity.

Les images suivantes montrent des vues significatives du paysage du rover Opportunity au fil des jours.

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1ers tours de roue du robot Opportunity sur Mars, qui s'éloigne de son atterrisseur. La consistante du sol est très poudreuse près du module d'atterrissage, comparée au site de Spirit.

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Module d'atterrissage d'Opportunity vu depuis la Rear Hazard Camera, le jour Sol 12 de la mission.

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Module d'atterrissage du robot Opportunity sur Mars.

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Le rover Opportunity sort du cratère Eagle sur Mars, vu de la caméra arrière Rear Hazcam, le jour Sol 57 de la mission. On voit la crête du bord du cratère (trace blanche en diagonale de l'image) qui est franchie par le robot, ainsi que l'atterrisseur à gauche.

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Vue de Mars depuis le robot Opportunity le jour Sol 68 de sa mission.

Image6


Le rover Opportunity a ensuite quitté le cratère Eagle, pour se atteindre le cratère Endurance situé à 750 m.

Polémique sur les images du robot Spirit

Pour certaines personnes, les photos présentées comme prises par le robot Spirit sur Mars, seraient en fait des montages de photos de la terre. En effet, sur certaines présentations le ciel est bleu, sur d'autres, des morceaux du robot qui étaient bleu vif pris en photo sur terre, sont rouges sur les photos de mars.[1]

Ce genre de rumeurs n'est pas nouveau, ainsi certaines personnes nient que l'Homme ait jamais posé le pied sur la Lune. Mais des observatoires français utilisent régulièrement des réflecteurs à coin au quartz laissés par ces missions pour mesurer au laser la distance Terre-Lune. [2]

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Cadran solaire sur le robot Spirit servant à l'étalonnage des couleurs des photographies.

La différence de couleurs des clichés des sondes MERs est explicable : il faut savoir que les équipements de photographie numérique embarqués sur les sondes de la NASA et de l'ESA prennent des clichés en niveaux de luminosité au travers de filtres. Les sondes MERs sont en partie équipées de plusieurs filtres décalés dans l'infrarouge. Les images finales sont reconstituées par synthèse additive de 3 différents clichés filtrés, pris comme composantes RVB de l'image finale. L'imagerie en fausses couleurs est une technique pour représenter ce qui n'est pas visible ordinairement (généralement un déplacement spectral). La plupart des clichés de télescopes (comme ceux d'Hubble), ou des caméras infrarouges utilisent ce procédé. Si nous voyons ces zones du spectre non visibles, c'est qu'il s'agit par définition de fausses couleurs. [3&4]

La NASA a par ailleurs publié, fin janvier 2004, un article sur la coloration des images des sondes MERs. [5]

Par ailleurs, les cadrans solaires placés sur les rovers portant des carrés de peinture servant à l'étalonnage des couleurs des photographies (voir ci-contre).

Présence prolongée d'eau à la surface de Mars dans le passé

État des connaissances sur l'eau de Mars avant la mission MER

Contrairement aux affirmations de certains médias, les rovers Spirit et Opportunity n'ont pas pour objectif de démontrer l'existence de l'eau sur Mars. En fait, celle-ci a été confirmée dès 1964 par des études spectrales. L'existence actuelle et passée d'eau sur Mars a été confirmée par les observations conduites par les sondes martiennes à partir de Mariner 9.

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Températures prédites à la surface du cratère Gusev sur Mars pour le jour Sol 1 et le jour Sol 100 de la mission du rover Spirit. Ces températures restent très inférieures à 0°.

L'objectif de la mission est de détecter les indices d'une présence passée de l'eau prolongée (et non temporaire), dans des conditions qui auraient permis de favoriser l'apparition de la vie.

Les connaissances actuelles sur l'eau de Mars peuvent être résumées comme suit :

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Cratère sur Mars, de 13 km de diamètre, situé dans Chryse Planitia, présentant un éjecta lobé, vu par Viking Orbiter.
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Ravines sur la paroi d'un cratère d'impact sur Mars, photographié en 2003 par Mars Global Surveyor.

Présence d'hématite à la surface de Mars

Détection d'hématite par la sonde Mars Global Surveyor

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Echantillon d'hématite grise terrestre.

L'hématite est un oxyde de fer dont la formule chimique est Fe2O3. La présence de ce minerai a été détectée par le spectromètre thermique TES de la sonde Mars Global Surveyor.

Une présence abondance de l'hématite a été enregistrée dans une zone proche à la fois de l'équateur et du méridien zéro martien, nommée pour cette raison Terra Meridiani (latitude 2° sud, longitude 0° à 5° ouest).

L'hématite peut être comparée à de la rouille, mais sur Terra Meridiani, elle se présente sous forme d'hématite cristalline grise, susceptible d'avoir été créée en présence d'eau. Pour cette raison, le site d'atterrissage du rover Opportunity a donc été choisi dans cette région, sur le plateau de Meridiani Planum.

Origines possibles de l'hématite

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Carte de la répartition de l'hématite grise sur Mars d'après les mesures du spectroscope thermique TES de la sonde Mars Global Surveyor. La zone rouge au centre de la carte, où se trouve le site d'atterrissage du rover Opportunity, montre une forte concentration d'hématite.

L'intérêt des planétologues pour l'hématite grise provient du lien entre la présence de ce minerai, et celle de l'eau liquide, bien que celle-ci ne soit pas forcement associée à la formation de cet oxyde de fer.

En effet, l'origine de l'hématite grise, sur Terre, fait l'objet des scénarios suivants :

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Répartition de l'hématite vue par Mars Global Surveyor dans la région de Sinus Meridiani sur Mars, où le site d'atterrissage du rover Opportunity de Meridiani Planum est localisé.

Détection d'hématite par le rover Opportunity

La NASA a annoncé le 2 mars 2004 que les instruments du robot Opportunity ont fourni d'excellents indices prouvant que le banc de roches près duquel l'atterrisseur s'est posé ait pu être submergé ou qu'il soit composé de minéraux s'étant formés dans l'eau. Les roches analysées sont riches en sulfures. Un sulfate de fer hydraté, la jarosite a été détecté. La morphologie des roches semble elle aussi signer l'action de l'eau. Cependant il ne s'agit pas encore de preuves absolues.

La présence d'hématite ((Fe2O3), considérée comme un indice de la présence passée de l'eau, est estimée grâce aux données du spectromètre infrarouge Mini-TES.

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Abondance de l'hématite autour du site d'atterrissage du robot Opportunity sur Mars, estimée grâce aux données du spectromètre infrarouge Mini-TES, le 11 mars 2004. Les taches bleues représentent une absence d'hématite, alors que les zones rouges symbolisent une teneur de 20 %. Le module d'atterrissage d'Opportunity est au centre de l'image, alors que les côtés montrent un affleurement rocheux.

Roches avec une structure stratifiée

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Image composite du rocher El Capitan vu par la caméra panoramique (PanCam) du rover Opportunity sur Mars.
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Vue du rocher El Capitan en gros plan avec des sphérules par le rover Opportunity sur Mars.

Les roches observées au bord du cratère Eagle où s'est posé le rover Opportunity, se présentent presque dans la position d'une coupe verticale, ce qui favorise l'analyse de leur origine.

Ces roches présentent de fines lamelles de roches stratifiées. À l'observation à la caméra microspcope, certaines d'entre elles présentent des crêtes sinueuses, en forme de « sourires ».

Dans l'image ci-contre, la structure en strates du rocher est clairement visible, de même que les sphérules ou « myrtilles » à la surface et dans la roche.

Les sphérules (voir ci-après) ne présentent pas de concentration particulière dans l'une ou l'autre de ces strates. Elles semblent se détacher de ces strates pour rouler sur le sol après la désagrégation de ces lamelles.

L'apparition de ces strates peut venir de l'action combinée de l'eau et du vent, dans le cadre de l'hypothèse d'une origine sédimentaire de ces couches qui se seraient formées en milieu lacustre.

Microcavités dans les rochers

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Microcavités vues par la caméra microscope du rover Opportunity à la surface du rocher Guadalupe sur Mars.

La caméra microscope du rover Opportunity a permis d'observer des microcavités de quelques millimètres de long à la surface des rochers El Capitan et Guadalupe. La présence de ces petites cavités en forme d'aiguilles serait due au scénario suivant :

Les « myrtilles » : des sphérules riches en hématite

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Sphérule ou « myrtille » vue à la surface du rocher El Capitan par la caméra microscope du rover Opportunity sur Mars.

Le 9 février 2004, la NASA a annoncé l'observation par la caméra microscope du rover Opportunity de petites sphères de 2 à 3 mm de diamètre de couleur grise, sur le sable du sol martien et à la surface du rocher Stone Mountain. Ces sphérules ont été baptisées de façon imagée par la NASA du surnom de myrtilles.

L'origine de ces myrtilles a engendré plusieurs hypothèses :

Roches avec des structures polygonales

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Rocher Escher sur Mars vu en fausses couleurs par le rover Opportunity, à l'intérieur du cratère Endurance, le 24 août 2004 (sol 208), avec une présence de structures polygonales pouvant êtres liées à l'action de l'eau.

L'image en fausses couleurs ci-contre a été prise par Opportunity et elle représente une roche avec des structures polygonales à sa surface. Ce rocher a été surnommé Escher, et il se trouve sur les pentes du sud-ouest du cratère Endurance. D'autres rochers voisins, au fond de ce cratère, présentent également ces structures polygonales.

Ces roches présentent une surface plate montrant des réseaux des fissures divisant la partie supérieure en polygones. Leur apparence est quelque peu semblable à l'aspect de la boue craquelée après que l'eau ait séché par le haut.

Dans le secteur d'exploration d'Opportunity, il a établi au cours des 6 premiers mois d'étude que son secteur d'exploration était humide il y a un longtemps. Puis cette zone a séché, et enfin, elle a été érodé pour former une large plaine.

Les scientifiques pensent que les fissures de la roche, qui divisent la surface en polygones, ont pu avoir été constituées par un de plusieurs processus :

Les résultats récents obtenues sont favorables à cette dernière hypothèse de roches qui seraient devenues humides une deuxième fois, après qu'un impact ait excavé ce cratère de la taille d'un stade.

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Graphique représentant une étude en spectroscopie conduite par le rover Opportunity, comparant les rochers Escher et Virginia, situés respectivement au fond et près du bord du cratère Endurance sur Mars.

Le spectromètre Alpha Particle Rayons X (APXS) d'Opportunity a permet de faire une étude comparative de la surface des roches selon leur emplacement dans le cratère Endurance. Les roches localisées le plus profond dans le cratère Endurance sont chimiquement changées à un plus grand degré que des roches localisées plus haut. Ce changement chimique est censé pour résulter de l'exposition à l'eau.

De façon plus précise, le graphique ci-contre compare pour différents composants chimiques et pour différentes profondeurs de roche, le rapport des teneurs entre d'une part la roche Escher située en profondeur dans le cratère Endurance, et la roche Virginia, situé près du bord du cratère. La signification des couleurs est la suivante :

Le rapport des teneurs entre les roches Endurance et Virginia varie de façon très significative en fonction de la profondeur, pour le chlore (Cl) et le soufre (SO3).

Ceci implique que la surface d'Escher a été chimiquement changée de façon plus importante que la surface de Virginia pour ces deux composants. Les scientifiques étudient toujours le rôle que l'eau a pu jouer dans ces évolutions chimiques différentes.

L'avenir après la mission Mars Exploration Rover

La NASA prévoit de donner suite à la mission Mars Exploration Rover, en 2009, avec une mission Mars Science Laboratory. Celle-ci devrait comporter un rover de 500 kg (contre 170 kg pour les rovers actuels) emportant des expériences liées à la recherche de la vie. Ce rover n'utiliserait plus l'énergie solaire, mais une source radioactive, ce qui devrait lui permettre une autonomie bien plus grande (peut-être jusqu'à 100 km sur 1 000 jours), et l'emploi d'un laser de puissance permettant de sublimer sur 5 mm de diamètre un caillou et d'analyser la plasma généré par un spectromètre UV.

Autres missions

Voir aussi

Liens externes


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