Page d'accueil encyclopedie-enligne.com en page d'accueil
Liste Articles: [0-A] [A-C] [C-F] [F-J] [J-M] [M-P] [P-S] [S-Z] | Liste Catégories | Une page au hasard | Pages liées

Modulation (musique)


image:Logo music.PNG
Musique classique
Compositeurs
A-B-C-D-E-F-G-H
I-J-K-L-M-N-O-P
Q-R-S-T-UV-W-XYZ
Grandes périodes
Moyen Âge - Renaissance
Baroque - Classique
Romantique - Moderne
Contemporaine
Formes musicales
Instrumentale - Lyrique
Religieuse
Les Instruments
claviers - cordes
percussions
bois - cuivres - voix
Interprètes
Formations et ensembles
Instrumentistes
Chanteurs & chanteuses
Chefs d'orchestre
Théorie / Terminologie
Glossaire - Solfège
Termes italiens
Méta
Le projet
Le portail des musiques


Dans la musique occidentale, et plus précisément, en harmonie tonale, moduler signifie étymologiquement changer de mode. Mais, par extension, ce terme signifie également changer de tonique, ou encore, changer à la fois de mode et de tonique, ceci évidemment sans interrompre le discours musical. Une des caractéristiques de la musique tonale en effet, est de pouvoir traverser successivement des tonalités différentes au cours d'un même morceau.

Les problèmes posés par la modulation sont un peu analogues à ceux posés par la transposition et sont fortement affectés par le type de gamme utilisée.
La modulation est une pratique relativement récente car les compositeurs du XVIe siècle l’évitaient avec soin. C'est que l'accord des instruments de l'époque (notamment l'inégalité des intervalles entre les 12 demi-tons de l'octave) ne permettait pas de jouer dans les douze tonalités de manière satisfaisante (plus on s'éloignait de la gamme de départ, plus les autres gammes « sonnaient faux »). À partir du XVIIIe siècle, avec l'invention du tempérament égal, la modulation est devenue une pratique courante, propre à augmenter l’attrait de la musique. C'est ainsi que la science de la modulation bien menée distingue les plus grands compositeurs.
Il convient de remarquer que le terme modulation désigne non seulement le fait de moduler, mais aussi, par extension, le fragment musical plus ou moins long, qui évolue dans la nouvelle tonalité.


Sommaire

Généralités

Lorsqu'on module, il peut arriver que l'on reste un certain temps dans la nouvelle tonalité avant de retourner dans la tonalité primitive, ou encore, avant d'aller dans une troisième tonalité (c'est-à-dire, avant de moduler à nouveau). Si l'on ne fait entendre qu'une simple cadence parfaite, et que l'on quitte aussitôt la nouvelle tonalité, on parle alors de modulation passagère. Dans le cas contraire, lorsque le séjour dans la nouvelle tonalité se prolonge sur plusieurs mesures, ou même, sur plusieurs phrases, on parle de modulation prolongée.


Notes modulantes

Les notes modulantes (appelées également notes nouvelles, ou notes caractéristiques) sont des notes appartenant à la nouvelle tonalité, mais qui sont étrangères à la tonalité primitive.

Par exemple, dans la modulation de do majeur vers ré majeur, les deux notes modulantes sont fa\sharp et do\sharp (les cinq autres, ré, mi, sol, la et si, étant communes aux deux tonalités) ; inversement, dans la modulation de ré majeur vers do majeur cette fois, les deux notes modulantes sont fa\natural et do\natural.

Notes modulantes constitutives

Les notes modulantes constitutives sont celles qui figurent ordinairement dans l'armure de la nouvelle tonalité (c'est-à-dire, les degrés constitutifs, correspondant à la transposition de l'échelle diatonique).

Par exemple, dans la modulation de do majeur vers sol majeur, la note fa\sharp, sensible de sol majeur et unique note nouvelle, est une note modulante constitutive.

La modulation à la tonalité relative est la seule modulation ne produisant aucune note modulante constitutive, puisque deux tonalités relatives (par exemple, do majeur et la mineur) ont les mêmes notes constitutives, et par conséquent, la même armure (par contre, une telle modulation produit bien une note modulante découlant du mode mineur).

- Lorsqu'une modulation (autre qu'une modulation vers la tonalité relative) entraîne une addition de dièses (ou une soustraction de bémols), on dit qu'on « va vers les dièses ».
- Lorsqu'une modulation (autre qu'une modulation vers la tonalité relative) entraîne une addition de bémols (ou une soustraction de dièses), on dit qu'on « va vers les bémols ».
Nombre de notes modulantes constitutives

Notes modulantes découlant du mode mineur

Une note modulante découlant du mode mineur est, soit un degré quelconque transformé en sensible du mode mineur, soit au contraire, une sensible reprenant sa hauteur initiale.

Par exemple, dans la modulation de do majeur vers la mineur, l'armure ne changeant pas, sol\sharp (sensible de la mineur) est une note modulante découlant du mode mineur ; de la même façon, et pour les mêmes raisons, dans la modulation de la mineur vers do majeur, sol\natural (dominante de do majeur) est également une note modulante découlant du mode mineur.
Par exemple, la modulation de la mineur vers mi mineur, produit une note modulante constitutive (fa\sharp) et deux notes modulantes découlant du mode mineur (sol\natural et \sharp).


Distance relative entre deux tonalités

Parmi les sept degrés constitutifs de deux tonalités données, on trouve un certain nombre de notes communes et un certain nombre de notes différentes. Les notes communes et les notes différentes permettent d'apprécier la distance relative entre ces deux tonalités.

Par exemple, les tonalités de do majeur et sol majeur (six notes communes et une note différente) sont voisines ; au contraire, celles de do majeur et do dièse majeur (aucune note commune, et par conséquent, sept notes différentes), sont très éloignées.
Par exemple, les tonalités voisines de do majeur sont : sol majeur, fa majeur, la mineur, mi mineur et ré mineur.
Par exemple, toujours par rapport à do majeur, les tonalités suivantes sont éloignées : ré majeur, sol mineur, mi bémol majeur, fa dièse mineur, mi majeur, etc.

Par ailleurs, la parenté entre une tonalité donnée et chacune de ses cinq tonalités voisines peut varier entre une et trois altérations de différence, compte tenu, cette fois, non seulement des notes modulantes constitutives, mais aussi, des notes modulantes découlant du mode mineur. C'est ainsi qu'on peut distinguer, d'une part les tonalités voisines principales (n'ayant qu'une seule altération de différence), d'autre part les tonalités voisines secondaires (ayant plus d'une altération de différence).

Au cours du XVIIe siècle, les modulations sont généralement effectuées parmi les seules tonalités voisines ; puis, progressivement, aux siècles suivants, les modulations se produisent dans des tonalités de plus en plus éloignées.

Tonalités voisines du mode majeur

Pour une tonalité majeure, la tonalité de la dominante, celle de la sous-dominante et la tonalité relative mineure, ont chacune une altération de différence ; celles de la dominante et de la sous-dominante de la tonalité relative mineure, en ont deux.

Tonalités voisines du mode majeur

Tonalités voisines du mode mineur

Pour une tonalité mineure, la tonalité relative majeure, a une seule altération de différence ; les tonalités de la dominante et de la sous-dominante de la tonalité relative majeure, en ont chacune deux ; celles de la dominante et de la sous-dominante de la tonalité mineure, en ont trois.

Tonalités voisines du mode mineur

Juxtaposition de tonalités

Le passage entre une tonalité donnée et une tonalité voisine principale peut se faire sans recourir à une modulation, c'est-à-dire par simple juxtaposition de tonalités, en particulier dans le cas d'un retour à la tonalité primitive.

Juxtaposition de tonalités


Deux grands procédés de modulation

Il existe principalement deux manières de moduler, selon que l'on fait ou non appel aux accords de transition.

C'est ainsi par exemple, qu'une modulation chromatique peut produire la sixte napolitaine de la nouvelle tonalité ; ou encore, qu'une modulation avec accords de transition peut aboutir à l'homonyme de la tonalité voisine, etc.


Modulation avec accords de transition

Ce type de modulation (appelé également modulation diatonique) consiste à intercaler entre l'accord de sortie et l'accord d'entrée, un ou plusieurs accords de transition (appelés encore accords mixtes), c'est-à-dire, des accords appartenant à la fois à la tonalité primitive et à la nouvelle. C'est pour cette raison que la modulation avec accords de transition est parfois appelée modulation par confusion de degrés. Celle-ci concerne principalement les tonalités voisines, mais dans certains cas particuliers, elle peut également permettre d'atteindre des tonalités éloignées.


Modulation ordinaire par les accords préparatoires

Dans ce cas, les accords de transition sont des accords préparatoires, ceci afin de n'avoir que des bons ou meilleurs enchaînements : il s'agit principalement des degrés II et IV, éventuellement, du VIe ou du Ier. Lorsqu'il y a plusieurs accords de transition consécutifs, il est vivement recommandé que celui qui précède immédiatement l'accord d'entrée soit le IIe ou le IVe degré de la nouvelle tonalité.

La quarte et sixte de cadence (deuxième renversement du Ier degré), dont le caractère fortement tonal souligne efficacement une tonalité donnée, ne doit pas toutefois pas être considéré comme un accord de transition dans ce cas, mais bien comme un accord appartenant en propre à la nouvelle tonalité.
1. Modulation aux tonalités voisines depuis do majeur :
Modulation aux tonalités voisines depuis do majeur
2. Modulation aux tonalités voisines depuis la mineur :
Modulation aux tonalités voisines depuis la mineur


Modulation aux tonalités éloignées par accords de transition

La modulation ordinaire par les accords préparatoires ne convient qu'aux tonalités voisines, sinon, celle-ci doit avoir lieu par étapes, c'est-à-dire, en modulant successivement dans diverses tonalités transitoires. Par exemple, pour moduler de do majeur vers ré majeur (tonalité éloignée), on peut moduler d'abord en mi mineur (tonalité voisine de do majeur), avant d'aller vers ré majeur (tonalité voisine de mi mineur).

Modulation aux tonalités éloignées par accords de transition


Modulation à la tonalité homonyme

La tonalité homonyme (trois altérations constitutives de différence) peut être atteinte par une modulation avec accord de transition ; dans ce cas, l'accord de transition est l'accord de dominante, le seul qui soit véritablement commun aux deux modes, les notes caractéristiques étant les degrés III et VI (notes dites modales). Ce type de modulation est très facile à réaliser.

Modulation à la tonalité homonyme


Modulation par changement enharmonique

Une enharmonie, rappelons-le, désigne l'intervalle de seconde diminuée (par exemple, entre do\sharp et ré\flat), qui équivaut à un unisson juste dans la musique tempérée. L'enharmonie permet de rebaptiser certains sons sans modifier leur hauteur, et ainsi, d'atteindre facilement des tonalités très éloignées. Dans ce cas, l'accord de transition est à la fois, un degré quelconque de la tonalité primitive, et le Ier ou le Ve de la nouvelle tonalité. D'ordinaire son orthographe est déterminée par la nouvelle tonalité. Lorsque l’enharmonie est mise en œuvre, l’effet de la modulation est plus surprenant et plus radical.

Modulation par changement enharmonique


Modulation par la sixte napolitaine

La sixte napolitaine de la nouvelle tonalité peut être utilisée comme accord de transition. Il suffit pour cela de choisir dans la tonalité primitive, un accord parfait majeur (soit le Ve degré dans les deux modes ; soit le Ier ou le IVe dans le mode majeur ; soit encore, le VIe dans le mode mineur), et de le disposer à l'état d'un accord de sixte avec sa basse doublée. Ce type de modulation permet d'atteindre la tonalité située une seconde mineure au-dessous de la fondamentale de la sixte napolitaine. Cette nouvelle tonalité peut être voisine (exemple Q) ou éloignée (exemple P).

Modulation par la sixte napolitaine


Modulation sans accord de transition

Dans ce deuxième grand procédé de modulation, l'accord de sortie et l'accord d'entrée s'enchaînent sans le moindre accord de transition, mais en respectant la règle « de l'économie de mouvement » (note commune qui reste en place, par unisson juste ou enharmonie, et mouvement conjoint de préférence). Cette modulation est souvent baptisée modulation chromatique parce qu'elle s'accompagne (presque) toujours d'un mouvement chromatique.

Il convient de ne pas confondre modulation sans accord de transition et simple juxtaposition de tonalités. Cette dernière peut avoir lieu, soit en cas de retour à la tonalité primitive, après modulation dans une tonalité voisine principale, soit en cas de deux fragments musicaux indépendants, séparés par des silences.


Quand l'accord d'entrée est un accord de trois notes

Dans ce cas, cet accord est, soit l'accord de tonique, soit celui de dominante de la nouvelle tonalité. La condition est que les deux accords qui s'enchaînent aient au moins une note commune.

Si l'accord de sortie est une accord de trois notes

Dans cette première hypothèse, l'accord de sortie peut être n'importe quel degré de la tonalité primitive, et les fondamentales des deux accords sont situées à une distance de tierce (majeure ou mineure).

Trois notes - trois notes

Si l'accord de sortie est une accord de plus de trois notes

Dans cette deuxième hypothèse, l'accord de sortie est presque toujours un accord de dominante. On a donc affaire le plus souvent à une cadence évitée, autrement dit, à une résolution exceptionnelle de l'accord de septième (ou neuvième) de dominante.

Quatre notes - trois notes

Quand l'accord d'entrée est un accord de plus de trois notes

Dans ce cas, cet accord est toujours un accord de septième (ou neuvième) de dominante, puissant outil de modulation. Les deux accords qui s'enchaînent peuvent alors se passer de note commune (exemples I, L, M et P).

Si l'accord de sortie est une accord de trois notes

Dans ce troisième procédé, l'accord de sortie peut être n'importe quel degré de la tonalité primitive. Tout accord de trois son peut produire n'importe quel accord de septième (ou neuvième) de dominante.

Trois notes - quatre notes

Si l'accord de sortie est une accord de plus de trois notes

Dans ce quatrième procédé, l'accord de sortie peut être indifféremment un accord de septième (ou neuvième) de dominante, ou d'espèce. Il s'agit de l'hypothèse la plus courante et la plus facilement réalisable. En effet, la présence des deux septièmes (et éventuellement, celle des neuvièmes) facilite la transition entre les deux tonalités.

Quatre notes - quatre notes


Articles connexes

Harmonie

Solfège

Musique



This site support the Wikimedia Foundation. This Article originally from Wikipedia. All text is available under the terms of the GNU Free Documentation License Page HistoryOriginal ArticleWikipedia