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Mouvement des enclosures

Le mouvement des enclosures fait référence à la réforme agraire qui a transformé une agriculture traditionnelle dans le cadre d'un système de coopération et de communauté d'administration des terres (généralement champs de superficie importante sans limitation physique) en système de propriété privée des terres (chaque champ étant séparé du champ voisin par une barrière). Les enclosures marquent la fin des droits d'usage, en particulier des communs, dont bon nombre de paysans dépendaient.


On peut trouver plusieurs raisons à ce mouvement d'enclosure :

Le mouvement des enclosures a commencé en Angleterre au XVIe siècle. Des champs ouverts et pâturages communs cultivés par la communauté, ont été convertis par de riches propriétaires fonciers en pâturages pour des troupeaux de moutons, pour le commerce de la laine alors en pleine expansion. Il s'est ensuivi un très fort appauvrissement de la population rurale de l'époque.

Le mouvement des enclosures peut être vu comme un mouvement de désintégration sociale (voir la citation de Thomas More ci-dessous). Il s'est accompagné de progrès importants des pratiques culturales, et est considéré par certains comme marquant la naissance du capitalisme.


« Vos moutons, que vous dites d'un naturel doux et d'un tempérament docile, dévorent pourtant les hommes... »
Thomas More, Utopia (1516)

Analogie enclosure des terres et privatisation des ressources génétiques

Certains estiment que le mouvement des enclosures continue aujourd'hui avec l'appropriation des formes de vie. Les entreprises privées s'approprieraient le code génétique de la vie et lui appliquerait la même logique de marché que celle appliquée à l'époque des moutons de More. Cependant certains s'interrogent sur la pertinence de ce raisonnement et sur les arguments avancés, ainsi que sur leur contenu implicite autant qu'explicite.

En effet, le mouvement des enclosures relève-t-il d'une privatisation de même nature que le mouvement actuel d'appropriation des ressources génétiques ? Avant les enclosures, les paysans bénéficiaient-ils réellement des biens communs ? Les terres ayant été appropriées, n'y avait-il plus possibilité de bénéficier des avantages de la coopération ?

Ces questions relèvent des notions de propriété, d'usage, de collectif et de privé. Or ces notions ont évolués au cours des siècles, et n'ont plus la même signification qu'à l'époque du mouvement des enclosures. En effet, à cette époque, la société reposait sur la notion de propriété partagée (les personnes ne possédaient pas la terre, elles avaient des droits dessus) et des espaces destinés à un usage collectif. La société moderne occidentale repose sur la notion d'usage et de propriété privées, non partagées (maisons individuelles à usage individuel ; même les copropriétaires d'un immeuble bénéficient de l'usage privé de leur part).

Les éléments objectifs de comparaison entre l'appropriation des ressources du vivant (le gène) et l'appropriation de la terre (l'enclosure) reposent sur :



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