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Bien que toute musique soit par essence contemporaine au moment où elle est créée, quel que soit son style, le terme est utilisé actuellement (2004) pour désigner les différents courants apparus après la fin de la Seconde Guerre mondiale, et ayant en commun une remise en cause radicale des paradigmes établis.
| Sommaire |
Si le sérialisme était une religion, son seul Dieu serait Anton Webern, son prophète (en France) René Leibowitz (de.), et ses califes Pierre Boulez, Luigi Nono, Bruno Maderna, Luciano Berio, Karlheinz Stockhausen... Parmi les païens convertis on trouverait le grand Igor Stravinsky, dans sa dernière période. Parmi les hérétiques et les renégats on trouverait... en fait on trouverait à peu près tous ceux cités plus haut.
Stricte à ses débuts, vers 1950, puis de moins en moins, cette tendance continue la technique sérielle héritée de la seconde École de Vienne, en la généralisant aux timbres, aux durées, aux intensités... L'œuvre qui illustre le mieux cette tendance «orthodoxe» des débuts est sans doute le premier livre des Structures pour deux pianos de Pierre Boulez.
Musique très raffinée basée avant tout sur le timbre. Tristan Murail, Gérard Grisey, Hugues Dufourt. Certaines œuvres de György Ligeti comme Astmosphères sont assez proches de ce mouvement.
Edgard Varèse précurseur (Poème électronique). Les représentants les plus éminents de ces techniques (en France) sont Pierre Henry et Pierre Schaeffer qui fonde le GRM (Groupe de Recherches Musicales). Néanmoins au cours des années 50 et 60 Karlheinz Stockhausen, Luciano Berio, Pierre Boulez, Luigi Nono, György Ligeti s'y essaient également, mais la technologie étant assez rudimentaire à l'époque, la plupart d'entre eux y renoncent du moins temporairement, sauf Nono et Stockhausen.
On peut noter une opposition entre une technique de l’«objet sonore» reconnaissable (Pierre Schaeffer) et des tendances plus «atmosphériques» (Ivo Malec).
Une des activités de l'IRCAM concerne le traitement électronique du son.
Il n'y a pas une formule de musique électronique, mais de nombreuses variantes :
Dans le cas de la musique « pour bande », le son enregistré lui-même peut être produit de différentes manières :
Steve Reich, Terry Riley, Philip Glass... Héritiers lointains d'un certain mécanisme/modernisme (Mossolov, Prokofiev, Honneger, certains Bartók...).
György Ligeti a écrit certaines œuvres (Kammerkonzert, 2e quatuor à cordes) utilisant épisodiquement des techniques similaires.
Techniques utilisées par d'autres compositeurs de façon moins systématique : Harrison Birtwistle, Luciano Berio (Points on the curve to find)...
Œuvre emblématique : Clapping music de Steve Reich.
John Cage, Mauricio Kagel, Karlheinz Stockhausen (à partir de 1960). Musique à spectacle, où le happening et l'exégèse sont inséparables de la musique, qui devient dans certains cas secondaire voire anecdotique et n'est plus là que pour illustrer une idée. Son représentant le plus emblématique est bien sûr John Cage, mais quasiment tous ont cédé à des degrés divers à l'envie d'« épater le bourgeois ».
Œuvre emblématique : « 4'33" » de John Cage (il s’agit en fait de 4 minutes et 33 secondes de silence !).
En réaction au modernisme, et probablement dans le but de regagner un public perdu, un certain nombre de compositeurs « retournent à la tonalité », à des degrés divers et jusqu’à atteindre parfois une simplicité extrême, dans une démarche qui rappelle celle d’Erik Satie mais sans son côté provocateur : absence totale de modulation même passagère, rythmes n’utilisant que des valeurs simples, harmonie volontairement maladroite, structures répétitives chez Michael Nyman par exemple.
Cette esthétique volontairement peu ambitieuse, proche parfois de celle de la variété fait que l’appartenance de ces musiques à « la musique classique » est contestée.
«Je pense simplement que ces gens sont fatigués» Pierre Boulez


