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Benito Mussolini (29 juillet 1883 - 28 avril 1945) est le dirigeant de l'Italie de 1922 à 1943. Il est né à Dovia di Predappio (Romagne) et mort à Giulino di Mezzegra (à 10 km de Côme).
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Benito Mussolini est issu d'une famille modeste d'un père forgeron ayant ouvert un petit débit de boissons et d'une mère institutrice. Il baigne dans la double culture anarchiste qui lui vient de son père (son prénom, Benito lui a été donné en hommage au révolutionnaire mexicain Benito Juarez), et catholique traditionnelle : il va à l'école chez les Salésiens de Faenza. Il entre ensuite à l'école normale de Forlimpopoli et devient instituteur. Il adhère dès 1900 au Parti socialiste italien. Fuyant le service militaire, il s'expatrie en Suisse où il perfectionne ses connaissances idéologiques anarcho-syndicalistes (1902-1904). Il en est expulsé à la suite de certaines de ses menées d'extrême gauche.
De retour en Italie, il doit effectuer son service militaire parmi les bersagliers avant de se retrouver quasi vagabond, vivant de petits métiers (maçon, etc.), puis obtient un poste de professeur de français à Forli. C'est alors que son audience grandit au sein du Parti socialiste, tendance « dure ». Violemment opposé à la guerre de colonisation de la Libye (1911-1912), il mène la destruction des voies de la gare de Forli contre le départ des troupes pour l'Afrique. Cela lui vaut six mois d'emprisonnement. À sa sortie, il prend la tête du journal du Parti socialiste italien Avanti ! en 1913. D'abord fermement pacifiste, il s'oppose à l'entrée en guerre de l'Italie avant de changer radicalement de position dans un article de l'Avanti ! : il préconise une politique militariste en 1914 et est favorable à l'entrée en guerre de l'Italie en 1915 aux côtés de l'Entente. Il crée les Faisceaux de combat, noyau de son Parti national fasciste, le 23 mars 1919. À partir de cet instant sa vie devient liée à l'évolution de son parti. Les faisceaux de combat sont un amalgame d'anarcho-syndicalistes d'où est issu Benito Mussolini lui-même et de nationalistes déçus par la non satisfaction de certaines revendications territoriales à la fin de la guerre, notamment de Fiume où D'Annunzio s'est illustré en vain.
De 1919 à 1922, l'Italie est secouée par une grave crise sociale, économique voire politique. Mussolini l'exploite en brisant les grèves et les syndicats par la violence : il se fait ainsi connaître et bien voir par les milieux d'affaires et le patronat (Confindustria et Confagricoltura). Il utilise pour cela des squadre (escouades), sortes de milices, issues en grande partie des rangs des arditi (venant troupes d'élite démobilisées en 1918) nationalistes, dont l'uniforme est la chemise noire — qui deviendra un des symboles du fascisme. Après la marche sur Rome en octobre1922, le roi d'Italie Victor-Emmanuel III lui confie le gouvernement. Jouant habilement de mansuétude et de menaces, Mussolini installe progressivement l'appareil fasciste sur le pays et ce malgré l'assassinat du député socialiste Giacomo Matteotti, qui l'accusait, preuves à l'appui, de violences et de malversations, et qui eut un profond retentissement. En effet, d'abord dictateur « légal », allié dans un premier temps aux forces politiques traditionnelles (des libéraux de Giolitti et de Nitti aux nationalistes en passant par les « populaires » catholiques de Don Sturzo), Mussolini élimine toute opposition en étant à l'origine et en laissant se développer une violence généralisée qu'il se fait fort ensuite de contenir : ses adversaires sont dûment battus à coups de gourdins (quand on ne les force pas à boire de l'huile de ricin). Par une loi électorale anti-démocratique, il obtient aux élections de 1924 la majorité absolue au Parlement. Il en profitera, une fois passés les remous de l'affaire Matteotti, pour faire voter les « lois fascistissimes » élaborées par son ministre de la Justice Rocco (1925-1926), fondant un régime totalitaire.
La politique de Mussolini dénote une « volonté de fascisation des esprits, de transformation globale de la société et de création d'un homme nouveau. » (P. Milza, S. Berstein). Il s'agit donc d'une politique totalitaire. Son instrument essentiel est le Parti National Fasciste (PNF) fondé en 1921, devenu parti unique. Son instance suprême, le Grand conseil du fascisme, s'est substitué à la direction de l'État, le Parlement devenant une simple chambre d'enregistrement et le gouvernement un exécutant des décisions prises par le Grand conseil et Mussolini. Cette prépondérance du parti fasciste se double du culte voué à la personnalité de Mussolini dont témoignent les slogans du régime ("Mussolini ha sempre ragione", « Mussolini a toujours raison »). Le Duce (chef) utilise les media (radio, cinema d'actualités, journaux...) pour se mettre en scène : discours spectaculaires, films le montrant en train de moissonner... Dans le même temps, la société toute entière est fascisée : les programmes scolaires sont révisés, les loisirs sont encadrés (les vacances, les voyages des ouvriers sont pris en charges par des organisations parallèles du parti fasciste), la jeunesse est enrégimentée dans l'ONB (Opera Nazionale Balilla) : fils de la louve dès 4 ans, Balilla à 8 ans, avanguardisti à 14 ans. On y apprend la vie en collectivité mais aussi le maniement des armes et la discipline militaire, a côté des cours théoriques sur le fascisme. Afin de pouvoir s'appuyer sur les masses catholiques et, surtout, la hiérarchie ecclésiastique du pays, Benito Mussolini signe les accords du Latran en 1929, mettant fin à la question romaine, accordant au pape un État, le Vatican, et un statut de chef d'État.
Dans les années 20, Mussolini joue un jeu d'alliances assez classiques notamment avec le Royaume-Uni dont certains des dirigeants ne cachent pas leurs sympathies pour le Duce (comme le représentant du foreign office Austen Chamberlain). Parallèlement, il cherche à accroitre l'influence de son pays dans les Balkans et en Europe danubienne : il revendique et finit par obtenir le rattachement de Fiume à l'Italie, au détriment de la jeune Yougoslavie (traité de Rome, 1924) ; il fait de l'Albanie un protectorat de fait (traité « d'amitié et de sécurité » signé à Tirana en 1926) ; il noue des liens avec l'Autriche, la Hongrie, la Roumanie. Mais un autre de ses objectifs est de faire admettre l'Italie dans le cercle des grandes puissances coloniales : implantation en Libye qu'il « pacifie » après une répression violente et des déplacements de population, rapprochement avec l'Ethiopie à partir des possessions de Somalie et d'Erythrée et dont il essaie de faire un protectorat. Devant les résistances du roi d'Ethiopie (le Négus, Haïlé Sélassié) et suite à un incident de frontière, il attaque l'Éthiopie en 1935. Mais la victoire est longue à se dessiner malgré l'écrasante supériorité militaire des Italiens. Le 3 mai 1936, les troupes italiennes entrent cependant à Addis Abeba, effaçant ainsi la défaite d'Adoua. C'est alors l'apogée du fascisme italien. Ailleurs d'autres partis fascisants voient le jour, notamment le Parti populaire français de Jacques Doriot en 1936.
Une des conséquences de la guerre d'Ethiopie est d'éloigner les grandes démocraties occidentales de l'Italie et de forcer Mussolini à se rapprocher de l'Allemagne nazie. En effet, Mussolini, d'abord plus que méfiant vis à vis d'Hitler, se heurte à l'opposition de la France et de l'Angleterre. Il change sa diplomatie européenne, abandonne ses vues sur l'Europe danubienne qui devient une « chasse gardée » d'Hitler, l'Italie se voulant héritière de l'Empire romain et donc orientant sa politique vers le bassin méditerranéen. L'« Axe Rome-Berlin » se dessine en 1936. C'est ainsi que Mussolini laisse Hitler annexer l'Autriche (Anschluss, mars 1938) qui fait pourtant de l'Allemagne un voisin inquiétant pour l'Italie. De même, il soutiendra Hitler lors de la conférence de Munich où il feint d'être neutre : Hitler peut ainsi s'emparer de la Tchécoslovaquie. Afin de ne pas être en reste dans une sorte de belliqueuse compétition avec le IIIème Reich, Mussolini annexe l'Albanie (avril 1939). Mais il renâcle à s'engager plus avant aux côtés de l'État nazi : son pays n'est pas prêt à la guerre qu'Hitler a déjà programmée. Aussi n'entre-t-il dans le second conflit mondial que le 10 juin 1940, alors que la bataille contre la France est déjà gagnée par l'Allemagne. Son engagement dans la guerre est un fiasco : il envahit la Grèce 1940 depuis l'Albanie mais son armée est repoussée par les Grecs : Mussolini doit demander de l'aide à l'Allemagne. De même, en Libye, son armée est défaite par les Anglais, précipitant l'Allemagne dans une guerre africaine où elle laissera beaucoup de forces. Peu à peu, l'Italie devient vassale de l'Allemagne nazie.
En 1943, les Alliés attaquent la Sicile puis le sud de l'Italie, Mussolini est renversé puis emprisonné, mais il est libéré par un commando SS. Il installe la République sociale italienne dite République de Salò dans le nord de l'Italie où il organise une sanglante répression. Alors qu'il tente de fuir en Suisse après la défaite allemande, il est reconnu par des partisans italiens et fusillé avec sa maîtresse Clara Petacci et d'autres hiérarques du régime le 28 avril 1945.


