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Nature (grammaire)

En grammaire, lorsqu'on parle de la nature d'un mot, de classe lexicale, d'espèce, de catégorie grammaticale, ou encore, de partie du discours, on entend, un ensemble d'emplois linguistiques apparentés, permettant des substitutions de nature syntaxique.

Attention : en linguistique, les mots catégorie ou classe ont parfois un sens plus large que celui qu'on leur donne en grammaire. Par exemple, le genre, le nombre, la personne, etc., qui ne constituent pas des catégories grammaticales, peuvent cependant être considérés comme des catégories linguistiques.

Pour illustrer ce qu'est une catégorie grammaticale, prenons par exemple la phrase « Le chat miaule », et essayons de remplacer le mot chat par d'autres mots susceptibles de remplir la même fonction syntaxique, en opérant les corrections morphologiques nécessaires :

Le chien miaule. Les dinosaures miaulent. La trottinette miaule. Napoléon Ier miaule. Les Français miaulent. Les étoiles miaulent. Les grains de sable de l'immensité de l'océan miaulent. etc.
Le chat, le chien, la trottinette, etc. appartiennent donc à la même catégorie (le nom pour cet exemple), et peu importe si certains de ces énoncés sont absurdes, pourvu qu'ils soient acceptables d'un point de vue grammatical et syntaxique. Par contre, on n'aurait pas pu dire, par exemple, « Egratigner miaule », et on en conclut que le mot égratigner n'appartient pas à la même catégorie, que le mot chat.

On considère généralement que plusieurs mots appartiennent à la même catégorie, si, pour une phrase donnée, on peut les substituer mutuellement à condition de respecter les accords, et sans modifier les relations syntaxiques de la phrase originelle. Ce type de procédé, bien utile en grammaire, est appelé commutation.


Sommaire

Identification de la catégorie

Changement de fonction d'un mot

La catégorie d'un mot est ordinairement indiquée par le dictionnaire, mais dans le discours, les différentes catégories ne sont pas faciles à déterminer. Il est fréquent en effet, qu'un mot puisse changer de nature selon sa fonction (il semble d'ailleurs ce soit la fonction qui crée la catégorie, et non l'inverse).

Quelques exemples :

Un changement de catégorie grammaticale est appelé dérivation impropre ou translation.

Nominalisation

La nominalisation est une variété de translation qui consiste en un transfert vers le nom depuis n'importe quelle autre catégorie. Elle est extrêmement fréquente :

Pour un homme jeune (adjectif qualificatif nominalisé)
Pour une personne habitant dans cette ville (participe présent nominalisé)
Pour un document écrit authentique (participe passé nominalisé)
Pour une capacité de pouvoir exorbitante (infinitif nominalisé)
Les deux occurrences du verbe conjugué tenir sont nominalisées
La phrase Pourquoi ci, pourquoi ça ? est nominalisée. Elle est à la fois : C.O.D. du verbe supporte, déterminée par le possessif ses, et complétée par l'épithète antéposée incessants.
L'adjectif qualificatif vert est nominalisé; sa fonction : sujet du verbe est. L'adjectif qualificatif verte n'est pas nominalisé, il reste donc ce qu'il est; sa fonction : épithète du nom (sous-entendu) couleur.
Le mot si est ordinairement analysé comme une conjonction de subordination. Or il a ici pour fonction d'être complément circonstanciel de moyen du verbe mettrait. Etant nominalisé, il est normal qu'en conséquence, il hérite de l'une des fonctions du nom. Il sera donc analysé, non pas comme une conjonction, mais comme le nom dont il joue le rôle.

Critères pour déterminer la catégorie d'un mot

Des critères morphologiques, sémantiques et syntaxiques, sont à notre disposition pour déterminer la catégorie d'un mot :

On constate qu'aucun de ces trois critères n'est suffisant pour déterminer à coup sûr la catégorie d'un mot : ceux-ci doivent donc être utilisés de manière cumulative, et cela suppose que l'on maîtrise un certain nombre de notions de base.


Classification en catégories

Précisons au préalable que l'étude d'une catégorie donnée n'est pas l'étude de l'ensemble des mots traditionnellement recensés dans cette catégorie, mais celle de l'ensemble des fonctions qui lui sont associées.

Une telle étude serait impossible en ce qui concerne les mots pleins. Comment pourrait-on en effet dresser la liste complète des noms, des verbes, des adjectifs qualificatifs… ?

La grammaire traditionnelle classe les mots en neuf catégories, appelées également les parties du discours : adjectif, adverbe, article, conjonction, interjection, nom, préposition, pronom et verbe.

Cette ancienne classification engendre quelques difficultés. En effet, certaines catégories, quoique théoriquement différentes, sont en réalité très apparentées, alors que d'autres contiennent des sous-catégories réellement distinctes. Par exemple, les adjectifs non qualificatifs sont plus proches des articles que des adjectifs qualificatifs; ou encore, les conjonctions de subordination sont plus proches des prépositions que des conjonctions de coordination; etc.

La notion classique de catégorie a donc besoin d'être réaménagée afin d'expliquer les mécanismes de la syntaxe, de manière plus cohérente.

Une fois l'interjection mise à part (celle-ci étant hors syntaxe, il convient de la traiter de façon distincte, après toutes les autres espèces), on remarque que certaines catégories de mots appartiennent à des ensembles fermés, dont la liste est plus ou moins figée (ce sont les mots-outils), alors que d'autres appartiennent à des ensembles ouverts, se renouvelant sans cesse (ce sont les mots pleins).

Par ailleurs, alors que certaines espèces sont invariables (l'adverbe, la conjonction et la préposition), d'autres au contraire subissent diverses variations morphologiques flexionnelles, selon le genre, le nombre, la fonction, le temps, etc. (l'adjectif, l'article, le nom, le pronom et le verbe).

Nous adopterons donc la classification suivante.

Mots pleins

Les mots pleins (parfois appelés mots lexicaux) sont innombrables et en création continuelle (les ajouts annuels dans le dictionnaire concernent presque exclusivement des mots pleins). Ils peuvent généralement être remplacés par des pronoms. Ils ont un caractère facultatif : par exemple, « Un adjectif qualificatif épithète complète un nom », mais un nom n'est pas obligatoirement accompagné d'une épithète. Du point de vue sémantique, la précision de leur signification est mise au premier plan : ils sont le plus souvent polysémiques (susceptibles de recevoir plusieurs sens), mais dans un contexte donné, dans un énoncé et une unité syntaxique, chacun d'entre eux constitue une unité de sens.

On peut les répartir en deux familles selon qu'ils sont variables ou invariables :

Mots pleins variables

Mots pleins invariables

Mots-outils

Généralement courts, les mots-outils (parfois appelés mots grammaticaux) sont en nombre limité (il est plus facile d'en dresser des listes qu'en ce qui concerne les mots pleins). Les mots-outils ne sont généralement pas remplaçables par des pronoms, sauf en ce qui concerne le pronom lui-même. Ils ont un caractère obligatoire : par exemple, « Le déterminant doit introduire le groupe nominal » (et non pas « peut introduire »). Du point de vue sémantique, ils sont généralement peu précis : ce qui est mis au premier plan n'est pas tant leur signification que leur rôle syntaxique.

On peut également les répartir en deux familles selon qu'ils sont variables ou invariables :

Mots-outils variables

Quelques pronoms et déterminants sont cependant invariables. Il s'agit principalement de certains outils exclamatifs et interrogatifs.

Mots-outils invariables

- Le coordonnant, mot de liaison de la coordination. Il relie des éléments de statut syntaxique identique (conjonction de coordination et adverbe de liaison).
- Le subordonnant, mot de liaison de la subordination. Il relie des éléments de statut syntaxique différent (pronom relatif, conjonction de subordination, préposition, subordonnant exclamatif et subordonnant interrogatif).
Quelques mots de liaison sont cependant variables. Il s'agit des pronoms relatifs et de certains subordonnants exclamatifs et interrogatifs.
On notera que le pronom relatif a ceci de particulier qu'il appartient à deux catégories distinctes, celle des pronoms et celles des subordonnants.

Sujets connexes




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