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Le négationnisme est un discours contestant l’existence de faits historiques, principalement de massacres de masse.
Le néologisme « négationnisme » a été créé par l’historien Henry Rousso en 1987. Son utilité est de désigner correctement la démarche de falsification historique comme celle de Robert Faurisson ou d'Henri Roques, qui se qualifient eux-mêmes indûment de révisionnistes. Il entend ainsi marquer la différence entre ce qu'il estime relever avant tout d’une idéologie servie par la négation malhonnête de la réalité des faits, et le révisionnisme, aspect normal de l'activité scientifique exercée par les historiens lorsqu'ils réexaminent une interprétation antérieure de faits. Il s'agit donc principalement de dénoncer les méthodes employées par les négationnistes: contre-vérités, falsifications, discrédit jeté sur les témoins, etc.
Ce terme a d'abord été spécifiquement élaboré et utilisé pour désigner des personnes niant la réalité de la Shoah. Elles nient l’existence de chambres à gaz et l’extermination des Juifs, des Tziganes, des handicapés et de toutes les autres minorités et « asociaux ». Ces personnes prétendent que le génocide pratiqué par l’Allemagne nazie n’a pas eu lieu, et relève d’un mythe. Le sens du mot négationnisme à depuis été étendu à d’autres négations de génocides: arménien par le gouvernement Jeunes-Turcs de l'Empire ottoman pendant la Première Guerre mondiale, cambodgien et rwandais.
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L’histoire doit, dans l’idéal, d’abord rapporter des faits. Il a été montré que les thèses négationnistes avaient le plus souvent maquillé certains faits, en avaient délibérément omis d'autres. On estime en conséquence que ces thèses sont le fait d'extrémistes.
La négation d’un génocide (Shoah, Rwanda, etc.) vise ainsi, de facto, à obtenir un non-lieu pour ce qui est admis comme un crime, et à retirer aux victimes ou à leurs ayants-droit tout droit à la moindre réparation (en l’absence de crime il n’y a plus ni criminels ni victimes). La négation du goulag soviétique, particulièrement répandue en France pour et par le parti communiste français à une époque, lui a permis de préserver longtemps son influence et maintenir le prestige de sa doctrine.
Ce sont donc des événements autour desquels s’est développé un fort contenu mythique, et qui servent d’appui à un titre ou à un autre (justification idéologique, cause d’action militaire, etc.), qui sont les plus susceptibles de remise en cause négationniste.
Outre les manipulations ordinaires, le négationnisme dispose d’une arme spécifique : le mythe qui se développe inévitablement autour d’un événement majeur sert d’explication exclusive des différents témoignages. Ainsi, certains diront que les chambres à gaz ne sont que des constructions postérieures à la guerre érigées pour accréditer la thèse de la Shoah et diaboliser l’Allemagne nazie, tandis que les différents témoins sont présentés comme autant d’agents manipulateurs (stipendiés par le KGB, par exemple), ou leur faible nombre (et pour cause...) comme une preuve du caractère secondaire de l’événement.
De même, le négationnisme est lié à l'opération historique inverse, qui consiste à gonfler un événement réel, voire à créer un événement imaginaire. En effet, le négationnisme cherche à invoquer ce type de complot. Ainsi, le fait qu’un événement ait servi de prétexte à une action (militaire, judiciaire, etc.) pourra servir à en remettre en cause sa réalité en tout ou partie (théorie du complot prémédité, de la part de la victime cherchant un prétexte, ou d’une tierce partie ayant intérêt au déclenchement des hostilités) afin de saper la légitimité de l’action et de renverser les responsabilités.


