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Nirvana


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Nirvana (du sanskrit निर्वाण nirvāṇa, qui devient en pāḷi nibbāna, en chinois 涅槃 nièpán et japonais nehan, en tibétain myang-ʼdas ou myan-ngan ʼdas-pa) est un terme qui signifie littéralement « extinction », « libération » et, par extension « état de félicité, état de paix »

Sommaire

Étymologie

Le terme sanskrit est composé d'un radical, vā- « souffle(r) », et d'un préfixe nis-. Le radical vā- est indo-européen : *h2wenh1-, soit *wē :

Le radical est verbal, « souffler », ce qui se retrouve sous les formes suivantes :

Il permet de former un nom d'agent, « celui qui souffle », le plus souvent avec un suffixe de formation *-to, c'est-à-dire « le vent » dans de nombreuses langues :

En sanksrit, le préfixe nis-, devenu nir- par sandhi dans nirvāṇa, dénote l'idée de sortie hors de quelque chose, comparable au latin ex-. On pourrait donc traduire de manière plus précise nirvāṇa par « ex-soufflement », soit essoufflement. C'est donc, étymologiquement, l'action de « quitter son souffle », celui-ci étant vu, dans les civilisations anciennes, comme un synonyme d'âme (le souffle vital). Du reste, anima « âme » et animus « esprit », en latin, sont reliés au grec ἄνεμος ánemos, « vent », de même que spiritus, « esprit » signifie aussi « souffle » (cf. le double sens d'inspiration). Le chinois fait de même : 氣/气 représente à la voix la force de vie et le souffle.

Tout ceci confirme que la notion d'âme, de force de vie, en indo-européen (et ailleurs), est vue comme un souffle. L'extinction de ce souffle est donc un synonyme de « mort ». On le verra ci-après, le terme, dans le domaine bouddhiste, s'est fortement spécialisé.

Acception dans le bouddhisme

Dans son acception bouddhique, qui est la plus commune aujourd'hui, ce terme désigne le « but » de la pratique bouddhique, l'Éveil (buddhi). Il est au-delà de toute description et ne peut être défini que négativement comme la fin de l'ignorance et du vouloir-vivre. Il peut être comparé, selon les textes, à l'extinction d'une flamme : de même qu'on ne peut définir un feu qui ne brûle pas, on ne peut définir une personne qui a « exsufflé » les agrégats d'existence (désirs, volitions, conceptions erronées) qui entraînent une personne non éveillée de renaissance en renaissance.

Une définition moins négative est celle d'une paix intérieure totale et permanente, provenant du détachement. L'acquisition de cet « état » (qui est défini comme un « non-état ») est réputée possible pendant la vie, ou, éventuellement, lors de la mort. L'idée assez vulgarisée dans le public du nirvāṇa comme d'un « paradis » où l'on continuerait à exister après la mort est absurde (et contradictoire avec la thèse bouddhiste du non-soi et de la vacuité des phénomènes et de l'Absolu). On ne peut donc y « entrer » ni y « rester ». Le nirvāṇa n'est pas non plus la mort, mais plutôt la fin de la croyance en un ego autonome et permanent.

Des termes proches sont : éveil, extinction, libération, illumination, délivrance, vacuité absolue, paix suprême, réalité ultime.

Voir aussi Parinirvāṇa, mokṣa.

Acception dans l'hindouisme

Le même concept existe également dans l'hindouisme mais il est de préférence nommé moksha (ou encore mukti, laya), le terme de nirvāṇa y étant moins souvent employé.

Citation

« Il y a un sans-naissance, sans-devenir, sans-création, sans-condition. S'il n'y avait pas ce sans-naissance, sans-devenir, sans-création, sans-condition, on ne pourrait échapper au né, devenu, créé, conditionné. Mais puisqu'il y a un sans-naissance, sans-devenir, sans-création, sans-condition, on peut échapper au né, devenu, créé, conditionné. » Udana, VIII, 3.


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