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Noosphère

La noosphère est un nom donné à l'espace des idées, par différenciation

Sommaire

Le concept

Ce mot, que Pierre Teilhard de Chardin emprunte à Vernadsky, part de l'observation qu'une pellicule de faible épaisseur (quelques kilomètres) entourant la Terre - que l'on qualifierait aujourd'hui de biofilm - contient à la fois toutes les connaissances de l'humanité et toute sa capacité de traitement de l'information.

La noosphère se juxtapose à la lithosphère (la masse inerte), la biosphère (la masse vivante) et à la sociosphère (ensemble des relations humaines et/ou écologiques) et l'ensemble de l'activité intellectuelle de la Terre : il s'agit d'une sorte de « mémoire collective de l'humanité » qui regroupe toute les activités cérébrales et mécaniques de mémorisation et de traitement de l'information.

Les vulgarisateurs scientifiques australiens Jack Cohen et Ian Stewart lui ont donné le nom plus médiatique d'extelligence .

Le cerveau des hommes fait partie de la noosphère, mais aussi toutes les infrastructures créées par lui qui participent au traitement comme au stockage de l'information : villes, bibliothèques, infrastructure politique, culture, lois, réseaux de communications.

La notion d'unité d'un organisme

Le cerveau des primates supérieurs se compose de deux hémisphères :

Le gauche traite grosso modo la logique et le raisonnement, le droit plutôt les émotions et pulsions. Les deux communiquent entre eux, bien que l'on ait constaté qu'un individu pouvait encore vivre quand n'existaient plus de communications entre les deux hémisphères. Cependant, cette distinction entre cerveau gauche et cerveau droit est remise en cause à l'heure actuelle

L'unicité de l'esprit

L'impression d'être un individu unique provient du fait que les différentes parties du cerveau - et pas seulement bien sûr les hémisphères droit et gauche - communiquent souvent, rapidement et avec un fort débit d'information entre elles (cette idée sera rappelée par Douglas Hofstadter et Daniel Dennett dans leur compilation Vues de l'esprit (« The mind's I »).

Que va-t-il se passer à mesure que cette fréquence, cette rapidité et ce débit augmentent aussi dans les échanges entre personnes, élevant ce que Paul Valéry nomme la température intellectuelle de l'esprit, telle qu'on peut la constater dans les grandes métropoles comme Le Caire ou Tokyo ?

Doit-on s'attendre à un changement qualitatif similaire au changement de phase des physiciens constaté quand par exemple une différence minime de température fait passer l'eau de l'état liquide à l'état vapeur ? Teilhard pense que oui, et que les frontières du moi cessent à partir d'un certain débit d'échange de devenir aussi nettes. Le Jésuite en lui va même - mais nous quittons ici, dans l'état actuel des connaissances, le domaine de la cybernétique - jusqu'à supposer que cette augmentation technique du couplage entre les individus s'accompagne d'une solidarité croissante de fait, et que celle-ci possède des caractéristiques qui sont exactement celles de l'amour (cette hypothèse, manifestement inspirée par le dogme trinitaire, n'est cependant pas indispensable à la compréhension du concept de noosphère, dépasse le cadre du présent article, et ne sera pas détaillée ici).

Le processus de convergence

Teilhard prédit donc une unification croissante des activités intellectuelles (voire « spirituelles ») de la planète, de même que les activités humaines se sont unifiées dans les cadres des sociétés et des civilisations, ou celle des cellules dans les organismes. Non pas pour quelque raison mystique, mais beaucoup plus simplement parce que les gains d'efficacité y conduisent aussi sûrement que, par exemple, des questions de potentiel conduisent une réaction chimique à se produire ou des atomes de deutérium à fusionner si la température s'y prête. Carl Gustav Jung, avec son idée de sentiment océanique, Henri Laborit avec la sienne d'organisme étendu et Richard Buckminster Fuller dans son ouvrage No more secondhand God se montreront pleinement en phase avec cette idée, déjà d'ailleurs en son temps exprimée sous forme embryonnaire par Baruch Spinoza.

Le développement des mass media classiques engendrait déjà une certaine agitation intellectuelle en ce sens (évoquée en son temps par Marshall McLuhan. C'est toutefois depuis le développement de l'Internet que l'idée de noosphère redevient d'actualité.

Historique

Depuis longtemps, au plus tard lors de la découverte de la rotondité de la Terre, le concept de « conscience collective globale », c'est-à-dire de noosphère était ressentie.

La mise en place de l'infrastructure

Les premiers projets collaboratifs planétaires

L'histoire de l'Internet n'étant pas l'objet de cet article, la présente liste ne mentionne que quelques jalons significatifs.

Quelques considérations finales

Pierre Teilhard de Chardin est considéré, avec Richard Buckminster Fuller et Paul Otlet comme un des penseurs d'internet. En effet, la toile est parfois considérée comme le nouveau système nerveux de la noosphère : une masse d'information accesible à l'humanité toute entière et qui peut être partagée à double sens par tous.

"…l’avènement de l’homme marque un palier entièrement original, d’une importance égale à ce que fut l’apparition de la vie, et que l’on peut définir comme l’établissement sur la planète, d’une sphère pensante, surimposée à la biosphère, la noosphère. En elle, l’immense effort de cérébralisation qui commença sur la terre juvénile va s’achever, en direction de l’organisation collective ou socialisation…" Pierre TEILHARD de CHARDIN

Emprunté à Vladimir Ivanovich Vernadsky et développé par Teilhard de Chardin, le concept de noosphère doit également beaucoup aux travaux d'Édouard Le Roy.

Henri Laborit a également travaillé sur cette notion, et l'a présentée dans son film Mille milliards de messages.

Voir aussi

Liens externes

Bibliographie

Curiosités




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