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Le temps est l'unité de mesure de la durée musicale, tout comme le mètre est celle de la longueur, le gramme, celle du poids, le litre, celle de la capacité des liquides, etc.
Or, contrairement à ce qui se passe pour ces différentes unités, dans l'absolu, il n'existe pas de temps étalon. En effet, la durée réelle des temps peut varier d'un morceau de musique à l'autre, et c'est le tempo qui va fixer, pour un morceau musical donné, la durée exacte des temps.
En italien, tempo signifie temps, mais, en musique, il convient de soigneusement distinguer le tempo du temps, même si l'un et l'autre sont étroitement liés. Le tempo est l'allure (la vitesse, ou encore, le mouvement) d'un morceau de musique. C'est ainsi qu'un tempo rapide détermine des temps courts, tandis qu'un tempo lent, détermine des temps longs. On peut donc dire que temps et tempo sont deux concepts distincts désignant un même phénomène, mais sous des éclairages différents.
Notons par ailleurs que pour remplir sa fonction d'unité de mesure de la durée musicale, le temps doit pouvoir être rigoureusement délimité : ce rôle de bornage est rempli par la pulsation.
Précisons que lorsqu'on dit « la pulsation », on désigne habituellement l'ensemble des battements d'un morceau ou d'un passage donné. Lorsqu'on dit « une pulsation », on prend en considération le battement d'un temps particulier.
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La pulsation est un accent qui intervient de manière cyclique au début de chaque temps. La régularité de la pulsation garantit donc l'égalité des temps.
On peut dire que la pulsation fait naître un nouveau temps en interrompant le temps précédent. Il faut donc deux pulsations pour délimiter un temps :
Pour résumer, et conformément au principe bien connu de la borne et de l'intervalle, à un nombre de temps consécutifs donné, doit correspondre un même nombre de pulsations, plus une.
La façon d'indiquer le tempo d'un morceau de musique a varié au cours des siècles.
Jusqu'au XVIIe siècle, le tempo n'est pour ainsi dire pas indiqué directement sur les partitions. Toutefois, certains indices permettent parfois de déduire celui-ci : choix de telle ou telle unité de temps, articulation du texte chanté, titre d'une danse, etc.
Au XVIIIe siècle, le compositeur prend l'habitude d'indiquer le tempo par des termes italiens adéquats (cf. liste ci-après).
À partir de l'invention du métronome, au début du XIXe siècle, le compositeur est enfin en mesure de pouvoir noter précisément le tempo désiré pour chaque morceau.
Le tempo peut varier au cours d'un même morceau. Il lui arrive parfois même d'être purement et simplement suspendu.
Un ralentissement du tempo peut être signalé, soit par une nouvelle indication métronomique, soit par divers termes italiens, tels que :
De façon analogue, une accélération du tempo peut être signalée, soit par une nouvelle indication métronomique, soit par divers termes italiens, tels que :
Après un ralentissement ou une accélération, le retour au tempo initial peut être signalé, comme précédemment, soit par une nouvelle indication métronomique, soit par divers termes italiens, tels que :
Le point d'orgue suspend la durée de la figure de note ou de silence sur (ou sous) laquelle il est placé, ceci, au gré de l'exécutant. Il est parfois appelé point d'arrêt. Lorsqu'il est placé sur (ou sous) une barre de mesure, il autorise un silence libre entre les sections précédant et suivant ladite barre de mesure.
Il arrive que le tempo soit suspendu, non plus le temps d'une seule figure, comme dans le cas du point d'orgue, mais cette fois, pour tout un passage. Cette suspension peut être signalée une fois encore par divers termes italiens, tels que :
Notons enfin que le récitatif (très employé dans les opéras) est l'exemple même de composition musicale dénuée de tempo. Dans un récitatif en effet, les valeurs musicales ne sont qu'indicatives, et l'interprète doit essayer avant tout d'imiter le rythme libre du langage parlé.


