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Il faut signaler que l'utilisation du nom « occitan » et l'idée qu'il n'y a là qu'une seule langue est sujet à polémiques. On peut tout aussi bien considérer, selon les critères, soit qu'il existe des langues d'oc distinctes, soit qu'il existe une unité linguistique dépassant le cadre dialectal. Le gascon et le catalan posent aussi un problème particulier de classification vu certains côtés ibéro-romans. « Il est difficile (...) de séparer le catalan de l'occitan si l'on n'accorde pas le même sort au gascon » *1. L'appellation la plus neutre serait de parler de groupe linguistique occitano-roman.
L'occitan ou langue d'oc est une langue romane. Elle est caractérisée par sa richesse, sa variabilité et par l'intercompréhension de ses dialectes. Elle est parlée par 2 à 10 millions de personnes en France, en Italie et en Espagne (selon les sources)*8. On estime, en France, à environ 7 millions les personnes qui la comprennent sans la pratiquer. Son aire d'expansion géographique couvre le sud de la France, certaines vallées des Alpes en Italie, Monaco et le Val d'Aran en Espagne. Pour être plus précis, voici les régions occitanes d'Europe:
Des colonies occitanophones ont été créées dans le sud de l'Italie (Calabre), au Pays basque espagnol (gascon parlé au centre de Saint-Sébastien jusqu'au début du XXe siècle), en Allemagne (duché de Württemberg), en Argentine, en Uruguay, aux États-Unis (États de l'Ouest : Idaho, Oregon, etc.). Certaines colonies parlent encore aujourd'hui l'occitan ou utilisent un dialecte mêlé avec la langue locale.
On l'appelle parfois, à tort, provençal : ce dernier, cependant, n'est qu'un des dialectes occitans. Il fut appelé autrefois, lenga romana, roman aux XIIIe et XIVe siècles puis au XIXe s., limousin au XIIIe s., mondin ou raimondin, gascon au XVIe s., catalan, provençal au XIIIe s. et XIXe s. ; ou encore lingua occitana au XIVe s., langue d'oc, patria linguae occitanae, occitanique et encore occitanien.
L'occitan appartient avec le catalan à la famille des langues occitano-romanes.
Jules Ronjat a cherché à caractériser l'occitan en s'appuyant sur 19 critères principaux et parmi les plus généralisés. Onze critères sont phonétiques, cinq morphologiques, un syntaxique, et deux lexicaux. On peut ainsi noter l'absence ou la rareté de voyelles fermées (en français : pâte, rose, yeux). C'est une caractéristique des occitanophones grâce à laquelle on reconnaît leur accent « méridional » même quand ils parlent en français. Il existe aussi la non-utilisation du pronom personnel sujet (ex : canti, je chante ; cantas, tu chantes). On peut trouver encore d'autres traits discriminants. Mais, rien que sur les critères principaux, il existe : sept différences avec l'espagnol, huit avec l'italien, douze avec le franco-provençal et seize sur dix-neuf avec le français.
À un stade ancien, on peut estimer que catalan et occitan ne constituaient qu'une seule langue.
La différenciation s'est effectuée vers le milieu du XIIIe siècle sur des critères essentiellements politico-géographiques. En effet, le gascon est considéré comme un dialecte occitan, alors que le catalan, bien que plus proche des autres dialectes occitans d'un point de vue linguistique, est considéré comme une langue différente.
L'occitan et le catalan se distinguent par la manière d'écrire la langue (graphie). Les Occitans d'aujourd'hui ont majoritairement choisi d'utiliser une graphie proche de la langue médiévale (et des origines latines). D'autres avaient préféré franciser leurs graphies (Provençaux Avignonnais, école linguistique Gaston-Phébus en Gascogne...). Tandis que les Catalans ont choisi une graphie plus centrée sur leur manière de prononcer (pas de n final à català par exemple).
L'aspect politique, culturel et religieux est important aussi. La Catalogne, contrairement à l'Occitanie a bénéficié longtemps d'une indépendance étatique alliée à un fort développement économique. De plus, l'espace occitan est globalement défini par son appartenance à la France, le catalan est majoritairement défini par son appartenance à l'Espagne. Encore récemment les langues continuent d'évoluer séparément : le catalan est un ensemble de dialectes qui ont tendance à s'hispaniser au contact du castillan ; l'occitan, lui, a tendance à se galliciser au contact du français. Le poids important des langues espagnole et française dans le monde pèse lourdement sur les rapports de domination linguistique au sein de la France et de l'Espagne.
Il ne faut toutefois pas en conclure que l'occitan et le catalan soient très différents. Il existe une bonne intercompréhension entre catalanophones et occitanophones ; de plus de nombreux rapprochements historiques, culturels et amicaux rapprochent ces peuples.
L'occitan est la plus centrale des langues romanes, à ce titre, les influences extérieures de la périphérie romane auraient pu empêcher sa naissance et son développement en n'en faisant qu'un lieu de passage tributaire d'une koinè extérieure ou bien favoriser son développement en tant que langue véhiculaire spécifique. C'est cette deuxième possibilité qui s'est avérée, favorisée par certaines circonstances qui ont donné à l'occitan son originalité :
Il faut remarquer qu'à l'apogée de la civilisation occitane du XIe siècle au XIIIe siècle l'occitan était une langue bien plus unifiée qu'aujourd'hui. La koinê était une langue littéraire mais aussi juridique et administrative utilisée sur un immense territoire. On ne sait toujours pas à l'heure actuelle comment a pu se former cette langue très normalisée pour l'époque! En effet, une langue commune n'apparaît jamais spontanément. Elle suppose une unification linguistique selon des critères plus ou moins arbitraires. Ces critères sont souvent consécutifs à une unification politique et administrative (ex: le dialecte parlé par le roi est devenu le français de référence, le dialecte toscan est devenu la norme pour l'italien).
La comparaison en terme de nombre de mots avec les autres langue n'est jamais facile : il est rigoureusement impossible de chiffrer exactement le nombre de mots d'une langue (cf. Lexique pour une explication, ainsi que Lemme et Lexicalisation).
On ne peut donc pas évaluer correctement le nombre de mots de l'occitan. On avance un nombre comme 450 000 environ, qui serait comparable à celui de l'anglais (le Webster's Third New International Dictionary, Unabridged avec ses addenda de 1993, arrive à environ 470 000 entrées, comme l'Oxford English Dictionary, 2e édition). Le site web du dictionnaire anglais Merriam-Webster estime qu'on arriverait à un nombre variant entre 250 000 et 1 million de mots.
Les dictionnaires usuels de français (Petit Robert, Petit Larousse) comptent en moyenne plus de 50 000 mots, les grands dictionnaires (comme le Grand Robert ou le Trésor de la langue française) peuvent arriver à 100 000.
Le magazine Géo *10 affirme que la littérature anglo-américaine peut être traduite plus facilement en occitan qu'en français ( à l'exception de tous les termes modernes technologiques que l'occitan, comme les autres langues, a intégré).
Là où la comparaison entre langues est intéressante, c'est quand on compare le contenu du lexique. Par exemple, il existe 128 synonymes pour signifier l'idée d'une terre cultivée, 62 pour marécages, 75 pour désigner un éclair, etc. *10 Ainsi, on voit que le vocabulaire de l'occitan est plus riche que le français en terme de mots décrivant la nature et la vie rurale.
La langue a subi a subi une éclipse pendant la période d'industrialisation, la richesse du vocabulaire lié à la vie de cette époque est moins importante qu'auparavant. La langue ayant été longuement rabaissé au titre de patois.
Les occitanistes décidés à montrer que l'occitan est une langue vivante et riche ont développés un vocabulaire propre à un langage moderne (ex: web => oèb). Grace à eux, la survie de la langue n'est plus autant menacée. Sans eux, le vocabulaire aurait témoigné d'un retard préjudiciable quant à sa capacité à décrire le monde qui l'entoure dans ses réalités actuelles.
L'occitan prédisposerait aussi, selon les sources du magazine Géo, à l'apprentissage des langues étrangères. En effet, l'oreille humaine a la capacité d'entendre 24 000 hertz. Cependant, l'usage de la langue maternelle filtre et « déforme » les sons étrangers. Le français n'en perçoit que 5'000 hertz, tandis que l'occitan en perçoit 8'000 au minimum. *10
De plus, l'occitan est une langue romane centrale, ce qui facilite la compréhension des langues latines voisines : italien, espagnol, portugais... L'occitan est la langue romane qui a le plus de points communs avec les autres langues de la même famille. Ci-dessous, une comparaison de l'occitan (dialecte central) et d'autres langues latines :
Tableau de comparaison de langues romanes :
| Latin | Français | Italien | Espagnol | Occitan (Languedocien) | Catalan (Central) | Portugais | Roumain |
| clave | clef | chiave | llave | clau | clau | chave | cheie |
| noctem | nuit | notte | noche | nuèit | nit | noite | noapte |
| cantare | chanter | cantare | cantar | cantar | cantar | cantar | cânta |
| capra | chèvre | capra | cabra | cabra | cabra | cabra | capra |
| lingua | langue | lingua | lengua | lenga | llenga | lingua | limbă |
| platea | place | piazza | plaza | plaça | plaça | praça | piaţă |
| pons | pont | ponte | puente | pònt | pont | ponte | pod |
| ecclesia | église | chiesa | iglesia | glèisa | església | igreja | biserică |
| hospitalis | hôpital | ospedale | hospital | espitau | hospital | hospital | spital |
| caseus | bas latin formaticum | fromage | formaggio | queso | formatge | formatge | queijo | fromaĝo |
N'oublions pas non plus que l'anglais a aussi reçu un vocabulaire latin, angevino-normand (langue d'oïl) et occitan. Il existe une certaine proximité de vocable entre l'occitan et l'anglais qui n'a jamais existé ou a disparu en français : jump (anglais) / jumpar (occitan), rave (party) / rèva (en français rêver), record / recordar (mais existait en ancien français : recorder), etc.
La maîtrise de l'occitan, comme de celle d'autres langues romanes, entraîne un accroissement de la faculté de parler avec un langage varié en français.
Le français, notamment, a emprunté de nombreux mots d'origine occitane. Cependant, certains dictionnaires français sont mal renseignés concernant l'occitan. Ils peuvent se tromper d'origine ou de date d'apparition des termes. En fait, il ne faut pas oublier que l'occitan a servi de zone linguistique de transmission de termes venus du Sud de l'Europe ou du Maghreb. L'italien et le castillan, par exemple, ont fourni nombre de leurs mots au français en passant par l'occitan. Or, certains dictionnaires ne signalent que la langue-source en dernière analyse et non la langue à laquelle le mot a été emprunté. Les dictionnaires plus récents ou universitaires (Grand Robert, Trésor de la langue française) sont relativement à l'abri de ces erreurs.
À l'heure actuelle, certains mots occitans permettent de comprendre des mots en français dans un registre populaire, familier, commun ou bien relevé : abèlha > abeille, balada > ballade. On peut aussi noter quelques autres mots de création occitane ou dont la forme occitane est à l'origine des mots en français: cocagne, flageolet, gabarit, mascotte, soubresaut, etc.
Tout comme dans les autres langues romanes, les emprunts au latin et au grec ancien permettent de créer de nouveaux mots trés précis, par exemple pour un usage technologique ou scientique. De plus, l'Académie de la langue catalane étant trés active, l'emprunt direct au catalan est facile et rapide à réaliser, au détriment cependant d'une autonomie de la langue occitane face aux évolutions de la société.
Langues culturelles et intellectuelles du sud de la France pendant toute la période médiévale, tout particulièrement avec les troubadours (celui qui trouve, de trobar, trouver en occitan). Les troubadours ont inventé l'amour courtois en répandant l'idée novatrice de fidélité à la dame plutôt qu'au seigneur. Leur idéologie s'est rapidement propagée dans toute l'Europe. Ainsi, ils donnent le ton aux cours européennes après les temps tristes qui ont suivi les invasions barbares et créent le style de vie raffiné des cours seigneuriales. On peut affirmer que la culture occitane est une des bases fondatrices des valeurs européennes modernes, au même titre que la Grèce ancienne et que la romanité.
Le déclin de l'occitan comme langue administrative et littéraire : de la fin du XVe siècle au XIXe, l'occitan n'a cessé de perdre son statut de langue savante (ce qu'a accentué l'ordonnance de Villers-Cotterêts). Pierre Bec (op. cit.) précise qu'en 1500 encore la prononciation et la graphie correspondaient mais qu'en 1550 le divorce est consommé.
La langue du roi de France finira par s'imposer dans tout le pays dans l'oral (ancienne provinces occitanophones comme le Poitou, la Saintonge ou les Charentes, la Marche et la Basse-Auvergne, ainsi qu'une partie de Rhône-Alpes). Elle s'imposera seulement dans les écrits administratifs et juridiques ailleurs (régions actuellement occitanophones).
La Révolution française n'arrangera pas les choses car les jacobins, sous prétexte d'unité nationale, imposeront le français comme seule langue officielle. Cependant, bien que la littérature occitane périclite, la langue d'oc reste toujours celle qui est utilisée à l'oral. Elle sera utilisé à des fins de propagande révolutionnaire, pour y faire adhérer le peuple.
La langue, malgré quelques tentatives littéraires au XVIe, ne survit plus que dans les usages populaires raremant écrits et ce jusqu'au XIXe siècle avec le renouveau du Félibrige.
L'occitan restera pour une grande majorité la seule langue parlée par la population jusqu'au début du XXe siècle. C'est au début de ce siècle que l'école républicaine française y porte un grave coup de semonce, par le biais d'une politique de dénigrement et de culpabilisation des occitanophones.
Alors que la langue semble fortement attaquée, différents mouvements de défense de la littérature occitane naissent. Pendant la période 1650-1850, la langue se renouvelle. On assista à divers courants qui ont convergés l'un vers l'autre pour redonner à la langue du prestige. La reconnaissance de la littérature occitane peut être attribuée, notamment, à l'Agenais Jacques Boc (Jasmin) et au nimois Jean Reboul. Cette première renaissance a préparé l'avènement du Félibrige. On distingue:
Aprés l'oubli des troubadours, ceux-ci connaissent dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle un renouveau d'intérêt. Dans les cercles aristocratiques méridionnaux, on remet en cause la prétendue suprématie littéraire du français. On assiste à une recherche linguistique et littéraire. On retrouve le goût romantique pour le Moyen Âge. Le folklore, les romans et les contes champêtres présentent de l'intérêt. Les historiens travaillent sur la « croisade des Albigeois » et sur l'histoire du Midi.
"Apelavam ma lenga una lenga romana". Ce vers est la jonction de deux courants de l'occitan renaissant. L'un: la « langue » : son « patois » quotidien; l'autre : la « lenga romana » est une marque d'érudition. Le patois est vu comme une langue d'un rang très haut. L'amour pour le peuple et ses misères est chanté par Victor Gelu.
A contrario des « savants » qui sont tournés vers le passé dans un sens de recherches érudites et des « ouvriers » qui mettent en avant leurs dynamisme de prolétaires, les poètes bourgeois (ou de petite noblesse) se situeront entre les deux. Le mouvement est plus amateur, mais avec une grande passion pour la langue.
Le Dr Honnorat compris la nécessité de plus de réalisme linguistique. Elle avait perdu sa codification orthographique et morphologique. L'indiscipline dans la grammaire ou la graphie était même revendiquée dans le mouvement ouvrier. Honnorat a publié son dictionnaire provençal-français dès 1840. C'est un précurseur qui redonne à l'occitan sa dignité et sa cohérence.
La seconde renaissance littéraire de la langue s'est faite au XIXe siècle sous la conduite de Frédéric Mistral et du Félibrige. À cette époque la langue est essentiellement utilisée par le peuple rural. Mistral et ses confrères du Félibrige ont redonnés du prestige à la langue, en lui donnant une norme et des œuvres littéraires. Leur action a parfois été mélée d'une volonté politique. Les félibres ont dit : « une nation qui n'a qu'une littérature, une nation qui détruit les langues périphériques, c'est une nation indigne de son destin de nation ». L'occitan, sous sa forme provençale et sa graphie avignonnaise, a été diffusé bien plus loin que les frontières de l'occitanophonie. Encore aujourd'hui la littérature mistralienne qui est étudiée dans des pays comme le Japon ou en Scandinavie. Mistral est le seul auteur uniquement occitanophone a avoir été récompensé pour son œuvre au plus haut point, il a reçu le prix nobel de littérature. La réforme linguistique mistralienne trouva son meilleur ouvrier dans Auguste Fourès de Castelnaudary (1848-1891) qui, dans ses divers recueils poétiques, l'acclimata définitivement en Languedoc. Plus tard, d'autres écrivains du Languedoc ou du Limousin Antonin Perbòsc (1861), Prosper Estieu (1860), Roux (1834-1905)tentent d'unifier la langue. Ils ont restaurés la graphie classique et ont purgés la langue des gallicismes. Le système Perbosc-Estieu devient la base de la graphie de l'" occitan « moderne. Louis Alibert publie en 1935, à Barcelone la Gramatica occitana segon los parlars lengadocians, il perfectionne la graphie.
Au début du XXe siècle, l'école républicaine joue un grand rôle dans la disparition de l'utilisation orale de la langue. En effet, elle tend à culpabiliser les locuteurs occitan en prétextant que pour réussir dans la vie il faut parler français. La répression de l'utilisation de la langue au sein de l'école est très importante : sévices physiques, humiliations... À cette époque, on dit qu'« il est interdit de cracher par terre et de parler patois ». Le terme de patois est d'ailleurs contestable car péjoratif. Il a eu pour but de faire oublier que l'occitan est une langue et de faire croire que l'utilisation du patois était obscurantiste car elle n'était pas la même d'un village à l'autre.
Les changements sociaux du début du siècle sont aussi à l'origine de la dépréciation de la langue. Avec la révolution industrielle et l'urbanisation, ne parler que l'occitan constituait un handicap pour accéder à des postes importants. De nombreux parents ont alors choisi de ne parler que le français à leurs enfants. Pourtant, pour eux-même, le français était la langue de l'école et de l'administration, mais ce n'était pas leur langue maternelle.
Malgré cette période de forte dévalorisation de la langue, de nouveaux auteurs voient le jour:
- Max Rouquette (1907-1956) a joué un rôle irremplaçable dans le maintien de la culture ocitane et dans sa revivification profonde. Il a été traduit aux États-Unis, en Allemagne et au Japon, puis plus tard il traduisit lui-même ses œuvres en français. La »comédie française" lui rend aujourd'hui hommage.
- Félix-Marcel Castan (1923-2001),ce philosophe est devenu le meneur des réflexions sur l'occitanisme et la décentralisation culturelle. Il est le premier a établir
- Bernard Manciet, (1927 - ) ce diplomate et entrepreneur gascon est un des poètes paradoxaux les plus considérables.
- Robert Lafont, poète et écrivain de pièces de théâtre
- Pierre Bec, spécialiste de langue et littérature d'oc et écrivain, a publié en 1997, « Le Siècle d'or de la poésie gasconne (1550-1650) ».
- François Fontan, fondateur des principes de l'ethnicisme
LES PRINCIPES DE L'ETHNISME: http://ethnisme.ben-vautier.com/principes/fontan1.html
PROPOSITIONS POUR UN PROGRAMME INTERNATIONAL ETHNISTE:
http://ethnisme.ben-vautier.com/principes/fontan2.html
En 1931-39 l'autonomie acquise par la Catalogne, qui soutient l'occitanisme, redonna un coup de fouet au dynamisme occitan.
L'IEO institut d'estudis occitans œuvre depuis 1945 pour la défense et la promotion de la langue occitane. Son action est responsable en grande partie de la sauvegarde et du développement de l'occitan. Il intervient dans : - la recherche - les études, colloques,et publications - la promotion de l'enseignement de l'occitan - la formation : stages, rencontres d'été,... - la centres de vacances jeunesse - les arts plastiques : expositions - la musique - l'édition : l'IEO est le plus gros éditeur de langue d'òc avec ses collections : de prose, de poésie, de vulgarisation, enfants... De plus, les sections régionales et départementales de l'IEO, les Cercles occitans locaux participent à l'animation et à la vie culturelle du pays.
La politique des langues régionales et minoritaires (lois sur les langues régionales, enseignement...): http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/europe/france_politik_minorites.htm
Un sondage montre que 80 % des occitans interrogés (locuteur ou pas de la langue) sont favorables à l'enseignement de l'occitan. Cependant le nombre de postes offerts par l'administration est très en deçà des besoins exprimés.
Les deux-tiers des sondés considèrent que la langue est plutôt sur le déclin.
Le déclin est aussi souligné par les institutions européennes, ainsi que l'UNESCO. Les dialectes occitans sont classés en situation de danger important ou très important de disparition.
Cependant dernièrement, une jeune génération qui se ré-occitanise est apparue. Elle n'a plus honte de parler le « patois ». Cette génération est principalement: soit d'origine rurale, soit issue de milieux cultivés ayant réalisés des études supérieures.
Certaines régions (Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, et dans une moindre mesure, Provence-Alpes Côte d'Azur) ont développé une politique en faveur de la culture occitane. Cela consiste en donner des aides pour l'enseignement, les mouvements culturels, les publications, à soutenir les émissions télé en occitan (magazines, journaux d'informations, web-tv) et de favoriser l'emploi public de l'occitan. Dans les autres régions occitanes françaises, les actions sont pratiquement à un niveau nul.
La réalité occitane est une part constitutive de la culture européenne. Elle est reconnue et étudiée comme telle dans les universités étrangères : en Allemagne, aux États-Unis, en Scandinavie, au Japon même... L'occitan est étudié dans des universités du monde entier dans le cadre des études des langues romanes.
En Catalogne espagnole, l'apprentissage de l'occitan est possible à l'école (y compris hors zone occitanophone).
En France, elle a été longtemps refoulée par l'école, elle commence à être reconnue dans l'enseignement officiel: cours d'occitan en options ou bilinguisme des écoles calandretas. Même le gouvernement français, dans son rapport de 1998 sur les langues régionales, reconnaît aujourd'hui, que « l'occitan se caractérise par son extension géographique, de loin la plus importante ramenée au territoire français, et par une production culturelle -en particulier littéraire- au prestige certain, à la fois très ancienne et vivace ».
Le nombre de postes de CAPES d'occitan était de 17 (+ un en école privée) en 2002, 13 postes en 2003, et sera de 4 postes pour 2004.
Remy Pech, président de l'université de Toulouse-le-Mirail déclare que c'est « en totale contradiction avec les objectifs de la décentralisation républicaine annoncée par le gouvernement ».
Le Partit occitan considère que c'est « une liquidation programmée de l'enseignement de l'occitan ».
Alain Rainal de la Féderation des enseignants de langue et culture d'oc (FELCO) parle de liquidation de l'enseignement de l'occitan et donc de liquidation de la langue occitane. En effet, les postes de CAPES diminuent de 30% en moyenne; le CAPES d'occitan diminue, lui, de 71%. Selon lui, le gouvernement demande plus de solidarité aux plus pauvres, et demandent moins au plus riches. Il rajoute que les langues et cultures régionales c'est quelque chose de trés important, un patrimoine inestimable. Donc cela mérite de ne pas être baissé, ,mais au moins d'être laissé au niveau d'avant. M. Rainal rajoute: que cette nouvelle est inquiètante pour l'enseignement de l'occitan bilingue ou trilingue. Les parents d'élèves savent qu'il y a une possibilité de valoriser profesionnellement cette connaissance acquise. Le nombre de postes au concours se réduisants, il faudra passer un concours pour seulement quatre postes. Cela crée une grande difficulté et n'accorde que peu de perspectives profesionnelles.
Lire les bilans concernant la langue occitane et les revendications du « Centre Regionau dels Ensenhaires d'Occitan » CREO : http://perso.wanadoo.fr/jean-michel.espinasse/creo-mp/index.html
Occitan lenga e cultura olímpica: les prochains jeux olympiques d'hiver 2006 se dérouleront entre autres dans les vallées occitanes d'Italie. Actuellement la « Chambra d'Òc » ainsi que les institutions politiques de la province de Turin, les communautés de montagne (Val Pelis, Val Cluson, auta val Susa) et la commune de Bardonecha demandent, en vain, que l'occitan fasse parti des langues officielles des jeux. Il y aura de toute façon des manifestations publiques comme la présentation du festival de Rodez par exemple. Pour plus d'informations sur l'occitan dans la province de Turin : http://www.provincia.torino.it/cultura/minoranze
La BTV (Barcelona Televisió) diffuse chaque semaine un journal TV en occitan appelé « Inf'òc ». Les émissions de la télévision catalane sont tantôt en gascon, tantôt en languedocien. La zone de diffusion couvre Barcelone, bien entendu, mais aussi Girona, Sant Cugat, Mataró
Les catalans et les occitans travailleront ensemble sur la terminologie. C'est ce qui a été décidé en juillet lors d'une réunion dans le Val d'Aran. Une convention sera passée entre l'Institut d'Estudis Català, l'Institut d'Estudis Occitan, le conseil général d'Aran et Termcat pour publier des lexiques en 2005. Quatre lexiques de vocabulaires seront crées dans les domaines des mathématiques, de la biologie, de lécologie, de linternet et de la téléphonie mobile. Termcat (organisme chargé de travailler sur la terminologie en Catalogne) a proposé de mettre à disposition son travail. En effet, 90% du lexique catalan est directement aplicable à l'occitan. Ces lexiques, et ceux qui suivront seront particulièrement utiles aux enseignants: de l'école primaire jusqu'au lycée, et parfois même au-delà!
Certains pensent qu'il n'existe pas une mais des langues d'Oc, de la même manière que les langues d'oïl constituent une famille et non une langue unique. Ils sont minoritaires. Toutefois, la différenciation entre une famille linguistique, une langue, un groupe dialectal, ou un dialecte, est parfois arbitraire, ce qui révèle la complexité de la linguistique.
Les différents dialectes de l'occitan sont :
Les dialectes du nord-ouest: du Poitou, de la Saintonge, de l'Aunis et de l'Angoumois sont aujourd'hui considérés comme disparus. On y parle maintenant des dialectes d'oïl avec de légères connotations d'origine occitane (ex : le mot tarantelle pour désigner une araignée). De nombreux troubadours de la cour d'Aquitaine-Angleterre étaient originaires de cette région. La capitale de l'Aquitaine était Poitiers à cette époque. Richard Cœur de Lion, aquitain lui-même par sa mère, a composé des poésies en occitan à Poitiers. Cependant cette région n'est jamais revendiquée comme occitane par les occitanistes. Peut-être est-ce par méconnaissance ou par une approche plus « méridionale » et politique de l'occitanité?
Au centre, les zones intermédiaires entre le français et l'occitan ont été francisées : Marche et Basse-Auvergne.
Les dialectes de nord-est : le Lyonnais, le Forez et le Dauphiné septentrional qui étaient des zones intermédiaires entre l'occitan et le franco-provençal sont devenues francophones.
Dante est le premier à avoir employé le terme de « lingua d'oco ». Il opposait l'appellation langue d'oc (occitan) à langue d'oïl (français) et à la langue des si (italien). Il se basait sur la particule servant à l'affirmation : dans la première, « oui » se dit oc, mais oïl dans la seconde, et si dans les dialectes italiens. Les trois termes viennent du latin : hoc pour le premier, hoc ille pour le second et si pour le troisième.
Nota: les numéros correspondent à des points numérotés dans le texte


