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Jacques Offenbach est un compositeur allemand naturalisé français, né à Köln (Cologne) en 1819 et mort à Paris le 4 octobre 1880.
| Sommaire |
Offenbach étudia le violoncelle au Conservatoire de Paris et débuta comme soliste virtuose. Il joua dans l'orchestre de l'Opéra-Comique et au Théâtre Français et Bouffes Parisiens. En 1855 il créa un théâtre afin qu'y fussent exécutées ses propres œuvres. Il travaille avec les librettistes Henric Meilhac et Halévy. Ses ouvrages scéniques reflètent la joie de vivre du Second Empire et sont emplis d'humour, voire de propos immoralistes assez scabreux (apologie du ménage à trois dans La Belle Hélène, du cocufiage réciproque dans Orphée aux Enfers) :
Offenbach, avec les livrets de Meilhac, utilisa également de manière dérisoire la mythologie grecque, faisant des dieux et des héros des êtres superficiels, idiots ou débauchés, reflets à peine voilés de la haute société et de ses mœurs légères :
Et la très suggestive danse d'Agamemnon (Acte III, scène 5) :
Le détournement de l'Antiquité lui permet ainsi de faire de violentes critiques de l'hypocrisie, du décorum (« Tout pour le décorum ! » mot d'ordre de Jupiter) et de la bêtise de l'époque :
C'est sans doute parce que les opéras d'Offenbach font rire des travers humains, qui ne sont pas seulement propres à cette époque, que certaines de ses œuvres ont conservé une force comique remarquable.
Mais son œuvre contient également des morceaux lyriques d'une rare perfection, d'autant plus étonnants qu'ils se placent souvent au milieu de bouffonneries. Ces passages évoquent souvent avec une grande tendresse ou avec malice l'amour éprouvé par ses héroïnes :
Certaines des ses héroïnes sont de charmantes « cocottes », jouets de la fatalité, comme la blonde Hélène :
D'autres héroïnes sont de jeunes filles, garçons manqués ou rêveuses, qui découvrent l'amour et qui soupirent éperdument en pensant à leur amoureux.
Durant 35 ans, il a composé environ 90 opérettes et opéras-comiques, dont les plus célèbres sont la Belle Hélène, la Vie parisienne, Orphée aux enfers, connu notamment pour le finale détourné plus tard sans les paroles en french cancan, genre étranger à Offenbach, Les Brigands (et le fameux bruits des bottes), etc.
Nombre de partitions ne nous sont pas parvenues. Le 15 juillet 2004, alors qu'on la croyait détruite, la partition d'orchestre manuscrite de l'opéra fantastique les Contes d'Hoffmann a été retrouvée dans les archives de l'Opéra national de Paris. Cette partition, créée le 10 février 1881, avait disparu dans l'incendie de la salle Favart, le 25 mai 1887 ; la partition de la version opéra fut également réduite en cendres lors de l'incendie du Wiener Ringtheater (Vienne), en décembre 1880, conférant à l'œuvre une réputation maudite.
Bien des œuvres d'Offenbach ne sont plus jouées en France. Les « grands » classiques mis à part, on ne trouvera que des compilations qui ne permettent guère d'approfondir la connaissance du compositeur. Il est par exemple incroyable de ne pouvoir écouter Robinson Crusoe (une œuvre majeure qui eut un grand succès) qu'en version ... anglaise !
Gaîté Parisienne — Offenbachiana par l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, dirigé par Manuel Rosenthal.
N.B. : La Gaîté Parisienne et Offenbachiana sont en fait des arrangements que le compositeur et chef d'orchestre Manuel Rosenthal écrivit en 1938. En sélectionnant des thèmes populaires d'Offenbach et en les réorchestrant avec brio, Rosenthal ne s'est pas seulement identifié au compositeur : il a magnifié son œuvre ! Cet enregistrement conjugue les avantages d'une qualité artistique reconnue, d'une bonne qualité technique — Rosenthal a repris la baguette à 94 ans, en 1996 ! — et d'une durée généreuse. Toutefois, la présente suggestion ne reflète que l'avis d'un wikipédiste et ne saurait être considérée comme une référence indiscutable, tant en ce qui concerne le choix de l'œuvre que celui de son interprétation.


