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Une ordalie est un jugement divin : en présence d'une incertitude majeure, ou d'une situation que les règles en vigueur ne permettent pas de trancher, ou encore d'une situation remettant en cause des règles habituelles, on renvoit la décision à une épreuve qui engage la vie ou l'intégrité physique des protagonistes. Celui (ou ceux) qui survivent sont alors réputés avoir (les) Dieu(x) avec eux, on dois donc leur accorder le traitement le plus favorable.
L'ordalie est donc un sacrifice : il rend sacré ce qui ne l'était pas au départ. On ne peut la qualifier de rite, car elle touche au plus profond de la religion : la fondation du sacré, dans des moments et selon des modalités qui ne peuvent pas être complétement codifiés à l'avance.
Le champ symbolique de ce sacrifice est a priori très limité : il porte exclusivement sur la situation qu'on a renvoyée à l'ordalie. Malgré cela, participer à une ordalie c'est toucher au sacré, c'est donc une marque symbolique forte, et parfois trop lourde : la communauté ne peut plus regarder le survivant de la façon ordinaire. Comme le sacré, l'ordalie est ambivalente, y participer c'est porter à la fois le bien et le mal, le divin et le démoniaque.
De ce point de vue, l'ordalie par le fleuve ou par abandon (Cf. infra) protège la communauté en expulsant même la personne qui a le divin avec (ou : en) elle.
Exemples d'ordalie :
Le survivant est donc magique, et en milieu chrétien et donc anti-magique, le test ordalique peut virer à la farce tragique (Cf. le test de l'eau : si le suspect coule il était coupable, s'il flotte c'est un sorcier et donc, aussi, coupable), ou au renversement complet (si le suspect coule il n'était bien qu'un homme ordinaire, son âme est sauve ; inversement, s'il survit, c'est un sorcier à éradiquer).


