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L'Ordinateur Couleur de Radio Shack (appelé en anglais Color Computer, Tandy Color Computer ou encore
CoCo) était un ordinateur personnel basé
sur le microprocesseur 6809 de Motorola et faisait partie de la gamme des TRS-80.
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Le CoCo a commencé sa vie sous la forme d'un système de référence chez Motorola, et était destiné à servir de terminal Videotext. En fait, une version simplifiée du CoCo s'est vendue en tant que terminal Videotext avec le même boîtier et le même clavier. Le CoCo original venait en versions 4k, 16k et 32k, bien que des bricoleurs ont rapidement découvert une façon de transformer les systèmes à 32k en systèmes à 64k en activant la seconde banque de mémoire vive (qui était désactivée lors de la fabrication). Le boîtier gris et le clavier «chiclet» du CoCo I furent abandonnés en faveur du clavier blanc de taille normale des CoCo II et III.
Le CoCo se distinguait des «Models» I/II/III/4 et 4p, basés sur le Z80, par la présence d'un processeur différent (le Motorola 6809e) et d'une fente pour cartouche comme celle du système Atari 2600 (VCS). Conséquemment, plusieurs jeux et applications (incluant un système d'exploitation de disquettes) furent commercialisés sous la forme de cartouches. Comme le Model I, le CoCo venait avec un interpréteur BASIC «Standard» ou «Étendu» («Extended»), d'une manière analogue au BASIC «Level I» et «Level II.» Un contrôleur de disquettes ajoutait le «Disk Extended BASIC» (DECB). Ces interpréteurs BASIC étaient publiés sous licence de Microsoft. Il est intéressant de noter que le «DECB» n'était pas un véritable système d'exploitation de disquettes, mais ajoutait des commandes à l'interpréteur BASIC. Ces commandes accédaient directement au contrôleur d'unités de disquettes.
Il y eut un clone britannique du CoCo qui s'appelait le Dragon 32/64. La compagnie américaine Tano a tenté d'importer ces appareils aux États-Unis mais sans succès. Le Dragon était un appareil grandement amélioré, grâce à un système vidéo RGB (plutôt que le système télévisuel ordinaire des CoCo I et II), un port parallèle pour imprimante (le CoCo n'imprimait que via un port sériel plus lent) et un meilleur clavier.
Vers le milieu des années 1980, Tandy a introduit le CoCo 3, qui devait compétitionner avec l'Amiga et l'Atari ST. Basé sur le 68B09e, qui était plus rapide, et maintenant pourvu de modes graphiques améliorés, le CoCo 3 était destiné aux adeptes des jeux vidéo. Il venait avec 128k de mémoire vive et il était possible d'y mettre 512k.
À part le «DECB», pour lequel Tandy détenait une licence de Microsoft, d'autres systèmes d'exploitation étaient disponibles pour le CoCo. On trouvait par exemple FLEX (de Frank Hogg) et OS-9 de Microware. Ces deux systèmes faisaient du CoCo un outil beaucoup plus puissant. OS-9 en particulier offrait le multi-traitement et pouvait gérer plusieurs usagers.
Tandy a aussi commercialisé le «Multi-Pak», qui permettait de brancher jusqu'à quatre cartouches simultanément, comme par exemple le synthétiseur de voix, le modem 300 bps et autres accessoires. Le CoCo fut le premier ordinateur de Tandy pour lequel une souris était disponible.
Un outil populaire pour le CoCo était CoCoMax, un logiciel de dessin (semblable à MacPaint) qui venait avec une cartouche offrant un adapteur pour manette à haute résolution. On pouvait y brancher la souris de Tandy. Ce produit a beaucoup plu aux utilisateurs du CoCo et d'ailleurs, les prototypes pour le Macintosh furent conçus à l'aide du même processeur 6809 de Motorola.
Il y avait trois versions différentes du CoCo:
La version originale du CoCo se vendait avec 4k, 16k ou 32k de mémoire vive et avec des versions simple ou étendue du «Color Basic» de Microsoft. Ce modèle utilisait un téléviseur ordinaire pour son affichage. Plus tard, une mise à niveau à 64k fut disponible. Ceci fut rendu possible par une révision de la carte-mère: les modèles qui ont précédé cette révision ne peuvent être facilement étendus à 64k. Quelques périphériques étaient disponibles: un appareil à cassettes audio pour le stockage, des imprimantes sérielles, une unité de disquettes 5.25", des générateurs de voix et de sons, et des manettes de jeu.
Cette version du CoCo avait un boîtier plus petit. Les derniers modèles étaient capables d'afficher des lettres minuscules, avaient un meilleur clavier, et pouvaient recevoir 64k de mémoire vive. (Les premiers modèles venaient avec 16k.) Radio Shack a aussi vendu le CoCo II sous l'étiquette «Tandy Data Products» en l'appelant «TDP-100.» Le CoCo II pouvait exécuter OS-9 Level 1 de Microware.
Ce modèle avait un processeur 68B09e ainsi que 128k ou 512k de mémoire vive. Il utilisait tous les périphériques originaux et la plupart des anciens logiciels pouvaient s'y exécuter.
Les composants graphiques et de mémoire des CoCo I et II furent remplacés par une nouvelle puce nommée «GIME» qui offrait plusieurs modes d'affichage (certains en texte seulement, certains en graphique permettant jusqu'à 16 couleurs parmi une palette de 64). Le «GIME» s'occupait aussi de gestion de mémoire («memory mapping») en blocs de 8k, ce que certains développeurs considéraient exagérément grand pour un espace d'adressage de 64k). Finalement, le «GIME» s'occupait du rafraîchissement de la mémoire vive.
Microware a étendu davantage le BASIC pour supporter les nouveaux modes d'affichage et a fourni plus tard une version «Level 2» d'OS-9. Ce système permettait le multi-traitement, un système de fenêtres et un environnement de développement plus élaboré qui comportait BASIC09, un compilateur BASIC. Des compilateurs C et Pascal étaient disponibles.
(Plusieurs membres de la communauté OS-9 du CoCo ont amélioré «OS-9 Level 2» à la demande de Tandy, mais Tandy a arrêté la production du CoCo 3 avant que la mise à jour ne soit officiellement publiée. La plupart de ces améliorations ont vu le jour dans NitrOS9, une récriture majeure de «OS-9 Level 2» qui visait à tirer profit des fonctions additionnelles et de la vitesse accrue du 6309 de Hitachi.)
Le CoCo 3 avait aussi une sortie RGB, ce qui permettait d'utiliser directement un moniteur analogue RGB.
Le 6809 dans les CoCo I et II exécutait à 0,895 MHz; le CoCo 3 exécutait à cette fréquence par défaut, mais il était possible pour un programme d'activer un mode où cette fréquence était doublée.
La fréquence 0,895 MHz correspond au quart de la fréquence de balayage d'un écran d'un téléviseur couleur. (Ce genre de synchronisation entre le processeur et le téléviseur était commune dans les ordinateurs domestiques et les consoles de jeux vidéo de cette époque; même le PC original d'IBM exécutait à quatre tiers de la fréquence de bayalage.) Cette technique était commode parce qu'elle réduisait le nombre de pièces requises, mais elle limitait les possibilités d'extension et de modification de l'horloge du processeur.
Tandy a pris plusieurs autres raccourcis en concevant le CoCo en cherchant à diminuer le nombre de pièces même au prix de la vitesse d'exécution. Les raccourcis les plus connus furent probablement le port sériel bit à bit et l'interface-souris à haute résolution. Cette dernière en particulier forçait le processeur à faire de l'attente active jusqu'à ce qu'un condensateur se décharge pour qu'il soit ensuite possible de déterminer la position de la souris. À moins d'être en train d'utiliser la souris activement, il fallait apprendre à la placer au coin supérieur gauche de l'écran.
Des compagnies tierces comme DISTO et Cloud-9 ont fait beaucoup plus avec le CoCo que ce à quoi Tandy devait probablement s'attendre. Par exemple, il est maintenant possible d'attacher des disques IDE et SCSI à un CoCo. Le CoCo a encore une base d'utilisateurs petite mais active.
Il y a eu et il y a encore une division majeure entre deux groupes d'utilisateurs du CoCo: ceux qui utilisent OS-9 et ceux qui «utilisent» DECB (Disk Extended Color BASIC); les guillemets sont présents parce que plusieurs sinon la plupart des programmes non-OS-9 n'avaient recours au DECB que comme chargeur et comme pilote de disquettes, et ils faisaient tout le reste en accédant directement au matériel. Ceci impliquait que l'évolution du CoCo devait maintenir tous les défauts et raccourcis pour éviter de briser les applications non-OS-9. Avec OS-9 toutefois, des changements à la machine ne requéraient qu'une récriture des pilotes de périphériques. Cette présumée obligation de compatibilité totale avec le passé a empêché au moins une tentative d'amélioration du CoCo: le «Tomcat TC09» de Frank Hogg a échoué alors que Chris Burke tentait de lui faire simuler tous les détails du matériel du CoCo. Toutes les autres tentatives ont probablement échoué pour les mêmes raisons. S'il y avait une archive de la base de messages de Compuserve sur OS-9, on pourrait y relire le cri du cœur de Kevin Darling à l'endroit des utilisateurs du DECB, portant le sujet «Vous tuez le CoCo!» («You're Killing the CoCo!»).
En somme, Tandy a laissé passer une occasion importante: il faut se rappeler qu'un processeur 6809 à 1,8 MHz exécutait plus vite que le 8088 à 4,77 MHz du PC original d'IBM et qu'en plus, des gens ont fait fonctionner le 6309 d'Hitachi à 5 MHz.


