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L'ordonnance (ou, improprement l'édit) de Villers-Cotterêts est l'acte fondateur de la primauté et de l'exclusivité du français dans les actes de la vie publique. Il ne s'agit pas du français policé parlé par la Cour et les élites, mais de la langue maternelle des Français, comme langue administrative, dans un souci de bonne compréhension des actes de l'administration et de la justice par les sujets du roi. Cette loi, signée à Villers-Cotterêts le 15 août 1539 par le roi de France François Ier, a eu pour effet de rendre le français langue officielle du droit et de l'administration, en lieu et place du latin et des autres langues du pays.
En voici les articles concernant l'usage de la langue française dans les actes de droit (en moyen français ; orthographe respectée) :
Cette ordonnance impose le français dans la vie administrative. Elle s'inscrit dans une suite de décisions royales remplaçant
progressivement le latin par les langues maternelles dans les actes du droit. Une ordonnance, celle de Montils-lès-Tours,
promulguée en 1454 par Charles VII, avait obligé que l'on rédigeât les coutumes orales, qui tenaient lieu de droit ;
ces rédactions se sont faites en langues vulgaires, que ce soient des langues d'oïl au nord, d'oc au sud. D'autres édits royaux
préconisaient les langues vulgaires, sans rendre obligatoire le français :
Or, dès le XIIIe siècle, les notaires royaux écrivaient en français et c'est entre le XIVe siècle et le XVIe que le français s'est petit à petit imposé comme langue administrative dans les chartes royales, au détriment certes du latin mais aussi des autres langues vulgaires. L'ordonnance de Villers-Cotterêts n'a fait qu'appuyer un mouvement de centralisation linguistique déjà amorcé depuis plusieurs siècles. Il ne faut pas perdre de vue qu'à cette époque (et ce jusqu'au XIXe siècle, mouvement qui n'a pris fin qu'au XXe siècle, pendant la Première Guerre mondiale), le français n'était pas la langue du peuple, qui pratiquait les très nombreuses langues d'oïl et d'oc que l'on nomme péjorativement « patois », mais essentiellement celle de la Cour, des élites (noblesse et clergé), des commerçants et d'une partie de la littérature.
L'ordonnance de Villers-Cotterêts contient aussi une disposition qui pourait être vue comme l'apparition de la légitime défense dans le droit français. En effet, elle précise que celui qui a agi pour se défendre est absous par la grâce du roi.


