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L'ordre franciscain ou ordre des frères mineurs (o.f.m.) ou encore ordre des
Cordeliers en raison de la corde qui leur sert de ceinture, est né sous l'impulsion de François d'Assise, à Assise (Italie), en 1210.
François d'Assise est un jeune homme issu d'une riche famille marchande, — son père vend des tapis jusqu'en France, d'où le prénom de Francesco — qui mène une jeunesse dissipée. Il veut devenir chevalier et se fait emprisonner un an, à la suite d'une guerre entre sa ville, Assise et la ville voisine de Pérouse. Suite à sa détention, il tombe gravement malade. Quand il guérit tout a changé. Il a alors une sorte de vision, se convertit et souhaite partir en croisade mais, encore faible, il doit renoncer. Sur le retour il donne ses riches vêtements et son cheval, et continue à pieds. Plus tard il vole des tapis à son père pour pouvoir restaurer une vieille chapelle délabrée. Ce dernier fait appel à l'évêque. Sur la place d'Assise, François rend alors l'argent qui lui reste ainsi que sses vêtements et, nu, il dit à son père : « Jusqu'ici je t'ai appelé père sur la terre ; désormais je peux dire : “ Notre père qui es aux cieux ”, puisque c'est à lui que j'ai confié mon trésor et donné ma foi ». Il part priant et louant Dieu reconstruire son église. Puis, pour la première, fois l'Évangile lui parle directement « Dans votre ceinture, ne glissez ni pièces dor ou d'argent, ni piécette de cuivre. En chemin, n'emportez ni besace, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. » (Matthieu 10,9). Il crée en 1209 une confrérie primitive, fondée sur la pauvreté totale et la prédication. François envoie ses confrères deux par deux dans toutes les régions autour d'Assise. Les frères vivent du travail de leurs mains et de l'aumône. Très vite, la communauté rencontre un très grand succès.
En 1210, le pape Innocent III approuve verbalement la nouvelle communauté. François choisit le nom de frères mineurs par référence aux « plus petits d'entre nous » dont parlent les Évangiles (Mt 25:40-45). En 1212, il est rejoint par Claire, jeune fille d'une noble et riche famille, qui a été convertie par François. Ce sera la fondation des Pauvres dames, les clarisses, second ordre franciscain. En 1221, les Franciscains s'agrandissent par la fondation du tiers-ordre, réservé aux séculiers. Il étend ainsi l'idéal biblique à tous et permet à chacun de se reconnaître dans le Christ sans renoncer au monde séculier
L'ordre reçoit une première règle officielle en 1221, c'est la Regula Prima. Elle est basée sur le respect total des enseignements de Jésus. Durant l'absence de François, les deux vicaires généraux qu'il avait laissé à la tête de l'ordre décident le Pape à publier une bulle imposant un noviciat d'un an, une profession de vœux formelle et un contrôle de la prédication. De retour en Italie, François s'y oppose, mais déjà les choses changent. La première règle,jugée trop longue et trop stricte, est remplacée en 1223 par une seconde règle, elle aussi de la main de François, approuvée par bulle par Honorius III, d'où son nom de Regula bullata. Cette règle beaucoup moins sévère est rédigée suite à des tensions à l'intérieur de l'Ordre : une partie des frères considère que la pauvreté évangélique est trop dure à supporter et souhaite posséder des couvents, des livres, etc. Finalement François cède sous la pression de frère Hugolin et frère Elie. Il écrit en 1225 le Cantique de Frère Soleil.
François d'Assise meurt en 1226, laissant un Testament où il professe son attachement à la pauvreté évangélique et une prière étonnante : « Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre sœur la Mort corporelle à qui nul homme vivant ne peut échapper. » Il est canonisé en 1228.
Dès la mort du fondateur, les conflits éclatent. En 1230, le pape Grégoire IX dispense les franciscains de suivre le testament du fondateur. L'ordre est normalisé par saint Bonaventure, ministre général de 1257 à 1274 : on insiste moins sur la pauvreté et on s'intéresse aux activités intellectuelles et pastorales.
Une tendance s'oppose à cette évolution et tient à conserver la pauvreté absolue vantée par François d'Assise. Ce sont les spirituels, aussi appelés zelanti en Italie ou fraticelles. Ils sont très marqués également par la pensée eschatologique et apocalyptique de Joachim de Flore. Au fur et à mesure que le gouffre se creuse entre eux et les conventuels (nom donné aux partisans de l'évolution de l'ordre), ils se font plus critiques de l'Église et du pape.
Les foyers spirituels sont dans le Languedoc (Pierre-Jean Olieu, ou Olivi), en Toscane (Ubertin de Casale) et dans les Marches (Ange Clareno, Pierre de Macerata). Ils sont vite accusés d'hérésie. En 1323, le pape Jean XXII règle la question de la pauvreté en déclarant par sa bulle Cum inter nonnullos que la pauvreté de Jésus et des apôtres n'a pas été absolue. Bon nombre de spirituels sont arrêtés par l'Inquisition, et les meneurs meurent sur le bûcher ou en prison au XIVe siècle.
Aujourd'hui, la famille franciscaine se décompose aujourd'hui ainsi :
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