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Lors d'une consultation d'ostéopathie animale, la manière de poser le diagnostic, de traiter et d'évaluer le pronostic, sont différents de l'abord médical vétérinaire classique.
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Lors d'une consultation, le vétérinaire va rechercher des lésions (ou dysfonctions) ostéopathiques, c'est-à-dire une perte de mobilité d'un élément par rapport à un autre, maintenu ainsi par des contractures musculaires superficielles et surtout profondes.
Le système nerveux peut être scindé en deux :
Ce tonus musculaire est un témoin qui permet d'évaluer l'activité du SNA, mais c'est aussi un clavier qui permet de modifier l'action du SNA sur les muscles et les organes par l'utilisation, entre autre, de points réflexes.
On distinguera la lésion au sens médical habituel du terme, où il y a atteinte de l'intégrité de l'organe, et la lésion ostéopathique où le problème est fonctionnel (les structures sont intègres mais il y a dysfonctionnement).
Une vertèbre « déplacée » est un exemple de cas de contracture anormale permanente entraînant une douleur. C'est une contracture des muscles profonds paravertébraux entraînant une restriction de mobilité de cette vertèbre qui en aucun cas n'est déplacée au sens anatomique du terme.
Autre type de cas, l'hyper ou hypo activité d'un organe. Exemple : une jument ne revenant pas en chaleur dans la période habituelle, l'ovaire est intègre, mais il ne « fonctionne » pas correctement.
Les lésions dites ostéopathiques sont uniquement fonctionnelles, comme dans les deux cas précédents. Les techniques ostéopathiques ne soulageront efficacement une affection que dans ces cas. S'il y a atteinte de l'intégrité des tissus elles ne peuvent être qu'une aide, et d'autres moyens doivent éventuellement être mis en œuvre.
Il conviendra donc toujours de se demander si l'ostéopathie est la meilleure réponse à apporter à une affection.
Le diagnostic de cette lésion, fait appel :
Quand nous avons affaire à un symptôme locomoteur ou à une douleur vertébrale, le lien est évident entre la contracture et la douleur, de même qu'il semble évident que la levée de cette contracture va soulager. Ce qui apparaît moins nettement, avec la façon occidentale classique de concevoir le corps, c'est que ces contractures sont sous la dépendance d'un ganglion sympathique, qui gère d'autres territoires musculaires et parfois distants, et des organes ou parties d'organes. Ces contractures peuvent donc être le témoin du dysfonctionnement d'un organe tout en occasionnant ou non par elles-mêmes une gêne.
En défaisant ces contractures on aide à régulariser le fonctionnement de l'organe en relation. C'est l'exemple typique du petit chien qui présente une gastrite chronique, par hypermotricité, et dont une seule manipulation arrête les vomissements.
Avant tout, il convient de traiter toutes les lésions rencontrées et non la seule lésion qui motive la consultation. Ceci peut, par exemple, amener à s'occuper d'abord de l'arrière quand l'avant est douloureux.
Plusieurs familles de techniques sont utilisables :
Ce sont les plus connues (faire « craquer » les vertèbres), les plus spectaculaires, mais nécessitent un animal plus que coopératif, d'où une certaine difficulté à les mettre en œuvre. Elles sont contre-indiquées sans précautions dans quelques cas (ostéoporose, tumeur osseuse, hernie discale).
La main qui perçoit le mouvement respiratoire primaire (MRP) a aussi une action sur lui et peut l'immobiliser en position extrême et l'obliger ainsi à reprendre un mouvement plus normal. Contrairement aux méthodes structurelles, on va dans le sens et non contre la dysfonction. Ce sont donc des méthodes plus douces. D'autres techniques existent (V spread etc.).
Chacun, selon ses perceptions et ses penchants, utilisera des techniques tout à fait différentes pour un même cas.
Même si, dans certains cas, les manipulations structurelles peuvent s'avérer plus rapides dans leur action, la patience d'utiliser de méthodes plus douces et plus profondes s'avère souvent payante.
Durant la consultation, il y aura eu deux temps plus ou moins mêlés: la perception du mouvement respiratoire primaire (MRP), et la levée des dysfonctions perçues. Cela se traduit en général par une détente musculaire très importante et une sensation de bien-être pour l'animal : cheval qui soupire, ou dont les paupières semblent s'affaisser et la tête s'alourdir.
Puis suit une période de trois jours à peu près, où le système nerveux autonome (SNA) réagit de manière imprévisible et spécifique à chaque animal :
Ces réactions du système sympathique sont à noter, mais ne sont en aucun cas alarmantes. Il faut prendre garde, toutefois, aux chocs supplémentaires et aux maladies pouvant se produire indépendamment, comme la piroplasmose, ou à un animal qui a moins mal et devient trop énergique et difficile à canaliser.
Le résultat définitif s'observe, lui, deux semaines minimum après la manipulation. C'est à ce moment-là que l'on détermine :
Un résultat très net n'implique pas forcément une consultation de contrôle. Un résultat négatif doit éventuellement amener à se reposer la question de l'existence d'une lésion au sens classique du terme, hypothèse que l'on peut avoir à tester par des examens complémentaires réalisés par un vétérinaire habituel. En cas de réponse négative, il faut alors persévérer.
La levée des tensions après une manipulation peut parfois mettre en exergue une lésion médicale au sens strict, qu'il convient de définir et de traiter impérativement au moment ou elle apparaît. L'exemple le plus classique étant celui d'un cheval irrégulier, voire légèrement boiteux, mais dont personne n'a pu trouver le siège. Car le tableau clinique est peu accentué et complexe. Il se peut, alors, que la levée des compensations dorsales et du haut des membres entraîne en quelques jours une inflammation plus importante sur un tendon, mettant l'accent sur la lésion chronique gênante depuis des mois ; ou le percement des abcès, d'une bleime jusque là contenue dans des proportions suffisamment faibles pour passer inaperçu.
A ce jour, en France, faire de l'ostéopathie à un animal est un acte médical, qui doit légalement être exécuté par un vétérinaire. Vis à vis de l'ordre des vétérinaires, il n'y a pas de spécialisation reconnue ouvrant droit au titre de spécialiste. Personne n'est donc officiellement vétérinaire ostéopathe. L'annuaire ROY, que possèdent généralement les vétérinaires, même traditionnels, contient la liste des vétérinaires qui pratiquent l'ostéopathie.
Des formations courtes d'ostéopathie animale existent, mais certains vétérinaires suivent les longs cours (six ans) d'ostéopathie humaine pour se former sérieusement. Il faut en effet des années de travail pour avoir un résultat constant et n'être pas dangereux.


