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Ostie


Ostie, en italien Ostia (du latin signifiant bouches), est une ancienne ville d'Italie, dans le Latium, située à l'embouchure du Tibre, à 35 km au sud-ouest de Rome. Elle était réputée pour ses marais salants et pour son port, qui accueillait les cargaisons de céréales, d'huile, de vin et de garum en provenance de tout le monde romain, et notamment des provinces de Sicile, d'Égypte, d'Afrique ou de Sardaigne. Sa situation était d'autant plus avantageuse qu'à l'inverse des autres fleuves méditerranéens, le Tibre bénéficiait d'une régularité étonnante lui permettant d'être navigable toute l'année.

C'est là qu'aurait débarqué, selon la légende, Énée. La ville aurait été fondée vers 640 av. J.-C. par Ancus Martius, le quatrième roi légendaire de Rome. Toutefois les recherches archéologiques limitent la fondation d'Ostie à l'an 335 av. J.-C., en la liant au plus ancien objet trouvé (une monnaie romaine). Ostie fut l'avant-port maritime de Rome jusqu'à son ensablement.

À l'époque républicaine, la ville était seulement considérée comme l'emporium (le comptoir) de Rome, avec ses nombreuses boutiques et ses entrepôts. D'élégantes maisons à atrium et péristyle furent construites et les rues étaient flanquées de colonnes et de piliers. Sous les voies couraient les égouts, alors que les cimetières étaient rejetés hors des murs dans les nécropoles.

En son temps déjà, Jules César avait compris la nécessité de créer un nouveau port près de Rome mais les difficultés techniques pressenties l'y avait fait renoncer. Cependant l'augmentation du trafic rendant insuffisant le mouillage naturel du delta du Tibre, l'empereur Claude fit construire, à partir de 42, un nouveau port à environ trois kilomètres au nord d'Ostie, relié au Tibre par un canal, terminé en 46, l'actuel Fiumicino. Il fut terminé par l'empereur Néron vers 64-66. Une nouvelle ville, Portus, vit le jour et prospéra autour du nouveau port au détriment d'Ostie.

Le port, de forme à peu près circulaire, fut créé à partir d'un bassin artificiel de 90 ha de surface et de 4 à 5 m de profondeur, construit sur une lagune en formation, le cordon sablonneux constituant une protection naturelle. L'entrée du bassin fut barrée par une immense digue de 758 m de long et 3 m de large, laissant pour l'entrée du port, un passage de 206 m, ménagé entre la digue et un môle de 600 m de long et 12 m de large, le monte Giulio, reposant au nord-est sur la terre ferme. Des débarcadères et des horrea furent installés sur les deux bras du port, en vue de faciliter le déchargement et le stockage des marchandises. Un phare, semblable à celui du port d'Alexandrie, avait été érigé au bout de la grande digue, avec comme fondation le navire utilisé par l'empereur Caligula pour ramener d'Égypte l'obélisque que l'on peut admirer aujourd'hui au Vatican. Selon des chercheurs, les travaux ont nécessité le travail de 30 000 ouvriers et de 1000 paires de bœufs pendant 20 ans.

Mais ce nouveau port était trop exposé aux lames lors des tempêtes, Tacite raconte qu'en 62, une tempête envoya par le fond 200 navires, et était donc d'un entretien trop coûteux. Aussi l'empereur Trajan fit construire un nouveau port le Portus Traiani, plus fonctionnel et un peu plus en retrait. Les travaux durèrent de 100 à 112, pour aménager une bassin de forme hexagonale et de 358 m de côté et de 5 m de profondeur, pour une surface de 32 hectares, et 2000 m de quai. Il était relié au Tibre par un nouveau canal, le Fiumicino, et une route à double voie le reliait à Ostie. De nouveaux grands magasins à étage et entrepôts furent construits pour permettre une meilleure conservation des denrées alimentaires comme le blé, l'huile et le vin.

Au faîte de sa prospérité, aux IIe et IIIe siècles de notre ère, Ostie comptait une population de 75 000 habitants. Dans la ville ont été construits de beaux édifices tels la basilique et la Curie.

Pour faire fonctionner harmonieusement l'ensemble, les magistrats et fonctionnaires de l'empire veillaient. Ils étaient chargés :

À partir de Constantin Ier, au début du IVe siècle, l'État consacre son effort exclusivement sur le port, et abandonne sa vision de service public dans la gestion de la ville, c'est le début d'une lente décadence. Vers la fin du IVe siècle, saint Augustin de passage à Ostie, atteste de la dégradation de la ville. Sa mère, sainte Monique, trouve la mort dans l'auberge où ils attendaient d'embarquer pour l'Afrique du Nord. En 414, le poète Rutilio Namaziano confirme lui aussi la fin de la ville par manque d'entretien.

Elle fut détruite au IXe siècle, mais connut un nouvel essor au Moyen Âge. Les ruines, fouillées systématiquement depuis 1854, sont bien préservées et ne le cèdent qu'à celles de Pompéi.

Aujourd'hui, à l'exemple d'Aigues-Mortes en Camargue, les ruines d'Ostie sont entourées de champs et situées à 4 km de la mer. Le Tibre, dont les eaux jaunes sont lourdement chargées en alluvions, forment en se jetant dans la mer, une côte alluviale, plate et marécageuse. Une station balnéaire, le lido d'Ostie, s'y est développée au XXe siècle. Cette agglomération a été incorporée dans la commune de Rome à l'époque fasciste.

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