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Otway

Le Lieutenant-Colonel Terence Otway commandait le 9e bataillon parachutiste britannique qui a sauté sur la Normandie le 6 juin 1944. Son but était de réduire au silence la batterie de Merville, forte de 200 allemands, avant le débarquement naval allié. L'objectif était stratégique puisque ses canons étaient capables d'écraser la plage de Sword Beach sous leur feu.

C'est donc le Lieutenant-Colonel Otway qui reçoit le commandemant de ce commando fort de 700 hommes. Conscient de la difficulté de cette mission, il a souhaité que ses subalternes connaissent les moindres détails de la mission. Pendant les mois qui précèdent le Jour J, les fantassions Britanniques s'excercent continuellement au parachutage (de jour, de nuit) et la batterie a même été entièrement reconstituée en Angleterre selon les photos prises d'avions Alliés lors de missions de reconnaissance. Les entraînements se déroulent par tous les temps et à toutes les heures, afin de ne pas laisser place à l'imprévu lors du D-Day.


Le 6 juin 1944 : le D-Day

Mais le jour J, rien ne se passe comme prévu. Otway déplore des pertes en hommes et en matériel bien supérieurs aux estimations les plus pessimistes : à 2 heures 30 du matin, il ne dispose que d'environ 150 hommes sur les 700 engagés. Les autres sont égarés dans la campagne normande, sont blessés ou se sont noyés dans les marais. Certains metteront parfois plus de quatre heures pour effectuer un kilomètre et demi, sans toutefois retrouver leurs camarades. Le Lieutenant-Colonel Otway n'a aucune jeep, aucune mitrailleuse lourde, aucune torpille, et il n'a aucune nouvelle de près de 550 de ses hommes, parachutés aux quatre vents au-dessus du Calvados. L'opération semble avoir échouée avant même d'avoir pu tiré un seul coup de feu.

Malgré cet effectif réduit, Otway décide de maintenir son projet. Il doit absolument capturer la batterie car il sait que de cette réussite dépend la survie de fantassins Britanniques et Français (notamment le commando Kieffer), qui vont débarquer sur Sword Beach dans quelques heures, ainsi que de marins Alliés dans les bâtiments sur la Manche.

A 4 heures 30 du matin, il atteint Merville où il retrouve une douzaine d'éclaireurs qui ont discrètement pratiqué quelques brêches dans les barbelés. Il constate avec inquiétude qu'un bombardement effectué peu avant par une centaine de quadrimoteurs Lancaster a été bien peu précis : la batterie est presque intacte.

Les parachutistes engagent cependant un bref mais violent assaut contre les 200 fantassins allemands qui se défendent avec acharnement.

Ving minutes plus tard, les britanniques demeurent maîtres des lieux, au prix de lourdes pertes (70 officiers et soldats Britanniques sont morts ou blessés). Ils lancent alors des fusées en signe de victoire, pour faire savoir aux marins Alliés qui attendent au large des côtes normandes que la voie est libre. La batterie de merville est provisoirement neutralisée.



Une victoire provisoire

Si la batterie de Merville est capturée quelques minutes avant le début du débarquement sur les plages de Normandie, Otway, déjà à court d'hommes, de matériel et de munitions, se voit à présent amputé de plusieurs fantassins, tués ou gravement blessés lors de l'assaut particulièrement meurtrier. Il sait que si les Allemands tenteront une contre-attaque pour reprendre les casemattes, Otway et ses hommes n'auront pas les moyens de défendre leur territoire. Il décide de déplacer ses forces dans la localité d'Amfreville, à quelques kilomètres au Sud-Ouest de Merville et d'abandonner la batterie, après avoir détruit les canons dans les casemates.

Un médecin Allemand, soignant aussi bien les blessés de sa patrie que les soldats Britanniques, décide de rester avec les hommes intransportables. Mais Otway le prévient que l'Armada Alliée bombardera la batterie vers 5h30 du matin et que s'il veut vivre, mieux vaut pour lui de ne pas rester dans les parages. Le sens du devoir du « toubib » Allemand est plus fort : il veut rester apporter les soins nécessaires aux blessés des deux camps et les mettre à l'abri du bombardement. Le Lieutenant-Colonel Britannique accepte et le remercie, avant de partir avec ses hommes rescapés vers Amfreville. Après avoir mis à l'abri du bombardement les blessés de la bataille nocturne, le médecin allemand sera tué par l'explosion d'un obu de l'Armada Alliée, alors qu'il était allé chercher du matériel médical dans une des casemates.



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