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Par-delà bien et mal

Par-delà bien et mal, Prélude d'une philosophie de l'avenir, (Jenseits von Gut und Böse - Vorspiel einer Philosophie der Zukunft) est une œuvre du philosophe allemand Friedrich Nietzsche, publiée en 1886. Le titre fut traduit en Par-delà le bien et le mal par Henri Albert. Néanmoins, la traduction Par-delà bien et mal rend mieux compte du fait que Nietzsche entend se placer au-delà d'un couple de valeur, et non de chacune de ces valeurs considérées seules.

Le livre paraît après Ainsi parla Zarathoustra et avant la Généalogie de la morale, « qui complète et éclaire » Par-delà bien et mal. Il comporte une préface, neuf parties et un postlude, Du haut des monts, qui est un poème. Les neuf parties sont composées de 296 aphorismes, une forme que Nietzsche privilégie habituellement. Le titre se place dans une perspective immoraliste de la morale et des préjugés moraux. Il s'agit de dépasser « la croyance aux oppositions des valeurs » (aphorisme 2) qui, selon lui, n'est qu'un préjugé de métaphysicien.

Sommaire

Résumé de l'œuvre

Des préjugés des philosophes

Dans cette partie, Nietzsche met en place le cadre psychologique de son analyse ; on y trouve :

Psychologie du philosophe

Les philosophes, qui recherchent obstinément la vérité, agissent et pensent sous l'influence de préjugés populaires, de la superstition, de l'éducation, des circonstances historiques, de leurs instincts, dont la soif de domination.

Le philosophe est secrètement guidé par des instincts qui l'entraînent de force dans des chemins déterminés (aph. 3). Pour Nietzsche, chez un philosophe, rien n'est impersonnel ; sa morale montre ce qu'il est. Ce sont ses pulsions instinctives qui font le philosophe : l'orgueil, par exemple, de réfuter une thèse (aph. 18), ou la jalousie (7) qui le pousse à vouloir dépasser un adversaire qui l'irrite. Mais le philosophe se construit également une morale pour se justifier à ses propres yeux : s'il se croit faible, déficient, il sera porté à croire au « serf-arbitre », à un déterminisme psychologique (21). Finalement, une idée ne naît pas spontanement dans l'esprit d'un philosophe ; sa philosophie le réflète, montre son être, ses instincts en lutte.

Mais le philosophe est également influencé par le monde extérieur : son éducation, les circonstances historiques, et même la langue qu'il parle : « il y a tout lieu de croire que les philosophes de l'aire linguistique ouralo-altaïque considéreront le monde d'un autre œil et s'engageront dans d'autes sentiers que les Indo-Européens ou les Musulmans » (20). Dans la langue, en effet, la notion de sujet peut par exemple être plus ou moins élaborée.

Selon Nietzsche, le philosophe qui construit sans le savoir sa philosophie autour de ses instincts veut d'abord croire en lui-même. Mais « quand une philosophie croit en elle-même, elle veut créer le monde à son image. Car la philosophie est un instinct tyrannique : elle assouvit la volonté de puissance, d'une manière très spirituelle, et est une ambition de créer le monde » (9).

Cette philosophie de la « non-vérité » répond selon Nietzsche à un besoin nécessaire : si l'homme ne s'était pas illusionné sur la vie, la mort, l'au-delà, sur la nature, s'il avait connu la vérité comme telle, rien ne l'aurait empêché de se détruire. Les préjugés des philosophes participent donc à la survie de l'espèce ; renoncer aux jugements faux se serait renoncer à la vie même, la nier (4).

Les philosophes agissant selon leurs instincts, sans le savoir, ont donc accompli une tâche non négligeable : celle de maintenir l'homme dans un rêve, et, surtout, en vie.

L'esprit libre

Le phénomène religieux

Maximes et interludes

Cette partie est composée de 123 aphorismes de deux ou trois lignes. Nietzsche a l'ambition de dire en quelques phrases ce que certains penseurs ont dit, ou n'ont pas dit, en plusieurs centaines de pages indigestes. Chacun de es aphorismes pourraient être le point de départ d'une dissertation, comme c'est la cas de la troisième partie de la Généalogie de la morale.

« On a mal observé la vie si l'on n'a pas vu aussi la main qui, avec mille ménagements, assassine. » (69)
« Ce n'est pas la puissance mais la constance d'un sentiment supérieur qui fait l'homme supérieur. » (72)
« Dans un être humain, le degré et la nature de la sexualité se répercutent jusque dans les plus hautes régions de l'esprit. » (75)
« En temps de paix, l'homme belliqueux tombe en proie à lui-même. » (76)
« Un peuple est le détour que prend la nature pour produire six ou sept grands hommes - et ensuite pour s'en dispenser. » (126)
« Les contradictions, les incartades, la méfiance joyeuse, la moquerie sont toujours signes de santé : toute espèce d'absolu relève de la pathologie. » (154)
« Le christianisme donna du poison à Éros : il n'en mourut pas, mais dégénéra en vice. » (168)
« On refuse de croire aux sottises des hommes intelligents : quelle entorse aux droits de l'homme ! » (178)

Contribution à l'histoire naturelle de la morale

Nous, les savants

Nos vertus

Peuples et patries

Qu'est-ce qui est aristocratique ?

Bibliographie

Liens externes


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