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Paradoxe de Fermi


Le paradoxe de Fermi s'intéresse à la question de savoir pourquoi nous ne sommes pas déjà en contact avec des extraterrestres, vu la relative jeunesse de notre étoile, le Soleil, par rapport à toutes celles existant dans l'univers.

Sommaire

Le problème

Sommes-nous la seule civilisation technologiquement avancée de l'Univers ? L'équation de Drake tente de quantifier leur nombre en faisant intervenir de nombreuses variables par ailleurs toutes inconnues sauf une. Enrico Fermi répond que si effectivement il y a d'autres civilisations avancées, Où sont-elles ? Pourquoi n'avons-nous vu aucune trace d'une vie intelligente extraterrestre, par exemple des sondes, des vaisseaux ou des transmissions radios ?

Les distances ne semblent pas un argument

Estimons le temps que mettrait une civilisation à peine plus avancée que la nôtre pour coloniser toute la galaxie. En partant d'une population et d'un niveau technologique très faible, il n'a pas fallu plus de 5 000 ans à l'humanité pour atteindre son point actuel et le temps qu'il faudrait pour se rendre à l'étoile la plus proche (distante de 5 années lumières environ) est négligeable devant cette durée. On peut donc supposer que le front de colonisation de la galaxie avance au pire de 1 année-lumière en 1 000 ans. La Voie Lactée faisant 100 000 années lumière de diamètre, il faudrait donc au maximum 100 millions d'années pour la coloniser entièrement... et en réalité sans doute dix fois moins.

Des étoiles similaires au Soleil existaient en très grand nombre bien longtemps avant sa formation, donnant peut-être cinq milliards d'années d'avance à la vie pour s'y développer. Donc si on considère que l'apparition d'une civilisation technologique est suffisamment courante pour qu'il y en ait une ailleurs que sur Terre dans la Voie Lactée en ce moment même, il faut accepter qu'il existe sans doute des civilisations depuis plusieurs milliards d'années qui auraient donc eu largement le temps de coloniser toute la galaxie.

Manifestement, ce n'est pas le cas.

Réponses possibles au paradoxe

Les réponses proposées à ce paradoxe sont nombreuses, et pas toutes exclusives entre elles. Elles peuvent être classées en quatre grandes catégories qui, elles mêmes, comportent plusieurs réponses de différents ordres:

  1. Les civilisations extra-terrestres n'existent pas
  2. Les civilisations extra-terrestres existent, mais il leur est impossible de nous contacter
  3. Les civilisations extra-terrestres existent, ont développé la technologie pour nous visiter, mais ne l'ont pas fait
  4. Les civilisations extra-terrestres existent et nous ont visités, mais ne signalent pas leur présence

1. Les civilisations extra-terretres n'existent pas

La vie ne s'est développée que sur la terre

Les probabilités que la vie puisse se développer ailleurs dans l'univers serait beaucoup plus faible qu'estimée initialement. Ce pourrait être parce que les facteurs permettant de développer la vie sont très nombreux (partant de la présence des éléments chimiques structurant la vie et d'une source d'énergie allant jusqu'à la présence d'une planète géante telle Jupiter pour aspirer les astéroïdes qui, autrement, détruiraient trop rapidement la vie en train de se former). Ce pourrait être aussi parce que, même ces facteurs réunis, les probabilité que les éléments chimiques se combinent pour former de la matière vivante sont si faibles que cet événement ne s'est produit qu'une fois dans toute l'histoire de l'univers.

La vie n'évolue pas nécessairement vers l'intelligence

Pour la plupart d'entre nous, nous considéront le processus évolutif comme un processus linéaire amenant inexorablement vers un accomplissement suprême: une forme de vie intelligente (et d'autres ajouteront "qui peut vivre en harmonie sans vouloir s'entre-tuer"). Or, qu'en serait-il si l'intelligence n'était en fait qu'un des nombreux mécanismes d'adaptation qui sont apparus et qui a permis à notre espèce de survivre? En effet, pourquoi considèrait-on un être capable de jouer avec des concepts abstrait plus évolué, plus accompli que les moustiques qui existent depuis bien plus longtemps ou que les rats qui peuvent survivre dans les pires conditions? L'intelligence, considérée alors que comme un moyen de survie parmi une infinité d'autres, et non comme une visée de l'évolution, n'aurait ainsi qu'une très faible probabilité de se retrouver deux fois dans l'univers, faisant de nous, humains, les seuls être doués de raison de tout l'univers.

Principe anthropique

La principe anthropique explique la taille immense de l'univers (qui implique une très grande quantité d'énergie par rapport à un plus petit) par le fait que s'il avait été plus petit, la vie n'aurait pas eu la possibilité d'y apparaître. Il y a dans ces conditions une contradiction à vouloir supposer que nous serions dans un univers assez grand pour que la vie intelligente y soit apparue deux fois indépendamment. Nous aurions eu, dans ce cas, beaucoup plus de chance d'être seuls dans un univers deux fois plus petit.
Plus l'univers est grand, plus le principe anthropique suggère au contraire que la vie consciente risque d'y être exceptionnelle, et non courante (mais Carl Sagan n'acceptait pas ce point de vue).

2. Les civilisations extra-terrestres existent, mais il leur est impossible de nous contacter

Limitations dues à la physique

Il se peut que l'expansion de l'univers jointe à des questions de lenteur de la lumière et de bilan énergétique interdise de façon durable des voyages suivis à l'extérieur d'un système solaire. rappelons toutefois la remarque d'Arthur C. Clarke : « Lorsque nous sommes en orbite basse, nous sommes déjà énergétiquement à mi-chemin de n'importe quel autre point de la galaxie ». Reste la question de la limitation de vitesse à c, et de l'énergie nécessaire à atteindre des vitesses qui en soient proches.
La récente découverte (1998) d'une accélération de l'expansion de l'univers donne un poids nouveau à cette hypothèse.

3. Les civilisations extra-terrestres existent, ont développé la technologie pour nous visiter, mais ne l'ont pas fait

Démotivation

On peut considérer que, soit par hasard, soit pour des raisons éthiques, aucune des civilisations qui seraient apparues n'aurait souhaité s'étendre partout dans la galaxie, laissant à de nouvelles formes de vie le temps de se développer.

Blocage structurel

Nous entreprenons des projets pour en obtenir une satisfaction. Sans doute une société suffisamment avancée scientifiquement peut-elle facilement assurer cette satisfaction sans passer par les intermédiaires de la conception et de la réalisation de projets, ce qui conduit à la disparition de tout projet. Vision certes inquiétante, mais nullement impensable. Un tel état représente même un possible point fixe (attracteur) d'un processus de civilisation, et la Chine du XVIIe siècle, figée dans sa parfaite stabilité d'institutions, en montre une réalisation possible sur notre planète même.
En effet, après les campagnes maritimes de l'amiral eunuque Zheng He qui ont exploré l'Océan indien, certains prétendent même qu'il aurait reconnu la côte occidentale de l'Amérique du nord, avec des navires beaucoup plus grands que les caravelles qui vont se répandre peu après lui de par le monde, la Chine se referme, persuadée que le monde périphérique, n'a rien à lui apporter.

4. Les civilisations extra-terrestres existent et nous ont visités, mais ne signalent pas leur présence

Absence d'intérêt de notre planète et/ou de notre espèce

D'éventuels extraterrestres, même s'ils se sont aperçus de notre présence, n'ont peut-être pas plus de choses à nous dire que nous n'en avons à dire aux fourmis. Quant aux éventuelles matières premières, une civilisation capable de se déplacer entre systèmes solaires de la galaxie ne doit pas avoir de difficulté à s'approvisionner dans des endroits plus riches et/ou plus proches de chez elle. Tout ce que nous aurions une chance de voir serait de temps à autres quelques routards galactiques égarés.

Hypothèse du parc naturel

Des extraterrestres existeraient bien et s'intéresseraient à notre espèce, mais de la même façon que nous nous intéressons aux animaux dans des réserves naturelles, par curiosité scientifique et en cherchant à interagir le moins possible avec eux. Les animaux d'un parc naturel ne savent jamais qu'ils sont dans un parc naturel. Et nous ne consacrons pas de ressources à essayer d'enseigner les équations différentielles à des bonobos.

Hypothèse des « grands transparents »

Cette hypothèse relève plus du réalisme fantastique à la mode dans les années 1960 que d'une véritable supposition scientifique : des extraterrestres existeraient, et auraient entrepris de nous aider discrètement à trouver notre propre voie ainsi qu'à nous corriger de nos éventuels dysfonctionnements. Nous sommes là à la limite des points de vue scientifique et religieux. L'idée a néanmoins été utilisée par la science-fiction, et entre autre dans les films comme 2001, Odyssée de l'espace. Hergé lui fait un clin d'œil sous les traits de Jacques Bergier dans Vol 714 pour Sydney.

Voir aussi

Certains scientifiques comme Stephen Hawking se sont servis d'un raisonnement similaire à celui d'Enrico Fermi au sujet du voyage dans le temps: si le voyage dans le temps est envisageable dans l'avenir, pourquoi n'y a-t-il pas de visiteurs du futur parmi nous? (Une des réponses avancées est qu'il faut peut-être une installation aux deux bouts du voyage ; en d'autres termes, le voyage dans le temps ne serait possible que dans la plage de temps postérieure à la construction de la première machine ; mais tout cela n'est pour le moment que spéculation, remue-méninges).

Liens externes



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