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Les appareils photographiques modernes sont pourvus d'automatismes qui prennent en compte les conditions de prise de vue, et
souvent même les préférences de l'utilisateur, permettant de réaliser des images techniquement correctes avec le minimum
d'intervention du photographe : «Visez et appuyez, nous ferons le reste...»
Toutefois, les professionnels et les amateurs exigeants peuvent souhaiter obtenir certains resultats que l'automatisme intégral
ne permet pas. D'autre part, de nombreux appareils anciens sont encore utilisés, qui ne sont pas pourvus des derniers
perfectionnements techniques. C'est pourquoi il est important de connaître les différents réglages nécessaires pour réussir une
photo.
Dans le texte qui suit, nous nous efforcerons de citer pour chaque type de réglage les automatismes existants sur les appareils
actuels, et les réglages manuels possibles sur les différents types de boitiers.
| Sommaire |
L'appareil photographique étant chargé d’une pellicule de caractéristiques connues (sensibilité pour tous les films, compensation chromatique pour la couleur) pour faire une photo il convient tout d'abord de cadrer, c'est à dire d'orienter l'appareil pour faire apparaître dans le viseur ce que nous souhaitons photographier. Ceci peut sembler évident, mais les divers paramètres à régler dépendent des caractéristiques du sujet photographié et de ses conditions d'éclairement, c'est à dire de ce qui apparaît dans le viseur. Evidemment aucun automatisme ne peut ici se substituer à l'opérateur.
Il convient ensuite de régler la mise au point, ou “faire la netteté”, c'est-à-dire de positionner l'objectif par rapport au
plan du film à la distance correcte pour former sur celui-ci une image nette. En effet les distances entre l'objet photographié,
le centre optique (ou "point nodal") de l'objectif et l'image formée sont liées par une relation mathématique avec la distance
focale de l'objectif : , dans laquelle d=distance
sujet–objectif, d'=distance objectif–surface sensible, f=distance focale de l'objectif
Cette opération de mise au point est d’autant plus importante que le sujet est plus proche, une erreur de 2 mètres à 20 mètres de
distance est sans importance, une erreur de 10 cm à 1 mètre est catastrophique.
Automatisme : l'autofocus effectue automatiquement ce réglage. Sur les appareils les plus
sophistiqués, le système est capable de détecter automatiquement la zône du viseur vers laquelle se dirige l'œil du photographe
pour mettre au point sur l'objet regardé. Cet automatisme suppose une motorisation pour réaliser le déplacement de l'objectif.
Certains autofocus permettent d'utiliser n'importe quel type d'objectif et émettent un signal sonore ou lumineux quand le réglage
effectué manuellement est correct.
Réglage manuel : sur les appareils les plus simples, estimer ou mesurer la distance séparant le sujet de
l’appareil et régler la bague de mise au point de l’objectif en conséquence.
Sur les appareils télémétriques, un dispositif optique à coïncidence aide à évaluer la distance du sujet. Ce
télémètre est en général couplé avec la bague de mise au point.
Sur les appareils reflex le viseur montre
l'image vue par l'objectif, renvoyée par un jeu de miroir mobile et de prisme vers un écran en verre dépoli. Le photographe
contrôle donc sur ce dépoli à la fois le cadrage de son image et la netteté. Différents accessoires (stigmomètre, microprismes)
peuvent aider à la mise au point.
Maintenant il faut mesurer ou estimer la quantité de lumière réfléchie par le sujet vers l’appareil : c'est le travail de la cellule (ou posemètre). Ceci afin que la surface sensible reçoive la quantité de lumière nécessaire et suffisante pour l'obtention d'une image correcte. Cette quantité de lumière peut être controlée en intensité par le diaphragme, et en durée d'exposition par l'obturateur.
Le photographe pourra donc choisir entre deux procédures en fonction du sujet photographié, des conditions de la prise de vue et du résultat recherché : soit sélectionner d’abord une vitesse d’exposition et régler ensuite l’ouverture du diaphragme, soit choisir d'abord une ouverture et regler ensuite à la vitesse convenable.
Automatismes :
Mode programme : le posemètre ayant mesuré la quantité de lumière, un programme va régler
automatiquement diaphragme et vitesse sur les valeurs optimum. Les appareils les plus évolués offrent un choix entre plusieurs
programmes ("action" pour privilégier une vitesse rapide, "paysage" pour une plus grande profondeur de champ).
Modes Automatique priorité diaphragme (le plus courant) ou Automatique priorité vitesse : le
photographe ayant choisi, soit une ouverture de diaphragme, soit une vitesse, c'est l'appareil qui va régler automatiquement le
second paramètre.
Réglages manuels ou semi automatiques : différentes possibilités s'offrent selon le degré de
perfectionnement des appareils.
Réglage entièrement manuel : l'opérateur ayant estimé la quantité de lumière (indice de lumination),
soit avec un posemètre à main, soit en calculant la puissance de ses sources de lumière artificielle, soit de toute autre
manière, doit régler le couple de paramètres «diaphragme/vitesse» en agissant sur les bagues ou leviers de réglage
correspondants.
Réglage dit semi-automatique à réglages croisés : l'appareil comporte un posemètre. Le photographe
sélectionne soit une vitesse, soit une ouverture de diaphragme, puis il agit sur l'autre réglage en observant une aiguille ou une
diode visible dans le viseur, qui doit se trouver en coïncidence avec un repère quant les réglages sont corrects.
Il convient de préciser ici comment sont calculées les ouvertures de diaphragme consecutives Ces valeurs suivent une progression
géométrique de facteur √2 , et sont inversement proportionnelles au diamètre de l’ouverture ; donc pour chaque augmentation
de 1 valeur de diaphragme (par exemple si on passe de F4 à F5,6) le diamètre de l’ouverture est divisé par √2 (soit 1,414) et sa
surface (et donc la quantité de lumière admise) est divisée par 2 (carré de √2). On ouvre le diaphragme en choisissant un chiffre
plus petit, on le ferme en choisissant un chiffre plus grand. Chaque division revient donc à multiplier ou diviser par DEUX la
quantité de lumière admise. Dans le même temps les vitesses successives suivent une progression géomètrique de facteur 2
(simplifiée) : 1/250, 1/125, 1/60, 1/30 , 1/15, 1/8, 1/4, 1/2, 1 seconde,... Donc chaque passage d'une vitesse à la suivante
revient à admettre deux fois plus d'énergie lumineuse sur le film ou le capteur. On voit tout de suite que pour des conditions de
lumination données, on peut choisir entre plusieurs couples vitesse/ouverture.
Nous avons vu ci-dessus qu’il est possible de choisir en premier, soit la vitesse, soit le diaphragme. Selon quels critères effectuer ce choix, et pourquoi privilégier une vitesse lente ou une vitesse rapide, ou un diaphragme plus ou moins ouvert ou fermé ? Différents facteurs vont nous guider.
A - Choix de la vitesse
En premier lieu, on donne priorité au choix de la vitesse si le sujet est en mouvement ou si la stabilité de l’appareil est
incertaine (appareil tenu à main levée, utilisation d'un téléobjectif). Une vitesse rapide élimine les risques de bougé, une
vitesse plus lente peut permettre des effets spéciaux (fond filé).
B - Choix de l'ouverture
On donnera priorité au choix de l'ouverture si le sujet est immobile, et si l'on souhaite contrôler la zône de netteté ou
profondeur de champ.
Enfin, il faut savoir qu’un objectif n’a pas la même qualité à toutes les ouvertures. On préfère donc en l’absence de tout autre contrainte utiliser les ouvertures moyennes, en fermant de 3 divisions environ par rapport à la pleine ouverture : un objectif ouvrant à f 2 donnera les meilleurs résultats à f 5,6 ou f 8.
Un élément important à considérer est la profondeur de
champ, c'est-à-dire la zone de l’espace qui apparaîtra nette sur l’image selon les réglages de l’objectif. Pour simplifier,
disons qu’un objectif réglé sur une distance donnée produira une image nette des objets situés à une certaine distance en avant
et en arrière de celle affichée. Nous considérons qu’une image est nette lorsque les plus petits détails sont suffisamment fins
pour que notre œil ne les distingue plus.
La profondeur de champ diminue avec l’ouverture du diaphragme. Donc, pour obtenir une profondeur de champ importante, il faut
choisir un diaphragme fermé (f 11 à f 22) ; ce sera le cas par exemple de la plupart des photographies de paysage. Au
contraire, si l’on désire une faible profondeur de champ, par exemple pour mettre en valeur un sujet en premier plan (net) sur un
fond (flou), on utilisera une grande ouverture (f 2 à f 4). Avec un appareil reflex, on vérifiera si possible l’effet obtenu dans
le viseur (test de profondeur de champ - ce dispositif très uyile n'existe pas sur tous les reflex).
Dans toutes les circonstances où l’on sera amené à choisir d’abord l’ouverture du diaphragme, il y aura lieu de vérifier que le réglage choisi reste compatible avec une vitesse d’obturation acceptable. Si l’appareil est tenu à la main, on retiendra la règle suivante : V > focale, où V est le dénominateur de la vitesse en fraction de seconde, et focale est exprimé en mm. Exemple: objectif de 200 mm, vitesse plus rapide que 1/200 de seconde.


